Pour mieux comprendre le TDI (partie 1/2)

Parce que c’est pas que le trouble dissociatif de l’identité est compliqué à comprendre et à appréhender, mais c’est quand même un trouble vraiment méconnu (en plus d’être mal représenté dans la pop culture), en fait.

J’ai déjà un peu abordé le TDI dans l’article Pourquoi ? Par qui ? Pour qui ? mais cette fois je vais faire mieux et t’expliquer un peu plus longuement ce que ce trouble implique et signifie. Il y a les symptômes et puis il y a la vie avec ces symptômes, et ça peut être nébuleux. Genre vraiment. Pour celleux qui ont un trouble dissociatif de l’identité comme pour les personnes de leur entourage, d’ailleurs.
Cet article explicatif va être divisé en deux parties. Dans cette première partie, je vais te parler du trouble dissociatif de l’identité en théorie, sa définition et ses causes générales, puis je te donnerai une explication de la difficulté de diagnostique de ce trouble.
(Dans la partie deux, on sortira un peu de la théorie pour parler de la pratique, des symptômes et leurs conséquences sur le quotidien.)

Allez bon, un peu de théorie ne fait de mal à personne (en théorie quoi), alors accroche-toi, on y va ! Explications du trouble dissociatif de l’identité, partie 1 !

La définition du TDI selon les bouquins de psy

D’après le DSM 5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), les critères diagnostiques du trouble dissociatif de l’identité sont les suivants :

  • La présence de deux identités distinctes (ou plus) prenant le contrôle du comportement. Chaque identité peut avoir ses propres souvenirs, sa propre perception, son propre mode de pensées.
  • Une incapacité à évoquer des souvenirs (trous du mémoire du quotidien et/ou de périodes passées) trop marquée pour être expliquée par une mauvaise mémoire.
  • Les symptômes sont gênants pour vivre.
  • Et ce n’est pas dû aux effets d’une substance ou d’une affection médicale générale.
  • Et ce n’est pas non plus dû à un jeu d’imagination chez les enfants (style ami imaginaire).

C’est tout. Et c’est peu. Et ça ne veut pas dire grand-chose. Mais commençons par expliquer les causes générales du TDI. Un peu de théorie, qu’on a dit !

Pourquoi et comment le trouble dissociatif de l’identité ?

L’identité commence à se construire durant l’enfance et se consolide ensuite au cours de la vie. Le trouble dissociatif de l’identité est en quelques sortes un dysfonctionnement de ce développement. En général (mais ce n’est pas toujours le cas), il est causé par un stress intense vécu durant l’enfance. On citera notamment les abus sexuels, physiques ou psychologiques parmi l’éventail de traumatismes majoritairement rapportés.

Sortons du cadre du TDI un instant. Lorsque quelqu’un.e (n’importe qui) subit un traumatisme, le cerveau peut activer un mécanisme de défense qui s’appelle la dissociation. Il n’est pas rare qu’un.e victime d’agression ne puisse pas décrire la personne qui l’a agressé.e ou ne puisse plus situer le lieu ou la durée de l’agression. Certain.e.s expliquent même la situation comme si elle avait été vécue de l’extérieur. C’est le stress, oui, mais c’est aussi les caractéristiques d’une dissociation (que chacun.e peut vivre de façon ponctuelle), et ça peut d’ailleurs causer un stress post-traumatique.

Lorsque, durant l’enfance généralement, un tel stress est subi, de façon grave ou répétée, le cerveau peut se dissocier plus intensément pour survivre au(x) traumatisme(s). L’identité se fragilise et ça peut causer le trouble dissociatif de l’identité.

Les identités se créent généralement en réponse aux traumatismes, elles sont de différentes natures et varient d’une personne multiple à l’autre. Il y a généralement des identités qui protègent, des identités qui gèrent le quotidien, etc. Mais nous verrons ça dans un article dédié.

Et pourquoi c’est difficile à diagnostiquer ?

Tu verras, plus tu connaîtras le TDI (surtout en lisant la partie 2), plus tu te diras que les symptômes paraissent évidents à repérer. Alors pourquoi le trouble dissociatif de l’identité est-il si difficile à diagnostiquer ?
En dehors du fait que ce trouble soit assez mal connu, il y a un tas de raisons qui expliquent cela :

  • La personne atteinte peut ne pas avoir conscience du trouble ou des identités qui partagent son corps. Elle peut avoir des migraines ou une mémoire hasardeuse sans savoir que c’est parce qu’une autre identité a pris sa place durant quelques heures, par exemple.
  • Les symptômes du TDI au quotidien peuvent rappeler d’autres troubles, comme la bipolarité, l’anorexie, le stress post-traumatique, l’épilepsie, les troubles anxieux, etc.
  • Généralement, les souvenirs des traumatismes sont inaccessibles (ou gardés par une identité précise), donc ils ne peuvent pas être évoqués durant les consultations thérapeutiques.
  • La dissociation est par définition un moyen de protection qui « cache » (pour protéger) l’identité face à l’extérieur. Les personnes atteintes de TDI, même conscientes de leur état, ont généralement du mal à en parler sans stress. Il y a comme un besoin de (se) cacher.
  • Les professionnel.le.s ne sont souvent pas bien (in)formé.e.s pour détecter ce trouble.
  • Le TDI est un trouble assez rare comme possibilité de diagnostic dans l’esprit de chacun.e (professionnel.les ou non). C’est un trouble auquel « on ne pense pas ».

Et il y en a sans doute d’autres, mais ce sont les principales.

C’est encore brumeux ? Lis la suite !

Bon, ça, c’était la théorie. Une théorie que tu peux lire un peu partout en soi (même si j’explique mieux hein, allez avoue), mais ça n’est pas encore vraiment clair, il faut l’admettre. Alors pour mieux comprendre, je t’invite à lire la deuxième partie de cet article explicatif, où tu trouveras quelques réponses à tes interrogations.

Et psstt, la suite est plus sympa et moins théorique, y a des exemples, des trucs comiques et des chats, fonce lire la partie 2 😀