[YT] La théorie de la dissociation structurelle – Explications, questions, incohérences et problèmes

Transcription :

K: Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle vidéo de Partielles sur la multiplicité dont le TDI, présentée par Epsi et Kara. Aujourd’hui, un sujet qu’on a déjà évoqué plusieurs fois en disant « il faut vraiment qu’on fasse une vidéo là-dessus parce qu’il soulève vraiment beaucoup de questions » : la théorie de la dissociation structurelle. On ne l’avait pas prévu maintenant mais bon, vous inquiétez pas, la deuxième partie des vidéos pour savoir si on est multiple arrivera normalement dans 15 jours comme d’habitude. Mais il fallait vraiment qu’on aborde cette théorie à un moment, donc allez, on va en parler maintenant. Cette vidéo sera assez théorique encore une fois. On va parler de ce qu’est la théorie de la dissociation structurelle, des questions récurrentes et des problèmes qu’elle soulève. Elle est assez longue donc vraiment, si vous n’avez que la moitié du temps à accorder à ce visionnage, passez directement à ce qui suit la théorie, le minutage est en description. C’est là que se trouve le message important qu’on veut transmettre. Merci, vous êtes les best. Voici avant toute chose les trigger warning pour cette vidéo : on va parler d’intégration, de parts, de psychiatrie et d’abus et violence, vous comprendrez pourquoi. Retenez qu’il s’agit ici d’un court résumé simplifié de ce qui est et reste une théorie, avec ses aspects positifs et ses aspects négatifs.

Définitions intégration

Avant de commencer, on va rapidement définir ce qu’est l’intégration parce qu’elle a plusieurs sens en fonction du contexte. On a d’abord l’intégration qui se passe durant l’enfance et qu’on va expliquer juste après. Ensuite il y à l’intégration dans le sens où toute expérience de vie s’intègre à un individu, quel qu’il soit, en tant qu’expérience propre. Enfin, il y a l’intégration des alters dans le TDI et l’ATDS, c’est-à-dire la fusion de plusieurs alters qui s’intègrent entre elleux pour devenir une seule identité. Dans ce dernier cas, « intégration » et « fusion » sont autant utilisés l’un que l’autre, on dit parfois intégration finale ou fusion finale quand toustes les alters s’intègrent mais on y reviendra.

La théorie de la dissociation structurelle

E: Maintenant, on va expliquer ce qu’est la théorie de la dissociation structurelle. Sortez-vous le TDI et l’ATDS de la tête quelques minutes parce que cette théorie ne parle pas que de ces diagnostics-là. Alors, elle part du principe suivant : à la naissance, notre identité n’est pas construite et n’est pas non plus solide. On ne sait pas qui on est parce qu on est encore personne. Tout enfant naît en plusieurs aspects destinés à répondre à différents besoins comme se nourrir, s’attacher, explorer, apprendre, jouer, etc… Au fur et à mesure, ces différents aspects vont se fixer et s’assembler pour former l’identité et le sens du soi de l’individu. Cet assemblage s’appelle l’intégration, parfois appelée intégration normale ou intégration structurelle. Cette intégration se fait avant l’âge de 10 ans, elle commencerait vers 3 ans et se terminerait entre 6 et 9 ans en moyenne. À partir de là, l’enfant a son identité propre qui va continuer à évoluer au fil des années. Toutes les nouvelles expériences, les événements, etc, vont continuer à s’intégrer à l’identité en tant que données identitaires et autobiographique. C’est ce qui est considéré comme le développement normal de tout individu. K: On peut voir ça en quelques sortes comme un puzzle. Tout enfant naît en un tas de pièces dispersées dont certaines ne seront pas utilisées et d’autres oui, elles se tailleront pour s’assembler et former un début d’image aboutie appelée identité ou sens du soi, c’est l’intégration dite normale. Eh puis, à cette base de puzzle, d’autres pièces vont venir s’ajouter au fur et à mesure de la vie pour compléter cette image, c’est aussi l’intégration qui continue.

L’effet des traumatismes

E: Mais il y a des choses qui peuvent venir perturber ce développement dit normal, comme les traumatismes. La théorie de la dissociation structurelles vise à expliquer l’effet des traumatismes sur le sens du soin des gens, explications. Chez toute personne, lors d’un événement stressant, le cerveau peut se foirer et faire que les informations liées à cet événement ne s’intègrent pas correctement. Il est dissocié du reste, c’est ce qu’on appelle un traumatisme. Les informations qui ne s’intègrent pas s’appellent des matériaux traumatiques et peuvent contenir toutes sortes de choses comme les souvenirs de l’événement ou des émotions liées à cet événement, des réactions notamment de fuite, d’attaque ou autre, etc… Chez une personne intégrée normalement depuis l’enfance comme on l’expliquait au début, ces matériaux traumatiques vont se concentrer dans ce qu’on appelle une Partie Émotionnelle, ou PE, tandis que le reste de l’identité de la personne sera relativement inchangé et sera alors appelé Partie Apparemment Normale, ou PAN. Dans la théorie de la dissociation structurelle, la PAN est toujours considérée comme la partie la plus fonctionnelle, qui gère les tâches quotidiennes, tandis que la PE est toujours considérée comme la partie gérant ce qui concerne les traumatismes non intégrés. K: Attention, on ne peut absolument pas d’alters ni de fragments ici, gardez vraiment le TDI et l’ATDS loin de tout ça pour l’instant. Si on reprend la métaphore du puzzle, on peut voir ça comme une pièce qui ne peut pas s’emboiter avec les autres pièces du grand puzzle de l’identité, elle reste à part. Il peut s’agir d’une nouvelle pièce ou d’une pièce qui s’est détachée du reste et déformée. La pièce à part, c’est la PE, et la base du puzzle, c’est la PAN.

Dissociation structurelle primaire

E: Ça, le fait qu’il y ait une PAN et une PE, c’est ce qu’on appelle la dissociation structurelle primaire. Dans cette première catégorie, on considère que la PAN est vraiment comme la personne était avant le traumatisme, avec un sens du soi, une identité propre, bref tout normal selon cette théorie, même si la PAN peut avoir un comportement d’évitement par rapport à avant mais bref on va pas s’étendre. Et que la PE vient faire la misère à la PAN de temps en temps, notamment lorsque quelque chose vient rappeler l’événement traumatique et activer ce que contient la PE. C’est-à-dire par exemple un souvenir sous forme de flashback, une émotion d’angoissé, une réaction de fuite, etc… K: Si on reprend notre puzzle, il faut imaginer que la pièce déformée vient essayer de s’emboiter quand même, faisant que l’image aboutie du puzzle n’est plus bonne, et puis elle se détache à nouveau parce qu’en fait, ça ne rentre pas. Elle peut aussi remplacer très temporairement l’image de base en cas de réactivation traumatique. La dissociation structurelle primaire concerne le trouble de stress post-traumatique. Elle concernerait aussi le trouble de la dépersonnalisation/ déréalisation et l’amnésie dissociative, qui sont considérés comme des troubles dissociatifs dits « simples », mais ça dépend totalement des personnes qui l’appliquent ou font des recherches dessus.

Dissociation structurelle secondaire

E: Maintenant si une personne subi plusieurs traumatismes ou plusieurs fois un traumatisme,
une PE seule peut ne pas réussir à contenir tous les matériaux traumatiques. À ce moment-là, plusieurs PE vont se développer. Soit différentes PE pour contenir les matériaux traumatiques de chaque événement, soit une PE pour contenir les souvenirs, une autre pour contenir les émotions, une autre pour contenir les réactions, une autre pour l’hypervigilance, et ainsi de suite. c’est ce qu’on appelle la dissociation structurelle secondaire, parce qu’il y a une PAN et plusieurs PE.
Et c’est là que les choses commencent à se compliquer, parce que cette deuxième catégorie est bien plus vaste que la première. Dans son principe de base, la PAN de la dissociation structurelle secondaire est comme celle de la primaire, c’est-à-dire qu’elle est comme la personne était avant les traumatismes, notamment au niveau de son sens du soi, mais elle peut quand même être moins complète du fait qu’elle a pu perdre des morceaux qui sont venus se mettre dans des PE. Et les PE sont comme celles de la primaire aussi mais plus nombreuses et concernées par des domaines plus divers et donc plus facilement activées tout en étant parfois moins faciles à repérer parce que justement plus ciblées. K: Si on reprend notre puzzle, il faut imaginer que l’image aboutie du début a perdu quelques pièces et qu’à côté de ça, il y a plein d’autres pièces déformées différemment qui gravitent, qui viennent modifier l’image quand elles essayent de s’assembler quand même, une à la fois ou plusieurs en même temps, qui se détachent, reviennent, remplacent très temporairement l’image de base puis repartent, etc… Comme dans la première catégorie mais en plus complexe et avec plus de pièces. La dissociation structurelle secondaire concerne le trouble de stress post-traumatique complexe et le trouble de la personnalité borderline. Le principe est le même pour ces deux troubles, à savoir la présence d’une PAN et de plusieurs PE, avec une PAN qui a quand même un sens du soi abouti même si parfois plus faible à cause des perturbations liées aux différentes PE qui gravitent. En général, on considère que les PE du TSPT-C contiennent vraiment des matériaux traumatiques liés aux événements vécus, pouvant causer flashbacks, anxiété, hypervigilance, etc… Tandis que celles du TPB concernent plutôt des matériaux liés aux difficultés relationnelles et à certains symptômes du trouble comme l’idéalisation et la dévalorisation, la peur de l’abandon et autres.

ATDS

E: Il y a un truc qu’on ne vous a pas dit concernant la dissociation structurelle secondaire, c’est qu’elle concerne aussi l’ATDS. L’ATDS est considéré comme le trouble plus complexe de cette catégorie même s’il se base sur le même principe, à savoir la présence d’une PAN et de plusieurs PE. Comme on vous l’a déjà expliqué, l’ATDS reprend beaucoup de manifestations de symptômes dissociatifs qui ne rentrent pas dans les critères d’autres troubles. Autrement dit, l’ATDS n’implique pas forcément la présence d’alters ou de fragments. Dans ce cas, comme pour les deux autres troubles de la dissociation structurelle secondaire, il y a une PAN relativement solide et des PE qui gravitent et viennent perturber la PAN. Par contre, dans le cas où l’ATDS implique des alters ou des fragments, c’est plus compliqué. Dans ce cas, il y a toujours une PAN, bien entendu, qui gère le quotidien et qui a un certain sens du soi, même si moins abouti ou moins solide que dans les autres troubles, et il y a plusieurs PE qui gèrent les différents matériaux traumatiques. Sauf que, en plus des PE disons « classiques » comme il y a dans le trouble de stress post-traumatique complexe ou le trouble borderline, il peut y avoir des PE qui s’assemblent pour former quelque chose de plus complexe que de simples réactions aux traumatismes, et qui peuvent aller jusqu’à avoir leur propre sens du soi. K: Reprenons la métaphore du puzzle. Chez une personne ayant un ATDS avec alters ou fragments, il y a une image plus ou moins aboutie qui représente le sens du soi, c’est la PAN. Il y a des pièces déformées qui gravitent, ce sont les PE. Et parmi ces pièces déformées, certaines se sont assemblées pour former leur propre image ou morceau d’image, à côté de celle de la PAN. Les images à côté de celle de la PAN sont des alters, les morceaux d’image sont des fragments. Il peut y avoir des pièces seules, soit d’autres PE quoi, qui gravitent autour de ces autres images aussi, ça dépend évidemment de chaque personne. Donc, pour résumer, dans l’ATDS qui engendre une multiplicité, il y a une PAN, l’image aboutie dite normale qui gère les tâches quotidiennes, et des PE qui sont soit des pièces détachées qui contiennent des matériaux traumatiques, soit des PE qui sont devenues des alters ou des fragments, donc des pièces assemblées entre elles formant des images ou morceaux d’image qui contiennent également des matériaux traumatiques mais avec en plus un sens du soi plus ou moins développé et différent de celui de la PAN. Ces autres images ou morceaux d’image de PE plus complexes peuvent, en fonction des personnes, venir s’assembler à l’image de base de la PAN ou passer devant temporairement, comme les PE disons « simples ».

Dissociation structurelle tertiaire

E: On vous avait prévenu-es que ça devenait compliqué hein, bah c’est pas fini. Les dissociations structurelles primaire et secondaire peuvent en principe se développer à tout âge. Cependant, le sens du soi d’une personne intégrée normalement comme on l’expliquait au début se solidifie de plus en plus avec l’âge. En fait, plus l’identité s’est intégrée normalement et plus les expériences suivantes se sont intégrées normalement, moins il y a de risques de dissociations au fil des années. En revanche, plus il y a eu de traumatismes tôt dans le développement, avec un degré de dissociation disons « inné » élevé ou non, plus il y a de risques de développer des PE nombreuses voire complexes. Ce n’est pas si linéaire, c’est un spectre, mais vous avez l’idée. Les personnes qui utilisent ou font des recherches sur la théorie de la dissociation structurelle considèrent d’ailleurs souvent que la dissociation structurelle secondaire se développe surtout pendant l’adolescence ou avant, du fait du sens du soi plus fragile, même si les troubles peuvent aussi se développer plus tard. Dans le cas où les traumatismes ont commencé avant la période d’intégration dite normale, soit avant 10 ans, les conséquences en termes de dissociation structurelle peuvent être encore plus complexes. C’est-à-dire que comme l’identité n’a jamais pu s’intégrer ou très peu, les différents éléments qui composent tout enfant peuvent rester séparés et se développer indépendamment les uns des autres. K: Reprenons la métaphore du puzzle au début. En gros, il y a des pièces de départ mais elles se taillent et s’assemblent par groupes, pas toutes ensemble, formant différentes images plus ou moins abouties, soit plusieurs PAN. Puis d’autres pièces qui ne peuvent pas s’assembler à celles plus ou moins abouties vont s’assembler entre elles pour former encore une autre image ou un morceau d’image, ce sont des PE complexes. Et d’autres pièces vont rester détachées, des PE simples. E: On parle alors de dissociation structurelle tertiaire, parce qu’il y a plusieurs PAN et plusieurs PE. De plus, les PAN et PE complexes de cette catégorie forment ce qu’on appelle des alters ou des fragments, comme dans l’ATDS engendrant une multiplicité. Les PAN étant, comme toujours, destinées à gérer les tâches quotidiennes, et les PE, les traumatismes. Mais comme il y a plusieurs PAN, les tâches sont réparties entre elles, différemment en fonction des personnes évidemment. Par exemple une PAN pour les besoins physiologiques, une pour la socialisation et le travail, et ainsi de suite. Et différentes PE complexes ou non pour gérer tout ce qui est lié aux traumatismes, donc soit les souvenirs, les réactions, l’évitement, l’hypervigilance, les sentiments, etc…

TDI

Vous l’aurez peut-être compris, la dissociation structurelle tertiaire, soit la présence de plusieurs PAN et plusieurs PE, concerne le trouble dissociatif de l’identité. Ici, on ne parle plus simplement de dissociation mais plutôt d’un échec d’intégration dite normale. K: Voilà. E: Petite précision au cas où c’est nécessaire : à partir du moment où il y a une dissociation, en particulier secondaire ou tertiaire, le sens du soin est fragilisé et donc de nouvelles PE peuvent se former plus facilement, qu’elles soient simples ou complexes. De la même façon, le développement des personnes ayant un TDI a été fait comme ça et de nouvelles PAN peuvent aussi se développer tout au long de la vie, en fonction des besoins. Autrement dit, oui, il peut y avoir de nouvelleaux alters ou fragments tout au long de la vie chez les personnes ayant un TDI ou un ATDS, tout comme il peut y avoir des alters ou fragments qui étaient présents depuis longtemps mais qui se manifestent bien plus tard, étant donné que tout ça a commencé à se faire tôt dans le développement.

Incohérences, questions et problèmes

K: On l’avait dit au début, souvenez vous que ça reste une théorie. Alors bon, en voyant les choses comme ça on peut se dire « oh! mais ça explique tout! » mais en fait, non, pas vraiment. Il y a plein de questionnements liés à cette théorie. On va commencer par les incohérences, ensuite on parlera des questions et puis des gros problèmes liés à cette théorie.

Incohérence : classification des troubles

La première incohérence est assez technique. La théorie de la dissociation structurelle vise à expliquer la dissociation liée aux traumatismes sauf que le trouble de la déperso/déréal et l’amnésie dissociative ne sont pas souvent repris dedans, alors même que ce sont des troubles dissociatifs. Bon, on peut les considérer dans la primaire mais ils sont pas vraiment souvent considérés. À l’inverse, les troubles de stress post-traumatique simple et complexe et le trouble de la personnalité borderline sont repris dedans, pourtant les symptômes dissociatifs de ces troubles ne sont pas un critère diagnostique obligatoire. Et d’autres troubles qui peuvent engendrer des symptômes dissociatifs ne sont pas repris dans cette théorie non plus, même quand ils peuvent être liés à des traumatismes. Mais bon, disons que c’est une histoire de classification qui dépend des personnes qui établissent ce genre de théories.

Incohérence : nombre de PAN/PE – complexité de l’ATDS

E: La deuxième incohérence majeure, c’est cette histoire de nombre de PAN et de PE. On le sait, selon cette théorie, les alters sont des PAN ou des PE selon leurs attributions, c’est- à-dire gérer la vie disons « normale » ou les choses en lien avec les traumatismes. Cependant, l’ATDS fait partie de la dissociation structurelle secondaire alors qu’il est totalement possible qu’il y ait plus d’une PAN dans ces systèmes. À l’inverse, il est totalement possible qu’il n’y ait qu’une PAN dans les systèmes TDI, de la dissociation structurelle tertiaire où il est censé y avoir au moins deux PAN. Et encore une fois, dans le TDI, il faut au minimum deux alters, donc minimum deux PAN ou minimum une PAN et une PE, ce qui rentre plutôt dans la dissociation structurelle primaire du coup, et pourtant cette théorie nous dit qu’il faut plusieurs PAN et plusieurs PE pour être de la catégorie tertiaire, où se trouve le TDI. En gros, l’ATDS reste considéré comme moins complexe que le TDI alors que franchement, faire la différence entre les deux, c’est pas si évident que ça, surtout pas en termes de multiplicité. Les alters de l’ATDS peuvent être aussi développé-es que celleux du TDI et en nombre tout aussi variable. Il n’y a pas de réponse à cette incohérence, c’est clairement vouloir faire rentrer les systèmes dans des cases qui ne sont pas assez adaptables, tout simplement.

Incohérence : attributions des PAN/PE – parties mixtes

K: La troisième incohérence importante, c’est cette séparation nette entre les PAN et les PE dans ce qu’elles sont censées être ou faire. Les PAN qui gèrent les actions disons « normales » : le rationnel, la vie ; et les PE qui gèrent les matériaux traumatiques : les souvenirs, l’anxiété. Si vous connaissez les rôles des alters, vous pouvez vous dire par exemple que les hôtes sont des PAN tandis que les traumaholders sont des PE. Mais en fait, il y a des hôtes qui gèrent des traumas et des traumaholders qui gèrent le quotidien. Eh puis, les protecteurices gardent parfois les souvenirs traumatiques pour protéger le système, iels sont supposé-es être des PE, mais pourtant souvent, iels est plutôt du genre à gérer comme des PAN. Et quid des alters qui aident à l’intérieur, comme les ISH ou les gatekeepers, on les place où celleux-là ? Si vous ne connaissez pas les rôles des alters, on vous met un lien en description. Dans la réalité du vécu des personnes concernées par le TDI ou l’ATDS, c’est rarement si simple que « apparemment normal-e » et « émotionnel-le ». Alors, la théorie de la dissociation structurelle a trouvé une pseudo-parade à ça : les parties mixtes, qui sont à la fois PAN et PE. Mais les parties mixtes ne concerneraient qu’une partie des systèmes TDI uniquement et en particulier quand les traumatismes auraient commencé à un âge très jeune, faisant que les différentes parties ne peuvent pas se différencier si clairement que dans le modèle des PAN-PE, voire être elles-mêmes composées de groupes de PAN et de groupes de PE. On parle même parfois de dissociation structurelle quaternaire dans ce cas, et ça peut notamment concerner les systèmes polyfragmentés. Sauf que c’est comme l’incohérence précédente, des systèmes ATDS peuvent être considérés plus complexes que des systèmes TDI et beaucoup d’alters de n’importe quel système gèrent à la fois du quotidien et des matériaux traumatiques. C’est vraiment un carcan qui veut adapter la réalité à la théorie plutôt que l’inverse.

Question : différences entre PE du TPB et PE de l’ATDS ?

E: Alors bon, il y a plein d’autres incohérences qui posent problèmes mais on pourrait y passer la journée. Passons aux questions fréquentes. La question qui revient le plus souvent est : comment on fait la différence entre des PE du trouble borderline et des PE d’un ATDS où il n’y a que des fragments ? On a volontairement fait la métaphore du puzzle comme ça pour l’expliquer. Les fragments sont des PE disons plus élaborées, plus complexes, avec un relatif sens du soi, qui peuvent se développer ; alors que les PE simples sont « juste des PE ». Donc pour faire la différence, bah souvent, il faut demander. Un fragment a un certain sens du soi, un bout d’identité, alors qu’une PE simple ne contient que des matériaux traumatiques, des réactions, des sentiments, des souvenirs qui se déclenchent mais sans qu’il n’y ait vraiment de communication directe possible. C’est la même chose pour savoir s’il y a ou non des fragments d’ailleurs. Un fragment, au même titre qu’un ou une alter, a un certain sens du soi et peut se développer et développer une communication. Rappel au passage : tous ces troubles ont des critères diagnostiques, donc souvenez-vous de vous informer, notamment auprès de personnes concernées ou de professionnel-les, pour savoir si vous pouvez être concerné-es ou non.

Question : toustes multiples alors ?

K: La question fréquente suivante est : est-ce que toutes les personnes qui sont sur le spectre de la dissociation structurelle sont multiples ? Alors non, pas vraiment. On pourrait le penser parce qu’il y a cette notion de différentes parties basée sur le même principe dans tous les troubles cités mais non. C’est la complexité, le développement, le sens du soi, l’indépendance, l’autonomie et toutes ces notions qui font que les PAN et surtout les PE sont des fragments et des alters ou juste des parties qui ne se sont pas intégrées. La multiplicité reconnue par la psychiatrie concerne uniquement le TDI et certaines formes d’ATDS. Pour celleux qui se poseraient la question, les différentes formes d’ATDS sont expliquées dans notre dossier sur les troubles dissociatifs, voir lien en description.

Question : âge du développement des troubles ?

Une autre question fréquente est l’âge auquel peuvent se développer les troubles concernés, en particulier le TDI et surtout l’ATDS. Comme on l’a dit, après l’intégration dite normale durant l’enfance, l’identité se solidifie de plus en plus avec l’âge et avec l’intégration des événements qui se poursuit au long de la vie. On considère que plus un trouble concerné par cette théorie est complexe, plus il est probable qu’il se soit développé tôt. Concernant le TDI, la théorie nous dit qu’il peut se développer entre plus ou moins la naissance et 6-9 ans, ça correspond au développement des différentes parties du cerveau qui sont liées à l’intégration, et ça correspond à ce que les personnes concernées disent en majorité. Mais comme on l’expliqué dans la vidéo sur qu’est-ce que la multiplicité, on ne peut tout simplement pas le prouver avec certitudes pour des raisons éthiques. Eh puis, on n’a aucune certitude qu’il n’y a aucune possibilité qu’un TDI se soit développé plus tard en fonction du développement desdites parties du cerveau concernées. Et concernant l’ATDS, il n’y a pas de données précises. Selon cette théorie, on suppose qu’il peut se développer un peu plus tard que le TDI. À côté de ça, on sait que certaines formes d’ATDS peuvent se développer à l’âge adulte. Du coup, ça reste un point d’interrogation. En principe, l’âge limite est avant 10 ans pour le TDI et disons durant l’adolescence pour l’ATDS avec multiplicité, mais sans certitudes et encore une fois, on ne peut de toute façon rien prouver.

Question : y a-t-il un-e original-e ?

E: Enfin, une question qui revient régulièrement concerne la présence ou non d’une identité originale. Alors évidemment, la PAN dans la dissociation structurel primaire et dans la majorité de la secondaire est l’identité originale, le sens du soi plus ou moins solide qui se construit durant l’enfance. Souvent, la théorie considère que la PAN supposée unique de l’ATDS est aussi une identité originale. Et concernant le TDI, la théorie considère qu’il n’y en a pas puisque l’identité ne se consolide jamais ou en tout cas, certainement pas assez pour constituer une identité de base. Encore une fois, c’est évidemment plus complexe que ça pour les personnes multiples qui sont toutes différentes et qui, vous l’aurez compris, peinent vraiment à rentrer dans les cases de cette théorie. D’une part, comme on l’a déjà dit, il peut y avoir plusieurs PAN dans l’ATDS, alors laquelle devrait être considérée comme l’originale ? Eh puis surtout, il n’y en a pas forcément, ça dépend totalement d’un système à l’autre. Et d’autre part, pour le TDI, il peut aussi y avoir une PAN qui se considère comme originale, notamment parce que l’intégration peut avoir commencé avant les traumas et qu’il y ait un début d’identité dite normale intégrée qui se soit formée. Il arrive aussi que les premières PAN et PE à s’être formées se considèrent comme alters d’origine. Dans un cas comme dans l’autre, il peut y avoir une identité originale, ou plusieurs, ou pas, ou qui se considèrent comme telle.

Problème : l’auteur a perdu sa licence, éthique et fiabilité

Encore une fois, il y a plein d’autres questions mais la base est toujours la même : la théorie de la dissociation structurelle en elle-même ne s’adapte pas au vécu de beaucoup de personnes concernées. On ne dit pas qu’il n’y a rien de vrai mais on sait qu’il y a du faux, ça reste une théorie parmi d’autres et ce n’est ni la seule ni la bonne, tout simplement. Elle demande à être revue en profondeur et adaptée aux vraies expériences des personnes concernées. Eh puis surtout, il y a des problèmes majeurs qui la concernent. Le premier, et vraiment c’est pas le moindre, c’est qu’un auteur principal de cette théorie a perdu sa licence à vie pour abus et violences envers une patiente. Pour résumer, il a abusé de sa confiance durant deux décennies et lui a infligé des abus physiques allant jusqu’à lui casser le poignet. On vous met en description le lien vers une vidéo qui explique tout ça. Cet auteur, c’est Onno van der Hart, ex-professeur d’université aux Pays-Bas, récompensé par l’ISSTD -on y revient après-, président ou ex-président d’honneur de l’association Pierre Janet de Paris, co-auteur du livre Le Soi Hanté et plein d’autres, conférencier, etc… Bref, un mec qui a vraiment influencé la vision clinique des choses avec cette théorie qu’il a développée et expérimentée… sur ses propres patients et patientes. On rappelle : il a perdu sa licence pour cause de maltraitance envers une patiente. C’est donc assez tendu de considérer ces travaux comme fiables alors même que c’est un abuseur. Comment peut-on être sûr-es qu’il n’a pas abusé d’autres patients ou patiente ? Comment peut-on considérer que les conditions dans lesquelles cette théorie a été développée est fiable ? Que les patients et patientes en question n’ont pas été influencé-es pour que la vérité s’adapte à la théorie là où ça devrait être l’inverse, encore une fois ? Comment ne pas douter de cette théorie quand on sait ce qu’il en est vraiment de la vision des choses de cet auteur vis-à-vis des personnes -traumatisées, faut-il rappeler- qu’il a suivies ? Alors je sais, vous allez dire, « il y a d’autres auteureuses ». C’est vrai mais ce n’est pas parce qu’Onno van der Hart a été le seul condamné qu’il est le seul coupable. Il disait lui-même à ses collègues que tout ce travail devait être supervisé mais celleux-ci ne l’ont pas supervisé lui. Là où lui maltraitait une patiente, et peut être d’autres, que faisait les autres ? Et quand bien même, cet auteur a vraiment une place importante dans l’élaboration et la diffusion de cette théorie, qui se base quand même sur des données qui ne sont pas fiables au vu des conditions dans lesquelles elle a été développée. Alors je sais aussi, vous allez me dire que la théorie de la dissociation structurelle a continué à être développée depuis Onno van der Hart et ses collègues, par d’autres personnes notamment. Comme on l’a dit, tout n’est pas forcément à jeter avec cette théorie, tout n’est pas à jeter à cause de lui. Elle a d’ailleurs des origines venant d’autres personnes aussi. Mais bon, ça reste une donnée éthique et de fiabilité importante. Mais continuons.

Problème : l’intégration comme seule thérapie, validisme et consentement

K: On va passer au problème suivant, qui est l’intégration comme traitement pour tous les troubles concernés par cette théorie. On vous l’expliquait au tout début de la vidéo, l’intégration peut avoir plusieurs sens. Il y a notamment l’intégration dite normale durant l’enfance et l’intégration des expériences qui continue au long de la vie. Quand un élément ne s’intègre pas, reste dissocié, il forme des matériaux traumatiques sous forme de PE qui viennent perturber la PAN. En toute logique, cette théorie nous dit qu’il faut que la ou les PE s’intègrent à la PAN pour guérir. En gros, il faut accepter le traumatisme, parfois il faut même le découvrir avant de pouvoir le traiter, il faut assimiler les matériaux traumatiques pour que l’événement traumatisant soit intégré comme toute autre expérience de vie, notamment en disons « revivant » l’événement de façon safe pour le réenregistrer correctement, supprimant ainsi les conséquences liées aux perturbations de la ou des PE et permettant que PAN et PE redeviennent un sens du soi complet et intégré. En théorie, c’est une bonne idée en soi. D’ailleurs, la majorité des thérapies consiste justement à faciliter l’intégration des matériaux traumatiques pour ne plus avoir les symptômes liés à ceux-ci, comme l’anxiété, les flashbacks et autres. Mais on va pas se mentir, plus un trouble est complexe, plus c’est difficile, en plus du fait que la capacité à intégrer les événements traumatiques dépend totalement d’une personne à l’autre. Bien souvent, une possibilité d’adaptation du quotidien est aussi nécessaire mais passons les problèmes de validisme. Le problème, c’est que toujours selon cette théorie, il s’agit du traitement appliqué à toutes les personnes sur le spectre de la dissociation structurelle, y compris les personnes multiple ayant un TDI ou un ATDS. La théorie nous dit qu’il faut intégrer toutes les PE à la PAN pour l’ATDS et qu’il faut intégrer toutes les PE aux PAN puis les PAN entre elles pour le TDI, c’est l’intégration finale ou fusion finale. Onno van der Hart lui-même dit qu’il s’agit du traitement le plus stable pour le TDI, en ajoutant que cette fusion finale prend des années thérapie -sans doute la raison pour laquelle il a gardé une patiente 20 ans, pardon pardon pour le sarcasme- mais en précisant que même après tout ça, il y a une haute probabilité de nouvelles dissociations s’il y a nouveaux événements traumatiques, du fait de la fragilité de l’intégration. Cohérence/20 encore mais soit. Le problème est et reste le suivant : pour beaucoup de personnes multiples, ces « PAN » et « PE » sont considérées comme des personnes ou presque, même si ce n’est pas toujours nommé comme ça. La plupart des personnes multiples ne veulent pas fusionner leur système parce que ça reviendrait pour elles à faire disparaître leurs alter et même elles-mêmes. C’est évidemment au système de décider mais bien souvent, ça se résume à : intégrer des matériaux traumatique pour ne plus en subir les symptômes, oui, faire disparaître les alters ou le fait même d’être multiple, non. Pourtant bah, d’après cette théorie, c’est le meilleur traitement. Alors heureusement, parmi les thérapeutes qui connaissent le TDI et l’ATDS, certains et certaines ont bien compris et se suffisent largement du traitement et de l’intégration des traumas en eux-mêmes. Malheureusement, beaucoup de thérapeutes commencent par ce type de thérapie d’intégration des traumas mais avec comme objectif final de traitement une intégration complète, que le système le veuille ou pas -ce n’est souvent même pas discuté dans ce cas d’ailleurs. Et bien souvent, ces thérapeutes considèrent que personne ne disparaît et qu’on n’a pas à s’inquiéter de ça. Leur raison est la suivante : ce sont pas des personnes, ce sont des parties dissociées. Alors, rappel et précisions : chaque système, et je dis bien chaque système, définit ce qui le compose comme il veut. Qu’un système peut considérer que ce sont des parties dissocies, plusieurs parts d’un grand tout, presque des personnes, des personnes à part entière, une famille ou autre, c’est au système de se définir avec ce qui lui convient le mieux pour se sentir à l’aise avec tout ça. Et parfois, ça évolue ou ça change, et c’est ok aussi. Mais de la même manière qu’aucun autre système ne peut juger de la façon de nommer ce qui compose le système d’une autre personne, ni qu’aucun singlet n’a son mot à dire non plus, les thérapeutes n’ont pas non plus un droit universel sur la façon dont les personnes concernées peuvent ou non se percevoir. C’est encore une fois un problème systémique : « les thérapeutes et leurs connaissances absolues » face « aux personnes concernées qui ne peuvent pas savoir elles-même ce qu’elles vivent et ressentent ». la vérité est que les thérapeutes devraient écouter leurs patients et patientes et les aider selon leurs besoins avant tout, pas selon des théories, erronées ou non. Si ce besoin est la fusion finale, eh bien soit, si ce besoin est l’intégration des traumas et la déculpabilisation, eh bien soit, si ce besoin est la communication intra-système et des adaptations, eh bien soit, mais le système doit avoir le droit de décider.

Problème : les directives de l’ISSTD, dérives et dégâts intra-système

E: Bref, ce petit rappel fait, reparlons de la théorie de la dissociation structurelle. Les auteureuses de cette théorie et la majorité des personnes qui continuent à la développer ne font absolument aucune différence entre les PE de chaque trouble concerné. Quand on vous a fait la métaphore du puzzle, on a volontairement précisé qu’il y avait des PE un peu différentes dans le TDI et l’ATDS mais la vérité c’est que les thérapeutes ne font pas de distinction. Et pas dans le sens où toutes les PE seraient des alters/fragments, non, dans le sens où même les alters/fragments ne sont que des parties dissociées anormales qui doivent disparaître pour retrouver « la santé ». La santé étant donc d’être singlet et valide encore une fois, la multiplicité restant anormale. Autrement dit, ce n’est pas qu’on n’a pas à s’inquiéter que les alters disparaissent, c’est que les alters ne sont rien de plus que des morceaux à rassembler, des pièces à retailler correctement pour qu’elles s’emboîtent, selon elleux. Et ça alors même qu’iels disent que, notamment dans le TDI, les PAN ont leur propre sens du soi et ont donc une identité, même pas complètement abouties. Encore une fois, oui il y a des thérapeutes qui ne pensent pas ça et qui acceptent que la multiplicité puisse rester. Mais il n’empêche que la théorie ne dit pas ça. Et ça entraîne énormément de dérives au niveau des thérapies, notamment parce que la PAN est systématiquement privilégiée. Il y a même des thérapeutes qui refusent catégoriquement de parler à des PE sauf si c’est vraiment nécessaire. Parce que la PAN est soi-disant la plus importante alors qu’on le sait, et énormément de systèmes vivent les choses comme ça : toustes les alters doivent être traité-es de façon égale, il n’y a pas de plus ou de moins important, et c’est comme ça qu’on peut améliorer les choses. Et pour le TDI, iels ne veulent souvent parler qu’aux PAN même si elles sont plusieurs. Il arrive aussi très régulièrement qu’une PAN parmi toutes celles qu’il y a soit considérée comme la plus importante, souvent considérée comme l’hôte unique alors que ce n’est pas forcément le cas. Il peut s’agir de la PAN qui est venue au premier rendez-vous alors que c’est une autre PAN qui est hôte ou qu’il y a plusieurs hôtes. Et de la même façon, les PE ne peuvent pas s’exprimer par elles-mêmes, même lorsqu »elles le voudraient, et seule la PAN peut avoir la parole, sauf exception quand ce n’est pas possible de faire autrement. Et ce, encore une fois, alors que la théorie elle-même considère qu’il n’y a pas d’identité originale donc pas d’identité de base dans le TDI. Bref ce sont vraiment des dérives qui, au final, prolongent la thérapie et peuvent vraiment faire plus de mal que de bien. Parce que les PAN peuvent culpabiliser de laisser passer des PE ou même avoir honte de leur existence et de ne pas pouvoir les contrôler, tandis que les PE ne sont pas considérées comme suffisamment fonctionnelles ou développées pour avoir le droit d’exister et d’avoir d’autres besoins que « exprimer les traumas », pouvant aller jusqu’à avoir de la rancoeur envers les PAN. Tout ça engendrant que le système est de plus en plus en désaccord de l’intérieur et donc de moins en moins capable de vivre harmonieusement. À nouveau, ça ne correspond pas à la réalité du vécu de beaucoup de personnes concernées, considèrent leurs alters comme des personnes qui ont le droit d’exister. Et même s’il y a des thérapeutes qui l’ont compris -et heureusement-, iels restent une minorité à côté des autres qui suivent la théorie de la dissociation structurelle à la lettre et les directives de l’ISSTD. Oui, l’institut qui a récompensé Onno van der Hart, mais surtout l’institut qui a produit les lignes directrices pour le traitement du trouble dissociatif de l’identité, majoritairement suivies par les thérapeutes d’aujourd’hui qui prennent des patients et patientes avec TDI ou ATDS. Directives qui disent spécifiquement : « Il peut être utile de se servir de termes que les patients utilisent pour faire état de leurs identités, sauf si l’emploi de ces termes n’est pas en phase avec le dispositif thérapeutique et/ou avec le jugement clinique, car certains termes vont renforcer la croyance que les identités alternantes sont des personnes séparées ou des personnes réelles plutôt qu’un seul être humain avec des aspects de soi divisés ».

Conclusions

Bref on pourrait continuer longtemps sur le sujet. La psychiatrie est ce qu’elle est et les recherches et théories ne tiennent vraiment pas assez compte des patients et patientes elleux- mêmes. Ces directives sont vraiment à revoir, cette théorie est vraiment à revoir, comme tant d’autres choses, mais ce sont malheureusement des références pour les professionnel-les. Alors évidemment, il y a bien d’autres thérapies qui posent beaucoup de problèmes, notamment celle des enfant-parent- adulte de l’analyse transactionnelle ou le ça-moi-surmoi de la psychanalyse, qui s’embrouillent souvent en ce qui concerne le TDI -et plein d’autres troubles d’ailleurs. Et il y a d’autres thérapeutes aussi, plus ou moins bienveillants-bienveillantes. Mais on en parlera dans une vidéo dédiée. K: Tout ça pour dire qu’on ne soutient pas la théorie de la dissociation structurelle parce qu’elle est réductrice, validiste et contraire à l’éthique, pour tous les troubles qu’elle concerne. Évidemment, comme toujours, si vous vous sentez à l’aise avec ces termes de PAN, PE et Parties Mixtes, vous vous définissez selon ce qui vous convient. Par contre, on pense que c’est important de savoir d’où ça vient et ce que ça implique avant de considérer que tous les systèmes devraient se conformer à ces notions. Merci beaucoup d’être resté-es jusqu’ici, on va prochainement sortir des visuels qui résument ces notions théoriques. En attendant, on se retrouve sur les réseaux sociaux et à bientôt !