Dans cette vidéo, on explique comment se concevoir un plan de sécurité, c’est-à-dire un outil personnel pour : prendre conscience de son propre état et de celui de son système, voir les signes qui indiquent que ça va pas et établir des plans d’action pour éviter les situations de crise.

Dans cette vidéo, on explique comment se concevoir un plan de sécurité, c’est-à-dire un outil personnel pour : prendre conscience de son propre état et de celui de son système, voir les signes qui indiquent que ça va pas et établir des plans d’action pour éviter les situations de crise.

Avertissements de contenu : mentions de nourriture, hospitalisation, tentative de suicide, comportements d’auto-destruction au sens large (auto-mutilation, substances, …).

Modèle de plan de sécurité à compléter : https://bit.ly/3A1FO7z

K: Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle vidéo de Partielles sur la multiplicité dont le TDI, présentée par Epsi et Kara! Aujourd’hui, on va parler de plan de sécurité et de plan de crise. Ce sont deux ressources très utiles quand on essaie d’aller mieux ou de continuer à aller bien.

Le plan de sécurité, pour faire simple, est une sorte de guide personnel qui permet de prendre conscience de notre propre état, de voir les signes qui disent que ça va peut-être bof et de voir ce qu’il est possible de faire. Et le plan de crise bah c’est un peu quand ça va vraiment moins bien et qu’on a besoin de l’aide d’une personne extérieure, ce sont des informations à donner aux proches, aux aidants et aidantes et aux professionnel-les de santé pour qu’iels nous aident d’une façon qui nous convient.

Il y aura deux vidéos: celle-ci sur le plan de sécurité et une autre sur le plan de crise. Dans ces vidéos, on va donc un peu expliquer comment faire ces plans d’actions quand on est multiple parce qu’évidemment, il y a des subtilités étant donné qu’on est tout simplement plusieurs. Ces explications sont tirées d’un document de santé américain et qui a été adapté à la pluralité par les Crisses, un système anglophone qui apporte beaucoup de ressources aux personnes multiples, également en description. On s’est dit que ce serait bien de vous en proposer une version francophone parce que bah quand on a un TDI ou tout autre trouble, on peut vraiment avoir besoin de ce genre d’outils et l’anglais c’est pas forcément accessible. Et en parlant d’accessibilité, il y aura une transcription de ces vidéos disponibles sur le blog, n’hésitez pas à aller lire si l’écrit est plus facile pour vous, surtout pour ce genre de contenu. On met également le minutage en description pour que vous puissiez revenir aux différentes étapes plus facilement. Et vous pouvez évidemment le faire avec cette vidéo en faisant pause de temps en temps pour remplir les différentes étapes.

E: Allez c’est parti! Mais avant de commencer, petites précisions. Que ce soit pour le plan de sécurité ou pour le plan de crise, le mieux est de les préparer quand vous vous sentez relativement bien. On va pas s’étaler mais en bref: moins on va bien, moins le cerveau est capable d’élargir son champ de possibilités, parce qu’il passe en hypervigilance ou en survie et est donc restreint, alors que pour ces exercices, on a plutôt besoin de voir assez large. Aussi, quand on passera aux différentes étapes, ne vous jugez pas pendant vos réflexions. Ne vous dites pas que vous devriez faire mieux ou que vous êtes responsable de vos difficultés ou que tel-le alter l’est. Le but ici est vraiment de viser l’objectivité des signes et solutions qui vous conviennent.

Ces plans sont totalement personnels et n’hésitez pas à faire des pauses, à prendre le temps, à modifier, à essayer d’autres choses et surtout à prendre soin de vous. Le plan de sécurité en particulier doit pouvoir vous accompagner et être un document vivant. Il ne sera probablement jamais exhaustif et c’est le but. Le plan crise aussi mais en principe, et on vous le souhaite sincèrement, vous devriez avoir moins souvent besoin d’y revenir. Et si besoin, faites-vous aider par des personnes de confiance.

Enfin, un point important: le plan de sécurité est un guide qui va regrouper des informations personnelles sur votre système. Pensez à votre sécurité et gardez ce plan en sûreté si nécessaire. Vous êtes les seul-es à savoir si vous voulez partager ces informations ou non. Le plan de crise est plutôt destiné à d’autres personnes mais il pourra aussi contenir des informations sensibles alors pensez à ne le partager qu’à des gens en qui vous avez confiance dans la mesure du possible. Cette fois, c’est parti pour de vrai! On va voir ensemble différents points pour concevoir son plan de sécurité.


K: La première étape est: un brainstorming.

Le but ici est de réunir un maximum d’informations sur vous et vos alters, sur toutes les choses que vous faites pour vous aider à vous sentir mieux, sur ce que vous aimez et plein d’autres choses qui vous font du bien. La liste peut être très longue, tant mieux! Ces éléments serviront à compléter les étapes suivantes petit à petit et c’est très bien d’avoir plein de pistes de réflexion.

Vous pouvez également le faire ensemble, en tant que système, ou bien chaque alter peut le faire et puis vous pouvez mettre les informations en commun. Vous pourrez aussi faire un plan de sécurité général et des plans supplémentaires pour les alters qui en auraient besoin.

Énumérer tout ce que vous voulez, que ce soit sur vous-même, votre système, votre monde intérieur, le monde extérieur, vos ressources extérieures, etc… Notez même les choses évidentes ou faciles, notez écouter de la musique autant qu’aller est chez le kiné par exemple. Notez vraiment tout ce que vous pouvez.

Vous pouvez commencer par noter ce que vous faites déjà dans vos journées pour vous sentir bien. Vous pouvez aussi noter ce que vous faites et comment vous vous sentez quand vous allez bien. Notez aussi comment prendre soin de votre corps et de vous. Notez vos besoins en nourriture, en boisson, en sommeil, médicaments et autres. Notez ce que vous faites pour vous sentir mieux et notez aussi des choses que vous n’avez pas encore testé mais que vous aimeriez essayer.

Pour chaque alter, vous pouvez recenser les qualités qui vous aident collectivement à aller mieux mais aussi, évidemment, les centres d’intérêt, les capacités, les choses qu’iels aiment, les inspirations, la créativité, les stims, etc, etc… Ce n’est pas grave si tout n’est pas rempli pour tout le monde, le but est de réunir des infos et pas de culpabiliser que tout le monde n’ait pas de réponse à tout encore une fois, et c’est totalement ok.

Notez aussi des choses positives que vous pouvez dire intra- système et des encouragements pour celleux à l’intérieur qui ont plus de difficultés par exemple.

Vous pouvez noter que communiquer en interne vous fait du bien, ce dont vous aimez parler, notez vos exercices d’ancrage, des exercices de respiration, les endroits de l’inner où vous vous sentez bien. Et si ça peut vous aider, listez des trucs cool à faire en externe: les lieux naturels que vous aimez, les endroits, les activités à la maison, … Mais aussi en interne, comme: passer du temps avec les littles, faire un câlin avec un ou une autre alter, faire des réunions ou une fête interne, et plein d’autres possibilités.

N’oubliez pas non plus de recenser ce qui vous aide à atténuer des douleurs, de l’anxiété, de la solitude, de la tristesse ou tout autre chose dont vous pourriez souffrir. Eh puis, pensez aux personnes-ressources que vous avez: celles avec qui vous pouvez parler pour vous sentir mieux, celles que vous pouvez appeler ou aller voir, …

Notez vraiment absolument tout ce à quoi vous pensez. Eh puis bah, passez à l’étape 2.

E: L’étape 2, c’est: lister les signes que tout va bien.

Ou en tout cas, le mieux possible.

L’objectif de cette étape est d’avoir deux listes. La première regroupera les signes externes que tout va bien: comment est le corps quand ça va. Et la seconde reprendra les signes internes: comment c’est dans la tête, comment est la communication, comment vont les alters, etc… Et n’oubliez pas ce qui se passe dans l’inner si vous pouvez y accéder, il peut vraiment refléter beaucoup, beaucoup de choses et donner des indications précieuses.

Pour cette étape, décrivez comment vous êtes quand vous vous sentez bien. Et honnêtement bien évidemment, pas quand vous dites à tout le monde que ça va par masking haha.

Si vous avez du mal, vous pouvez aussi décrire ce que vous aimeriez ressentir quand tout va bien ou des choses qui vous inspirent. Vous pouvez par exemple noter comment vous vous sentez, qui fronte, comment est la pensée, les sensations physiques et toutes ces choses-là. Mais vous pouvez aussi noter ce que vous faites, ce qui est facile à faire, quel est votre niveau d’énergie, ce que vous aimez, votre appétit, vos envies, vos relations sociales, ce que vous faites pour vous détendre ou vous amuser, est-ce que vous regardez beaucoup de séries ou pas, etc…

Et évidemment, notez comment est votre communication, si les alters sont là, leur humeur, les switches et tout ce que vous voulez d’autre qui sont vraiment votre définition du « quand tout va bien, on ressent ça, le corps est comme ça, en interne c’est comme ça et ainsi de suite ».

Quand ces listes sont faites, et n’oubliez pas que vous pouvez modifier votre plan de sécurité dès que nécessaire, considérez ces signes comme un objectif futur. Le but, quand ça va moins bien, c’est de mettre ce qu’on peut en place pour revenir à ce tout va bien. Évidemment, le but n’est jamais de culpabiliser ou de se juger de ne pas y arriver! C’est totalement logique d’avoir des moments où ça va pas. L’idée de ces listes, c’est de vous rassurer: vous avez déjà réussi à atteindre cet objectif, vous y arriverez encore, au moins vous savez maintenant ce que vous voulez ressentir et, avec les étapes suivantes, vous aurez des clés supplémentaires pour faire de votre mieux pour y arriver.

K: L’étape 3, c’est: la maintenance quotidienne.

Cette étape consiste à lister des choses essentielles à faire chaque jour pour se sentir le mieux possible. On parle ici du strict minimum, le but n’est pas de faire une longue liste mais vraiment d’aller à l’essentiel au quotidien.

Et bien sûr, c’est encore une fois une liste personnelle: ce que la société impose n’a rien à faire ici, on parle de votre bien-être à vous, pas de jugements ou de choses arbitraires encore une fois.

N’hésitez pas à y mettre des choses évidentes parce que bah, quand vous allez bien, vous n’avez pas besoin d’y penser mais quand ça va moins bien, c’est bien d’avoir une liste des essentiels pour ne pas aller encore moins bien. Vous pouvez ici reprendre votre brainstorming, vous y avez sans doute noté plein d’éléments qui vous sont indispensables. Vous pouvez d’ailleurs barrer les éléments du brainstorming que vous noterez dans ces soins quotidiens.

Vous pouvez juste noter boire, dormir ou avoir un nombre de repas minimum si c’est ce dont vous avez besoin, c’est totalement ok! Et ajoutez prendre des médicaments si c’est le cas et nourrir le chat si personne d’autre ne peut le faire évidemment.

Mais pensez aussi à d’autres choses qui vous font vraiment du bien quotidiennement: ça peut être par exemple écouter au moins un peu de musique, avoir une pensée positive sur la journée, sortir une minute, bouger cinq minutes, regarder son planning ou vérifier ses rendez vous de la semaine, faire un câlin à un animal de compagnie, bref ce qui vous aide vraiment ou en tout cas, ce qui vous fait vous sentir mal si vous ne le faites pas tous les jours.

D’un point de vue interne, ça peut être: dire bonjour au système, avoir une communication, faire un check de l’innerworld ou s’assurer que les littles vont bien par exemple. Notez vraiment ce dont vous avez besoin tous les jours et mettez à jour cette liste si vous vous rendez compte plus tard qu’il y a un élément qui manque.

Éventuellement, vous pouvez mettre UNE chose qui pourrait vous faire du bien quotidiennement mais que vous ne faites pas encore. Visez petit et ne culpabilisez pas. Le but ici est d’écrire ce qui vous rendrait mal si vous ne le faisiez pas, pas ce que vous aimeriez faire.

Quand ça ira un peu moins bien, assurez-vous que vous avez fait toutes ces choses essentielles, peut-être que vous avez oublié un truc qui n’a pas aidé à ce que vous alliez bien. Cette liste sera le strict minimum à faire quand ça va bof, en pouvant simplement lire vos essentiels sans devoir y réfléchir.

E: L’étape 4 est: la maintenance périodique.

Le but ici est de se sortir de la tête toutes les choses qui vous coûtent de l’énergie pour se souvenir qu’il faut les faire, on va donc se vider un peu l’esprit pour s’économiser. Ce sont des choses qui n’ont pas besoin d’être faites quotidiennement pour votre bien-être mais qui doivent être faites régulièrement ou bah qui doivent être faites tôt ou tard en gros, quand vous avez l’énergie de les faire pour garder votre équilibre.

Ce peut être par exemple: faire des courses ou une lessive, aller à un rendez-vous médical ou prendre un rendez-vous médical, appeler ou voir un ou une ami-e, prendre du temps pour vous, lire un livre, jouer à un jeu, planifier la semaine à venir, payer des factures, finir un devoir et plein d’autres choses de ce genre.

Vous pouvez évidemment reprendre votre brainstorming pour compléter cette étape et, bien entendu, cette liste sera certainement modifiée régulièrement pour ajouter ou retirer des choses.

D’un point de vue interne, vous pouvez lister que vous faites un check-up de tout le monde à l’intérieur pour s’assurer que ça va, que personne n’a besoin de quelque chose, que l’inner semble stable par exemple. L’objectif est vraiment de vous vider la tête et de mettre ces données sur papier ou dans une appli ou via tout autre moyen.

Vous pouvez ensuite classer tout ça par périodes par exemple, en trois ou quatre catégories: les trucs à faire chaque semaine, les trucs à faire chaque mois, les trucs à faire chaque trimestre ou chaque année.

Si je devais donner un exemple: chaque semaine, j’essaie de répondre aux messages qu’on reçoit sur Partielles, aux mails surtout, et tous les quinze jours, on sort une vidéo pour laquelle il faut écrire un script. Eh bien je le note. Encore une fois, le but n’est pas de culpabiliser mais de conserver son énergie. Si j’ai pas l’énergie de répondre aux mails une semaine, bah je réponds plus tard et vous recevez un « pardon pour le retard » haha. Bref, le but c’est d’avoir accès à ces informations sans devoir les retenir.

Ensuite, vous pouvez les mettre sur votre frigo ou via une appli avec un rappel par exemple, si ça vous met à l’aise. Ne vous laissez pas une longue liste sous les yeux non plus, faites des petits morceaux encourageants ou vraiment urgents à faire quand vous en avez la possibilité pour maintenir votre bien-être.

K: L’étape 5, c’est: les triggers.

C’est ici que ça commence à devenir un peu compliqué et qu’il ne faut vraiment pas hésiter à faire des pauses si nécessaire.

Les triggers, ou déclencheurs, sont des choses qui vous font avoir une réaction inconfortable ou qui augmente certains symptômes. En résumé, ce sont des éléments qui souvent rappellent de près ou de loin un traumatisme et que le cerveau interprète directement comme un signal de danger.

L’objectif ici est de faire la liste de vos déclencheurs négatifs, tout ceux que vous connaissez. Et vous la mettrez à jour au fur et à mesure si vous en découvrez de nouveaux ou si un élément n’est plus trigger.

Les trigggers sont très personnels et il n’y a pas avoir de honte d’être déclenché-e par quelque chose. Ça peut être n’importe quoi: les disputes, les dates, la météo, un inconnu derrière vous dans le métro, une odeur en particulier, un aliment, les voitures, les voitures rouges, entendre parler de certains sujets, bref essayez de faire la liste de tout ce qui vous déclenche.

Et si vous voulez ou pouvez, listez ce qui déclenche chaque alter s’il y a des différences. Ça peut être utile pour savoir quel-le alter aider en cas de trigger.

Durant cette étape, vous pouvez aussi noter ce que provoquent ces déclencheurs, tous les signes qui montrent que vous avez été déclenché-e. Ça peut être une augmentation de l’anxiété, une perte d’appétit, un mal de tête, un switch avec un ou une alter en particulier, des switches désorganisés, des réactions inflammatoires du corps, une envie de se faire du mal, etc, etc…

De cette façon, si vous ressentez ces symptômes sans identifier un trigger, vous pourrez peut-être réfléchir à ce à quoi vous avez été exposé-e et peut-être faire un lien avec un déclencheur que vous ne connaissiez pas.

Enfin, faites également la liste de ce qui vous aide à vous sentir mieux après avoir été déclenché-e. Vous pouvez noter ce qui a déjà fonctionné par le passé et également ce que vous pourriez essayer pour vous apaiser, et mettre cette liste à jour au fur et à mesure.

Par exemple, si c’est le cas, vous pouvez noter qu’avoir une peluche ou un stimtoy vous aide à faire passer la crise plus vite, vous pouvez noter que mettre un casque vous aide à aller dans les transports, bref tout ce qui vous aide même un petit peu. Et par alter encore une fois s’il y a des différences.

Cibler l’alter concerné-e et trouver directement ce qui lui fait du bien dans la liste peut vraiment vous faire gagner du temps et de l’énergie pour vous sentir mieux.

E: L’étape 6, ce sont: les signes d’alerte.

Ici, il faut essayer de chercher les signes qui indiquent que quelque chose ne va pas trop bien, des signes parfois discrets qui ne paraissent pas si terribles que ça voire qu’on ne remarque pas trop mais qui, si on les ignore, risquent de causer plus de problèmes avec le temps.

Le but ici n’est pas de déterminer la raison de ces signes d’alerte mais vraiment de déterminer juste les signes qui ne nous empêchent pas encore de fonctionner mais qui pourraient poser un problème si on n’y fait pas attention. L’objectif est de pouvoir y faire attention parce qu’on en a une liste avant que les choses deviennent vraiment problématiques.

Faites un brainstorming avec votre système et notez autant les signes externes et physiques que les signes internes et vis-à-vis du système.

Ça peut être par exemple: se sentir nerveux ou nerveuse, un rythme cardiaque qui augmente, une incapacité à ressentir de la joie, une obsession, une froideur dans les réactions, une irritabilité, un peu de déperso ou de déréal, de l’anxiété, une difficulté à réfléchir, beaucoup besoin de stimmer, de légers maux de tête, manquer d’appétit, bref, ce genre de choses. Et vous pouvez bien sûr reprendre des éléments de la liste des symptômes liés aux triggers.

N’oubliez pas les signes internes, comme: la perte de communication avec les alters ou ne pas avoir le temps de communiquer avec elleux, un changement ou quelque chose qui se passe dans l’inner, un switch bloqué ou rapide, la présence d’un ou une alter inhabituel-le au front, de la dissociation, une notion du temps moins bonne, des influences passives, des pensées envahissantes, tel-le alter qui vient plus près ou qui au contraire s’éloigne, etc…

Mettez ce qui vous semble le plus évident et vous compléterez votre liste au fur et à mesure. Et n’oubliez pas que les alters peuvent manifester des signes différents.

De plus, pour cette étape et la suivante, vous pouvez demander à des proches de confiance de vous aider: comment iels vous perçoivent quand vous semblez aller moins bien, êtes tendu-e, dépassé-e.

Ensuite prenez le temps de lister ce qui peut vous aider à sortir de ces signes d’alerte. Notez un plan d’actions possibles. Eh oui, comme on le disait au début, il vaut mieux faire ce genre de liste quand ça va plus ou moins parce que, quand les signes sont déjà là, le cerveau a vraiment du mal à trouver des solutions, alors autant les noter à l’avance.

Vous pouvez reprendre des idées du brainstorming du début. Idéalement, essayer d’être précis-e: ne mettez pas « manger » mais « manger au moins deux repas » par exemple, pour encore une fois faciliter la capacité de réflexion du cerveau.

Il peut s’agir par exemple: d’appeler un ou une ami-e pour en parler, de faire des exercices d’ancrage ou de relaxation, de prendre une heure pour dessiner ou écouter de la musique qui vous fait plaisir, demander de l’aide pour certaines tâches ménagères ou les repas, tous ces trucs qui vous font du bien ou qui pourraient vous faire du bien et que vous pourriez tester.

Intra-système, vous pouvez noter par exemple: de prendre le temps d’écouter des alters qui auraient pu être déclenché-es, d’aller les chercher, de faire un espace agréable dans l’inner, de prendre le temps de parler, etc…

Et n’oubliez pas, bien sûr, qu’il faut essayer de faire les choses de la liste de maintenance quotidienne également. Alors, dans la liste des choses à faire en cas de signes d’alerte, notez de consulter la liste de maintenance quotidienne si besoin.

K: L’étape 7, c’est: … bah quand ça empire.

Parce que parfois, on a beau essayer de faire au mieux, ça va quand même pas, et genre vraiment pas dans ce cas-ci. C’est l’étape où lister les signes que vous allez vers une crise ou un danger mais que la ligne n’est pas encore franchie. Parce que, quand la ligne est franchie, c’est le moment de passer au plan crise en fait, mais revenons à cette étape.

Faites un brainstorming avec votre système pour lister les signes qui montrent que votre état se dégrade et que vous risquez de ne plus pouvoir gérer. L’objectif n’est bien évidemment pas d’être dur-e envers vous-même, au contraire, si vous repérer les signes de cette étape dans votre comportement, prenez soin de vous, prenez du temps pour vous, libérez-vous des choses inutiles ou pas nécessaires, gardez votre énergie.

Pour faire la liste, pensez aux moments qui ont été vraiment difficiles ou à des précédentes crises. Quels étaient les signes externes et les signes internes? Réfléchissez-y ensemble et n’oubliez pas qu’ici encore plus, vous établissez cette liste non pas pour vous accuser ou culpabiliser ou autre mais bien pour prévenir une nouvelle crise.

On va dire un peu plus durement mais c’est vraiment pour que ce soit clair: recherchez des signes qui se manifestent avant que vous ayez absolument besoin d’une aide extérieure, d’une aide professionnelle ou d’une hospitalisation, avant que vous ne vous fassiez du mal ou que vous ne fassiez une tentative de suicide ou ce genre de choses.

Et si ce n’est jamais arrivé, et on vous souhaite que ça n’arrive jamais, extrapolez la liste précédente et envisager quels pourraient être vos signes sur base de la liste de l’étape 6.

Pour cette étape, n’oubliez pas qu’il peut y avoir une grande variété de signes, notamment des signes d’autodestruction. Et encore une fois, inutile de culpabiliser mais pensez aux comportements que vous avez et qui vous font du mal, même si vous le faites inconsciemment ou que vous ne pouvez pas vous en empêcher.

L’autodestruction passe par énormément de possibilités comme: l’auto-mutilation mais aussi se priver de manger ou de dormir ou le faire à l’excès, la consommation de substances, le nettoyage extrême, l’isolement, l’agressivité envers le système ou les personnes extérieures, le sexe à risques, etc, etc…

D’un point de vue interne: exclure des alters, s’isoler dans l’inner, avoir des cauchemars, faire du frontstuck ou du rapid-switching, ressentir des murs à l’intérieur, un vide vertigineux et bien d’autres choses de ce genre peuvent être des signes à noter.

Et bien entendu, ces signes sont personnels et chaque alter peut manifester des signes différents. Par exemple, il y a des alters qui ont constamment des idées suicidaires parce qu’iels ont encore besoin de temps pour se débloquer de ça mais pour lesquels c’est courant et ne signifie pas un potentiel passage à l’acte, alors qu’au contraire, un ou une alter qui n’en a jamais et qui se met à y penser peut être un signe concret à noter dans ce point 7. Communiquez avec votre système pour essayer de voir ces subtilités.

Bref, prenez votre temps, faites des pauses, c’est une étape difficile.

Enfin, vous allez vous concevoir un plan d’action pour essayer de sortir de cet état de pré-crise, des sortes de directives anticipées personnelles pour vous et votre système.

Si vous en arrivez à un tel état, vous ne pourrez certainement pas avoir une longue liste de possibilités. Votre cerveau ne sera sans doute pas en état d’analyser pour choisir un truc qui pourrait marcher, donc faites-vous une liste courte, concrète et précise autant que possible, étape par étape si besoin, avec des choses qui ne vous demandent pas trop de ressources et qui fonctionnent vraiment bien.

Par exemple, vous pouvez noter que vous devez appeler une personne-ressource, une aide sociale ou un-e professionnel-le de santé. Vous pouvez noter que vous devez prendre quelques jours de congé pour vous ressourcer, appeler une ligne d’écoute ou une personne proche pour parler aussi longtemps que nécessaire, demander à un ou une ami-e de venir dormir chez vous le temps que ça aille mieux, faire tel ou tel exercice de relaxation ou d’ancrage, etc… Et n’oubliez pas de noter de faire les choses de votre maintenance quotidienne.

Et d’un point de vue interne, vous pouvez noter que vous devez essayer d’avoir une communication même si c’est seulement avec un ou une alter ou essayer au moins de voir qui en mesure de s’approcher du front ou de venir en coconscience pour communiquer, qui semble en souffrance, qui aurait besoin qu’on aille le chercher dans l’inner parce qu’iel semble avoir disparu, qu’est-ce qu’il est possible de faire, qui pourrait prendre le front pour gérer un peu plus facilement et d’autres choses de ce genre.

E: Enfin, l’étape 8, c’est: les trucs en plus.

La partie difficile est passé, le plan est presque fini mais il vous reste peut-être des choses dans le brainstorming du tout début ou d’autres idées de choses que vous aimez ou qui vous font du bien qui vous sont venues en tête et que vous n’avez pas encore placées.

Ici, c’est l’occasion de faire une liste des choses que vous pouvez garder pour modifier votre plan de sécurité avec d’autres possibilités ou de lister ce que vous pouvez faire en plus quand vous avez vraiment plein d’énergie à y consacrer. Comme toujours, n’hésitez pas à compléter cette liste si d’autres idées vous viennent.

C’est vraiment une liste qui a autant de valeur que les autres même si elle rentre moins dans les cases précédentes.

Et vous pouvez évidemment y mettre plein de choses qui vous aident à vous sentir bien, comme par exemple: prendre un bain, travailler sur un projet, manger un truc en particulier ou cuisiner, jouer de la musique, aménager votre inner, discuter avec un ou une alter, laisser jouer un ou une little, etc…

Notez les choses que vous n’avez pas besoin de faire tous les jours mais qui vous font du bien quand vous avez la possibilité de les faire.

Et vous pouvez y faire une sous-catégorie avec vos rêves réalisables et vos rêves pas réalisables mais qui vous mettent de bonne humeur, vos intérêts spécifiques si vous en avez, des trucs que vous aimeriez apprendre, etc…


K: Et voilà! Vous avez accompli les étapes pour vous faire un plan de sécurité et pour cela, déjà, bravo! S’il est encore en cours, bravo quand même! C’est une belle avancée.

N’oubliez pas qu’il s’agit d’un document vivant que vous mettrez à jour régulièrement, notamment parce que les choses évoluent et la découverte de son système aussi ou parce que vous pourriez remarquer de nouveaux signes ou parce qu’un ou une nouvelle alter pourrait se manifester et manifester des signes différents ou encore parce que des signes ou des triggers pourraient être supprimés s’ils n’ont plus lieu d’être.

N’hésitez pas à garder les différentes versions de votre plan de sécurité au fil des mois ou des années pour voir votre évolution si ça peut vous aider.

Vous pouvez garder votre plan sécurité complet en sécurité dans un classeur chez vous ou dans une application par exemple. Et n’hésitez pas à en faire un format de poche à garder sur vous en permanence: vous pouvez y mettre les choses essentielles comme votre maintenance quotidienne, les signes les plus courants que ça commence à aller moins bien et vos meilleures techniques pour vous sentir mieux.

C’est tout pour cette vidéo.

Le plan de sécurité est, on le rappelle, un outil personnel pour vous, votre système et éventuellement vos personnes de confiance si vous le souhaitez. On fera prochainement une vidéo sur le plan de crise, c’est-à-dire quand ça ne va vraiment, vraiment pas et que vous avez besoin d’aides extérieures. C’est un plan qui est à donner aux autres justement pour qu’iels puissent vous aider au mieux, et c’est en plusieurs étapes comme le plan de sécurité, mais on vous en parlera dans la vidéo dédiée.

Merci beaucoup d’être resté-e jusqu’ici! On espère sincèrement que cette vidéo pourra vous aider. Piochez et prenez-en ce qui peut vous intéresser. On se retrouve un dimanche sur deux ici, et sur les réseaux sociaux. Et à bientôt!

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