Dans cette 3ème et dernière vidéo de la mini-série sur le coming out, on parle de comment aider la communauté multiple en tant que proches, aidant-es , allié-es, en ligne ou IRL :).

Dans cette 3ème et dernière vidéo de la mini-série sur le coming out, on parle de comment aider la communauté multiple en tant que proches, aidant-es , allié-es, en ligne ou IRL :).

Introduction

Epsi: Bonjour et bienvenue dans la troisième et dernière vidéo de cette mini-série sur le coming out multiple, sur la chaîne de Partielles
sur les troubles dissociatifs dont le TDI. La première vidéo donnait des pistes sur comment bien se préparer à faire un CO, la deuxième était une vidéo coming out qui peut être envoyée telle quelle pour aider à passer ce moment et c’est donc logiquement qu’aujourd’hui on va parler de comment réagir au coming out d’un ou une proche et plus généralement donner quelques conseils pour être un ou une meilleur.e allié.e des personnes multiples, en ligne ou dans la vie. N’hésite pas à aller voir les autres vidéos de cette playlist, elle est dans le « I », ainsi que notre première vidéo sur les bases et le vocabulaire pour comprendre plus facilement les notions abordées ici.

Kara surgissant dans le décor: Hey dis, Epsi ! Comment on fait pour bien réagir à un coming out multiple ? Et comment aider vraiment quand on est aidant.e ou proche ? Et puis aussi, comment être un.e allié.e en ligne ? Oh ! et tu peux aussi nous parler juste un petit peu des professionnel.le.s de santé ? Merci ! – Kara s’en va.

E: Eh ben merci Kara pour la patate chaude, alors allons-y, on y va !

Réagir à un CO multiple

D’abord, je tiens à dire que les conseils qui vont suivre sont là pour t’aiguiller. Ne cherche pas la perfection au point d’avoir peur, cela entraverait ta communication et la communication, c’est important ! Si tu as déjà fait des trucs qu’on cite comme « à ne pas faire », ce n’est pas grave et c’est ok de ne pas le savoir, le principal c’est de rester bienveillant-bienveillante et juste excuse-toi sincèrement en cas d’erreur.

Commençons par des conseils généraux et comment réagir au mieux quand on reçoit un CO multiple. Tu es proche d’un système qui vient de t’annoncer sa multiplicité, qu’iel est multiple, ou tu étais déjà au courant mais tu cherches quelques conseils sur comment réagir et interagir avec un système ?
Kara a déjà donné quelques conseils dans la vidéo « Je suis multiple », et voici une liste non-exhaustive de conseils sur ce qu’il faut faire idéalement et ce qui est à éviter.

Tout d’abord, je sais que c’est plus facile de voir pour comprendre et que tu peux avoir envie de voir un switch mais ne le demande pas de prime abord. Tous les systèmes ne peuvent pas le contrôler et encore moins juste après un CO car le stress peut être trop grand et que ça n’aille pas du tout. Taon proche te montrera quand iel pourra le faire s’iel et son système sont ok avec ça.

Comme je le disais, le switch n’est pas forcément contrôlable, alors évite au maximum de « privilégier » un ou une alter et de demander à n’avoir contact avec cellui-ci. Déjà, ce n’est pas très sympa de rejeter les autres – le système est fait pour fonctionner ensemble – et ensuite, ça ne fonctionnera tout simplement pas et ça risque d’être culpabilisant pour toustes les alters de ne pas y arriver en plus de pousser le système à masquer pour ne pas te décevoir, ce qui entravera la relation de confiance. Tu connais déjà probablement plusieurs alter sans le savoir et iels aussi te connaissent déjà. Alors, même si tu as une préférence, les choses doivent rester naturelles pour le système aussi. Ne te braque pas et essaye d’apprendre à les connaître et à les apprécier ou, au moin,s à les laisser être elleux-mêmes en ta présence, c’est vraiment important.

J’imagine aussi que tu dois avoir pas mal de questions sur pourquoi, comment, qu’est-ce que ça fait, et que tu as envie d’en savoir plus mais n’oublie pas que parler de sa multiplicité peut vraiment être difficile pour un système alors prends ton temps et demande à taon proche si tu peux poser des questions et accepte de devoir attendre s’il n’est pas encore possible pour ellui de répondre. Par contre, tu peux demander comment agir au mieux pour mettre le système à l’aise. Par exemple, tu peux demander si tu dois utiliser des pronoms différents, si tu dois parler au pluriel ou au singulier, s’iel est bien entouré.e pour gérer tout ça. Tu peux demander si taon proche a des ressources pour t’aider à mieux comprendre, tu peux demander à taon proche si, si tu remarques un truc, tu peux en parler ou si ça lae met mal à l’aise pour l’instant. Bref tu peux poser des questions qui te concernent et qui concernent ta relation à venir avec le système de taon proche – avec bienveillance évidemment et en respectant les demandes.

Un autre truc vraiment essentiel, c’est d’éviter de mettre en doute la légitimité de taon proche. Avoir peur de mentir, on l’a déjà dit pas mal de fois, c’est vraiment un truc très difficile à gérer pour les systèmes. Du coup fais au mieux pour que ça n’arrive pas, même si tu vas peut-être lae faire douter sans le faire exprès, mais fais quand même attention à des petites phrases comme « ça se voit pas », « j’avais rien remarqué », « tu es sûr.e ? », « c’est beaucoup quand même », « et ça peut arriver ça ? », « mais on est toustes un peu comme ça non ? », « ah mais j’ai vu une personne avec un TDI sur Internet et c’était pas comme toi », … ça peut sembler anodin mais c’est vraiment compliqué à gérer.

En revanche, si taon proche est ok – et demande-lui avant lui en parler -, tu peux réfléchir à tous les moments où tu t’es dit qu’iel était changeant.e ou pas comme d’habitude sans trop savoir pourquoi. Au début, tu te diras peut-être qu’il n’y en a pas mais en y réfléchissant, même avec le masking, tu finiras par te dire « ah oui, c’était peut-être ça ».

Puis s’il te plaît, évite de tomber dans les stéréotypes, même si avec les idées reçues et les biais qu’on a toustes au départ, ça peut être difficile. Exemple : évite de dire que c’est « trop impressionnant », « trop cool » ou « trop horrible ». La multiplicité ne fait pas de taon proche une attraction ou un spectacle et ça ne doit pas t’inspirer de pitié non plus. Puis évite aussi les phrases comme « mais non toi t’es trop » – trop timide, trop sympa, trop joyeuxse. En fait, le caractère de taon proche dépend totalement de l’alter qui fronte et ça renvoie juste à taon proche que les gens ne connaissent en fait qu’un ou une autre alter qu’ellui, même s’iel est out. Il n’y a pas non plus de raison d’avoir peur ! Être un système ne veut pas du tout dire qu’il y a forcément un ou une alter imprévisible qui va t’attaquer, malgré les idées reçues qu’on peut avoir – merci la pop-culture. Bien sûr, il y a des alters plus sympa que d’autres, c’est un fait, et il y a des alters qui peuvent se montrer un peu plus virulents-virulentes ou s’emporter par protection mais les alters ne sont pas dangereuxses, encore moins quand le système et out et en confiance.

Il est aussi important de prendre en compte les traumas. Tu n’en a peut-être pas conscience mais ça peut être très difficile comme sujets à aborder, ça peut déclencher des crises dissociatives, des switchs désorganisés, des migraines et plein d’autres choses si tu abordes ce sujet alors que le moment n’est pas venu. Ne force pas. Tu n’as pas besoin de connaître les traumas de taon proche pour l’écouter et montrer ta bienveillance à son égard, laisse lae t’en parler quand et s’iel en a envie.

Dernier truc important, il est possible que tu te reconnaisses un peu dans les paroles ou les explications de taon proche sur la multiplicité, ça arrive, la multiplicité est bien plus fréquente qu’on ne le pense et c’est quelque chose qui se cache et dont on peut prendre conscience à tout âge. Pour autant taon proche n’a peut-être pas l’énergie ou la possibilité de répondre à tes propres questionnements sur toi-même. N’hésite pas à consulter des ressources à ce sujet et essaye de rester disponible pour taon proche quand même.

Pour résumer, communique avec bienveillance et tiens compte de ce que taon proche te demande, même si ça peut paraître un peu compliqué au début, et n’oublie pas que ça arrive de se tromper, excuse-toi et redemande comment mieux faire les choses si nécessaire.

Un petit point supplémentaire si tu es toi-même un système et que taon proche te fait un CO multiple – oui oui ça arrive, c’est même assez fréquent. La multiplicité peut s’exprimer d’une multitude de façons – oui oui, on le dit à chaque vidéo – et donc ce n’est pas parce que ton système ne s’exprime pas de la même façon que tu es plus ou moins légitime ou plus ou moins concerné.e ou en souffrance, dans les deux sens. Ça peut être compliqué de voir des symptômes ou représentations de la multiplicité chez saon proche qu’on n’a pas mais rappelez-vous mutuellement que ça ne veut rien dire. On connaît beaucoup de systèmes et nous sommes réellement tous différents sur plein de points et en même temps tellement similaires sur d’autres. Ça demande un petit peu d’adaptation et d’ajustements pour trouver comment fonctionner à deux systèmes mais une fois cette étape passée, c’est très reposant de ne pas devoir masquer. Voilà, ça c’était un peu les conseils de base !

Être aidant.e d’une personne multiple

Et on continue avec des conseils plus axés sur comment être aidant ou aidante d’une personne multiple ?
Ce sont évidemment des conseils généraux et rien n’est plus important que les arrangements que vous avez mis en place toustes ensemble, le système et toi. D’abord, un aidant ou une aidante, c’est quoi ? Pour faire simple, c’est une personne qui aide – bien vu – et dans ce contexte-ci, ça peut définir par exemple une personne qui vit avec un système ou qui l’aide plus ou moins régulièrement : famille, partenaire, ami.e proche, coloc proche, etc…

La première chose dont il faut avoir conscience quand on est aidant-aidante d’un système, c’est qu’on aide en fait plusieurs personnes. Même si on a plutôt tendance à connaître l’hôte, un système c’est une dynamique de plusieurs personnes – les alters – et il faut tenir compte des besoins et particularités de chacun et chacune pour vraiment pouvoir aider l’ensemble du système. Pour ça, l’idéal est évidemment d’apprendre à connaître et reconnaître chaque alter, en en parlant avec le système s’il est d’accord, en observant beaucoup sans tirer de conclusions hâtives, en prenant des notes si besoin (qui aime quoi, qui est trigger par quoi, qui a des symptômes de quoi, qui a quel âge, qui est ok avec quoi, etc). Bref il faut communiquer pour apprendre à connaître les besoins, comme avec une personne singlet mais pour chaque alter.

Pour autant, il faut aussi tenir compte du fait que ça peut parfois mettre la personne multiple mal à l’aise, surtout au début. Du coup, évite de tomber dans des certitudes et de vouloir les imposer, même si tu es sûr.e de toi. Évite par exemple des phrases comme « si je suis absolument sûr.e que c’était tel.le alter », même si ça peut être effectivement le cas, le système ne sait peut-être pas le gérer maintenant ou n’en a pas conscience, et c’est possible aussi que ce soit un ou une autre alter qui s’est fait passer pour l’alter auquel tu penses, volontairement ou pas. Et parfois, le système a besoin de son masking, ce n’est pas contre toi, c’est important de respecter ce que le système pense même si c’est juste pour se rassurer.

Ensuite, pour faire simple, il faut accompagner la personne multiple et lui faire confiance, sans chercher à la contrôler. Exemples : ça ne sert à rien d’imposer ou de suggérer fortement que la personne switch ou pas parce que tel.le alter gère mieux que tel.le autre, tout comme ça ne sert à rien de forcer un système à rester ancré alors que la dissociation se fait sentir. En fait, ça ne sert à rien d’imposer. Pour donner un autre exemple, parlons des triggers. Du fait du passé traumatique, un système a des déclencheurs, c’est comme ça. Alors si tu vois que la personne va délibérément consulter un contenu qui contient un déclencheur indiqué, tu peux lui rappeler d’y faire attention ou t’assurer gentiment que c’est bien conscient mais tu ne dois pas pour autant l’empêcher de le faire.

Puis la communication, c’est vraiment essentiel mais c’est pas toujours évident pour un système. Les personnes multiples sont souvent conditionnées à se taire et à masquer leurs difficultés, du coup si parler te semble être compliqué pour la personne, n’hésite pas à passer par l’écrit ou n’importe quel moyen plus confortable, ça permet d’éviter la fatigue de devoir formuler des paroles. Eh puis si malgré tout, rien ne sort, ne force pas. Ce n’est peut-être pas le moment. Dis simplement que tu es là pour la personne quand elle sera prête mais ne force pas. Si tu l’obliges à parler malgré tout, tu risques juste de pousser à un switch involontaire ou à un passage en autopilot, et donc les informations que tu obtiendras seront celles du masque social et pas une discussion productive.

D’ailleurs, si tu fais face à une crise, que ce soit une crise d’angoisse, une crise de dissociation, du rapid switching (un switch très rapide, incontrôlable et fatigant) ou du blurring (tout-mélangé et on sait plus trop qui est devant), assure-toi que la personne soit en sécurité et ait à disposition ce dont elle a besoin, et laisse aller parfois. Le cerveau multiple fonctionne comme ça. La dissociation est un mécanisme presque normal pour le cerveau et parfois il faut laisser aller et simplement surveiller et laisser la personne se reposer.

En parlant de crises, discute avec la personne multiples d’un plan de crise pour vous préparer au mieux si ça arrive. De quoi la personne a besoin ? Un endroit où se reposer, se sentir en sécurité ? À boire et à manger tout près ? Son téléphone, un livre ou une série ? Une peluche ? Des médicaments ? De la musique ? Discutez-en ensemble pour que tu puisses aider au mieux en cas de crise, et adapte le plan en fonction des discussions et des besoins du système et de ses alters.

Si le système que tu aides a des difficultés de mémoire ou a du mal à structurer son système, tu peux l’aider à prendre des notes. Noter toutes les infos qu’on a est très important, pour se rappeler des trucs, pour se remémorer en quoi on est légitimes, pour se souvenir de ses alters, pour retrouver des souvenirs, pour plein de choses. Mais parfois c’est difficile alors parles-en avec le système et prends des notes à sa place s’il n’en est pas toujours capable – sans pour autant constituer des méga dossiers dans son dos, t’es pas espion non plus – et ressors tes notes quand le système te le demande.

J’en ai déjà parlé dans la partie précédente mais tiens compte des traumas, relationnels, dans le privé, etc… Parfois, tu peux ne pas comprendre une réaction d’un ou une alter en particulier par exemple et qu’il s’agisse en fait d’une réponse traumatique inconsciente. Essaye de rassurer l’alter en question ou le système et sois patient-patiente.

Eh puis n’oublie pas aussi de te respecter. C’est ok de ne pas toujours être capable de gérer, même si tu es une personne valide, et il vaut mieux que tu prennes aussi du temps pour te reposer plutôt que de te forcer à aider, tu risque de faire pire que mieux, de culpabiliser ou de faire culpabiliser la personne que tu aides. Prends soin de toi aussi et si tu as besoin de parler de tout ça, s’il te plaît, n’out pas la personne multiple à n’importe qui, ça peut vraiment être dangereux ! Trouve un espace safe pour en parler (groupes de paroles, groupes Facebook, Discord ouverts aux personnes multiples et aux aidants et aidantes, etc).

Eh puis aussi, tiens vraiment compte des demandes de la personne multiple que tu aides. Par exemple, si elle te demande de la pousser à switcher parce qu’elle a tendance à bloquer le switch, c’est ok, ne te dis pas « Partielles a dit que ». Communique avec la personne que tu aides et tiens vraiment compte de ses besoins à elle.

Ce dernier conseil vaut aussi si tu n’es pas une personne valide et que tu es aidant-aidante d’une personne multiple, que tu sois un système aussi ou pas d’ailleurs. Idéalement, prévoyez ensemble en amont ce qu’il faut faire quand aucune des deux personnes n’est en mesure de gérer, une sorte de plan de secours où prévoir ce qui est difficile à faire et comment s’en sortir. Un exemple : si faire à manger est difficile et que la précarité ne permet pas de commander à l’extérieur, prévoir à l’avance quelques plats au congélateur ou des repas rapides à mettre au micro-monde. Et aussi bah, il faut éviter d’être dans la course à qui va le plus mal mais plutôt essayer de se demander qui se sent le plus « capable ». Par exemple, qui se sent capable de faire quelques courses ? Qui les range ? Qui prépare le repas ? Etc… S’arranger pour faire le minimum vital en pouvant se laisser à chacun et chacune la possibilité de se reposer. Ça vient avec l’expérience aussi et n’oubliez pas que vous n’êtes pas un poids l’un.e pour l’autre, vous avez des difficultés et c’est ok. Vous allez y arriver avec de la communication et de la bienveillance et puis parfois un peu d’aide extérieure si nécessaire.

Être allié.e de la communauté multiple

Allez, on termine avec comment être allié.e de la communauté multiple ? Un ou une allié.e, c’est une personne qui n’est pas concernée par une cause mais qui tient quand même à aider, notamment en déconstruisant ses propres biais – dans notre cas, les biais psychophobes par exemple – et en permettant aux personnes concernées de conserver leur énergie pour d’autres choses – en restant humble et sans passer du côté « sauveur » de la force non plus. Alors, si tu connais un ou plusieurs systèmes et/ou si tu as envie d’être plus inclusif-inclusive pour les personnes multiples, en ligne ou dans la vie tous les jours, tous les conseils précédents sont utiles et en voici également quelques supplémentaires, non-exhaustifs bien sûr.

D’abord, souviens-toi que le savoir théorique n’égalera jamais le vécu d’une personne concernée. Ça ne veut pas pour autant dire que ta vie est parfaite et que tu n’as pas vécu des difficultés, ça veut seulement dire que tu ne connais pas la psychophobie liée à la multiplicité ni la transphobie liée à l’identité de genre des alters par exemple, entre autres choses évidemment. Tu ne connais pas ces oppressions spécifiques et même si la convergence des luttes est importante, n’oublie pas que tu n’es pas une personne concernée et que tu as besoin de la parole de la communauté multiple pour aider la communauté multiple.

Ensuite, libère-toi de tes idées reçues et éduque-toi sur les termes de base utilisés par la communauté en général. Ça peut vraiment être fatigant et difficile pour nous de toujours recevoir les mêmes questions teintées parfois de psychophobie. Par exemples : ce sont des identités ou des alters, pas des personnalités ; ce n’est pas la schizophrénie ; TDI ne fait pas référence aux moteurs de voitures ; etc…

Et si tu poses des questions à une personne concernée parce que tu n’as pas compris quelque chose, accepte que cette personne n’ait peut-être pas l’énergie de te répondre et demande à un groupe plus grand ou à une autre personne si tu ne trouves pas la réponse par toi-même. D’ailleurs bah essaye de consulter les ressources disponibles et des ressources safe idéalement. Tu peux demander à la communauté quelles sont ces ressources. N’étale pas le savoir que tu as acquis sur Wikipédia ou n’importe quel site médical, encore une fois, ça ne reflète pas le vrai vécu des personnes concernées, quand il ne s’agit pas de pure désinformation.

Tiens compte des déclencheurs et balise ton contenu, les plus courants au moins et mets des triggers warning spécifiques moins communs si on te le demande. Et évidemment, ne te moque pas des déclencheurs des autres, ne te dis pas que ça ne t’a rien fait et que ce sont donc les autres qui sont trop sensibles. Tu ne sais pas ce qui est traumatique pour qui et il y a des choses qui ne touchent pas les autres mais toi oui. Pour bien baliser ton contenu, tu peux commencer par « TW: le sujet », tu peux aussi mettre « CW: le sujet » si ce n’est pas un sujet communément déclenchant mais pour prévenir du contenu. Tu peux aussi mettre ton sujet entre crochets. Il est possible de remplacer un ou plusieurs caractères par une étoile pour que le mot soit moins reconnaissable, un peu comme sur le tableau. Par contre, sur Twitter, il est préférable de marquer le mot en entier parce que Twitter permet de cacher des tweets contenant certains mots. Et enfin ne mets pas juste « TW », mets « TW: chute » par exemple. Précise en quoi c’est un contenu balisé sinon ça ne sert à rien.

Et dans l’idéal, évite de t’apitoyer sur le sort des personnes multiples. Oui les traumas et la dissociation, c’est chiant, pour autant l’impression de n’être qu’une source de pitié aussi. Et à l’inverse, n’attends pas toujours du positivisme de notre part. Oui parfois la vie est cool et joyeuse mais ça nous arrive de galérer sévère si pas pire et parfois on a besoin de se plaindre. Envoie juste du soutien, offre une écoute si tu as l’énergie mais s’il te plaît, ne tombe ni dans la pitié ni dans le positivisme ni dans la fascination.

Surtout, surtout, surtout, évite de tacler la légitimité des personnes concernées. Ça peut aller très vite et être juste maladroit mais ça peut vraiment faire beaucoup de mal, retarder plein de choses pour aller mieux, vraiment c’est compliqué à gérer. Pour te donner une idée, c’est comme quand tu te demande parfois si tu as bien fermé ta porte à clé… x 1 milliard. C’est un doute horrible, prenant et déstabilisant. Alors fais-y vraiment attention et ne compare pas le vécu des personnes concernées entre elles parce que la multiplicité s’exprime vraiment différemment chez toutes les personnes multiples. Ne diminue pas l’importance d’un trauma ;
ne dis pas qu’un ou une little n’agit pas assez comme « un vrai enfant » ; ne dis pas que ça se voit pas – c’est tout le concept des troubles – ; ne cherche pas à tout prix les « fakes TDI », tu risque de faire du mal aux personnes concernées alors que les quelques rares « fakes » n’en aurons juste rien à cirer ; et ne juge pas toi-même si le vécu d’un ou une alter est légitime ou pas, prenons par exemple les alters d’un autre genre que l’expression de genre du corps : alter trans ou pas vraiment trans du coup ? On n’est personne pour juger de ça, même en tant que personnes concernées.

Un truc important aussi à comprendre, c’est que la communauté est variée et que le point de vue des uns et des unes ne reflète pas forcément le point de vue des autres. Reste bienveillant-bienveillante envers toutes les personnes multiples et ne tiens pas la parole d’une partie de la communauté pour vraie auprès du reste de la communauté. Fais de ton mieux pour toustes et ne va pas tacler les autres pour ce prétexte.

Eh puis, pour aider la communauté multiple, tu peux partager des ressources proposées par les concerné.e.s, tu peux prendre parti dans les vagues de harcèlement qui peuvent avoir lieu sur les réseaux sociaux, tu peux signaler le contenu agressif à notre égard, tu peux petit à petit essayer de diffuser à ton entourage des infos sur la déconstruction, les oppressions systémiques, la psychophobie, etc…

Ça fait un peu injonction comme ça mais en fait non, on a besoin des allié.e.s pour moins subir les oppressions – et merci pour ton soutien d’ailleurs – mais juste, on reste des personnes en difficulté et donc c’est vraiment important pour nous que tu puisse agir au mieux pour nous aider.

Professionnel.le ou futur.e pro

Petits trucs en plus si tu es un ou une professionnel.le de santé ou un ou une futur.e pro. Tous ces conseils valent aussi pour toi et le plus importantes te concernant c’est : crois-nous.

Crois nos symptômes, accompagne-nous et fais-nous confiance. Ne cherche pas à tout prix les « faux malades », les faux trucs, les faux machins, ça ne sert à rien. Et si on perçoit que tu n’as pas confiance en nous, on n’aura pas confiance en toi et tu ne pourras pas nous apporter les soins dont on a besoin.

Et comme pour les aidants et aidantes, propose des méthodes thérapeutiques mais ne les impose pas comme seul moyen d’arriver à ce que tu penses être bon pour nous.

Je sais que ça peut paraître dur à entendre mais s’il te plait, il est très probable que tu aies toi aussi des biais à déconstruire, on en a toustes, alors au moins, sois sincère avec nous et crois-nous simplement.

On fera bientôt une vidéo sur le parcours diag des personnes multiples, n’hésite pas à aller la voir quand elle sortira, elle te sera sans doute utile.

Voilà et truc important en passant : si t’es pas novice avec les systèmes et que tu as fait des trucs que je dis ne pas faire dans cette vidéo, sache qu’avec les biais c’est normal et ça arrive, excuse-toi et déculpabilise, quand on ne sait pas, c’est logique de faire plus d’erreurs.

J’espère que ces conseils te seront utiles et merci pour ton soutien ! Et n’oublie pas : la communication, c’est important ! N’hésite pas à commenter, liker et partager, et à bientôt !

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