[YT] Qu’est-ce qu’un innerworld ?

Transcription:

K: Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle vidéo de Partielles sur la multiplicité dont le TDI, présentée par Epsi et Kara. Aujourd’hui, on va parler innerworld, innerspace, headspace ou monde intérieur en français. Et on va utiliser le mot inner parce que c’est le plus court et le plus connu mais comme toujours, n’importe quel mot fonctionne tant qu’il vous convient. Définir ce qu’est l’inner peut être compliqué parce qu’il y a énormément de variables… variables! Mais en bref, l’inner, bah c’est un monde interne dans lequel les alters peuvent se retrouver et faire des trucs, consciemment ou pas. Dans cette vidéo, on va parler un peu des différentes possibilités de comment peut être l’inner en faisant une liste non exhaustive de toutes ces variables qui n’ont pas de règles définies. Pour celleux qui n’ont pas ou peu accès à leur inner, on donnera aussi quelques idées à la fin de la vidéo pour améliorer ça.

E: La première chose à savoir, c’est que chaque inner est personnel et donc différent, tout comme chaque système est différent. De plus, il peut être perçu différemment par chaque alter du système et, de la même façon, chaque alter peut avoir un accès à différent à l’inner ou accéder à une partie différente de celui-ci, tout comme il est possible que toustes les alters aient accès à tout l’inner, il n’y a pas de règle pour ça. L’inner peut aussi être une représentation de la personnalité de chaque alter, avec des choses qui sont propres à ses goûts par exemple, et il peut aussi être une représentation du vécu, passé ou présent, du système ou d’une partie du système. Enfin, il peut arriver que d’un moment à l’autre, l’inner change, indépendamment de l’endroit ou de la perception de l’alter qui y va, et ça peut avoir une signification. Par exemple, si d’un coup l’inner est ensoleillé alors que jusque là il y faisait nuit, ça peut être un signe d’éclaircissements. En revanche, si tout à coup tout est en ruines alors que ce n’était pas le cas, ça peut vouloir dire qu’il se passe quelque chose à investiguer avec le reste du système. De même, si l’accès à l’inner est tout à coup bloqué alors que ce n’était pas le cas, ou l’inverse, ou que d’un coup c’est plus difficile, il peut y avoir quelque chose à chercher. Bref tout ça pour dire que l’inner, comme le système d’ailleurs, peut évoluer en permanence et qu’il n’est souvent pas figé ou que s’il l’est, ça peut aussi vouloir dire un truc, et que tout ça dépend totalement d’un système à l’autre.

K: Maintenant, on va évoquer les possibilités. Si vous vous demandez si un truc est possible ou pas dans un inner, on espère que cette petite liste vous aidera.

E: La ressemblance avec le monde extérieur. L’inner peut être calé sur le monde extérieur en ce qui concerne le climat, les cycles jour/nuit, la notion du temps, les saisons et toutes ces choses-là. Il est également possible qu’au contraire, il y fasse nuit ou jour tout le temps, que le climat ne change pas, que le temps passe plus vite, plus lentement ou pas du tout, ou même que le temps ne soit pas perçu, se chevauche ou fasse des bons, et plein d’autres possibilités. Et il est possible qu’une partie de l’inner ressemble au monde extérieur mais une autre partie non, évidemment. De la même façon, l’inner peut avoir un aspect similaire au monde extérieur ou pas du tout. Par exemple, il peut y avoir des plantes terrestres tout comme il peut y avoir des espèces qui n’existent pas dans le monde extérieur, ou les deux, ou pas de plantes du tout d’ailleurs. L’inner peut d’ailleurs aussi ressembler à l’univers d’un film, d’un jeu, d’un livre ; il peut être réaliste ou totalement imaginaire, tout est possible. Et, en fonction des systèmes, il est possible d’y vivre comme on vit dans le monde extérieur, en mangeant, en regardant la télé, en faisant plein de trucs, tout comme il est possible que toutes ces notions n’y soient pas du tout, ou seulement en parties.

K: Les perceptions. Toutes les perceptions sont possibles mais pas systématiques dans l’inner. Pour le coup, ça dépend de chaque système mais ça peut vraiment aussi dépendre de chaque alter. Il est donc possible de voir ce qu’il s’y passe, ou pas, ou seulement en noir et blanc, ou en concepts plutôt qu’en images. Il est aussi possible d’entendre les bruits de l’environnement ou les autres alter qui parlent ou qui écoutent de la musique par exemple. Il est possible de percevoir le toucher ou le fait d’être touché-e, il est possible d’y ressentir de la douleur physique, un handicap ou des sentiments très forts. Il est aussi possible d’y marcher tout comme on peut avoir l’impression de flotter. Il est possible de s’y déplacer comme dans le monde extérieur ou de se téléporter d’une zone à l’autre. Tout ça dépend mais ce qu’il faut retenir quand même, c’est que ce qui se passe dans l’inner peut être perçu comme réel. Parfois, pour les personnes qui font de la déperso/déréal notamment, ce qui se passe dedans peut aussi être perçu comme plus réel que ce qui se passe dehors. Et tout ça est légitime évidemment!

E: La taille. L’inner peut être tout petit ou gigantesque. Il peut représenter une pièce, une ville, un pays, un monde, plusieurs mondes, plusieurs univers, il peut vraiment être de n’importe quelle taille. Et la taille, ou la perception de la taille, peut également changer en fonction de ce qu’il s’y passe, de ce qu’on y fait, des besoins, etc. Chaque alter peut avoir un espace dédié et délimité ou pas du tout, ça dépend. Certains systèmes ont des lieux réservés à chacun et chacune, comme une chambre ou une maison ou autre, ou chaque alter peut aller pour ne pas être dérangé-e par les autres ou pour ne pas déranger les autres d’ailleurs, et des lieux communs pour se rencontrer et communiquer, mais ce n’est évidemment pas toujours le cas. Certains systèmes ont un inner limité en taille mais dont une zone est illimitée pour pouvoir y faire ce qu’on veut, c’est possible aussi. Et il y a des inners tout simplement infinis.

K: Les barrières amnésiques. Il est possible de se souvenir de ce qui se passe dans l’inner, ou seulement d’une partie de ce qui s’y passe, ou de ne pas s’en souvenir du tout. Il est possible que les alters sachent ce qui s’y passe quand iels ne front pas mais ne s’en souviennent pas quand iels frontent, ou ne puissent pas faire remonter des informations ou des sentiments de l’inner au front par exemple. Il est aussi possible que des informations ne passent pas d’une zone de l’inner à l’autre, qu’il y ait des frontières ou pas. D’ailleurs, il est possible que les alters puissent communiquer dans l’inner, ou pas. Il est possible qu’iels puissent se voir et échanger ou qu’iels soient complètement isolé-es. Mais dans tous les cas, il est possible que les conversations ne puissent pas arriver au front conscient ou très peu, tout comme il est possible que ce soit le cas.

E: La population. L’inner peut n’être composé que des alters du système mais ce n’est pas forcément le cas. Il peut y avoir des animaux, d’autres gens humains ou pas, d’autres habitants et habitantes en quelques sortes. Il peut y avoir également des personnes qu’on a connues ou des animaux d’enfance par exemple. Ces autres êtres ne sont pas des alters ou des fragments, ce sont plutôt comme des figurants d’un film. Ils sont là pour compléter le décor, ou pour rendre tout ça plus vivant, ou pour que les alters se sentent moins isolé-es. On les appelle communément des « PNJ » mais on en reparle dans une vidéo qui sortira dans quinze jours. On a seulement fait le tour de quelques points mais vous l’aurez compris: toutes les configurations sont possibles et il n’y en a pas une meilleure ou plus valable que l’autre, ça dépend vraiment totalement de chaque inner. Eh puis on rappelle: s’il y a un changement inhabituel dans l’inner, positif ou négatif, ça peut être le signe que quelque chose se passe. Et donc ça peut être utile d’essayer de savoir quoi ou de laisser faire si vous ressentez que c’est mieux de laisser process sans votre intervention… sans tomber dans le déni non plus – même si on sait à quel point ça peut être confortable. Et un dernier point à rappeler…

K: L’accessibilité. Toustes les alters peuvent avoir accès ou pas à l’inner avec plus ou moins de facilité. Il y a des alters qui ne front jamais et restent tout le temps dans l’inner, tout comme il y a des alters qui front ou cofront tout le temps et n’y vont jamais. Il est aussi possible de n’avoir accès qu’à une partie de l’inner et pas à d’autres, ou qu’il y ait évidemment des alters qui gardent l’accès de certains lieux ou de l’inner entier. Et tout ça peut évidemment être conscient et volontaire ou pas du tout.

E: Voici donc quelques idées pour essayer d’améliorer l’accès à votre inner.

K: La première chose à dire, c’est que, bonne nouvelle, vous y êtes déjà! Plus sérieusement, vous pouvez essayer de voir les choses comme ça: il y a le monde extérieur et le monde intérieur, et la frontière entre les deux, bah c’est le corps. Comme vous êtes dans votre corps et que tout ce qui se passe dedans est interne, vous êtes en quelques sortes déjà dans votre monde intérieur. Parce qu’autant tous les inners sont différents, autant il y a un espace qui existe dans tous les inners, et c’est l’espace du front. L’espace du front, c’est un endroit de l’inner qui permet aux alters de fronter, de gérer le corps voire d’être en coconscience ou en cofront. Chez certains systèmes, cet espace est matérialisé sous forme de poste de pilotage par exemple, ou à l’image du film Vice Versa, mais chez d’autres, ce n’est pas le cas, ou c’est juste un espace qui n’a pas forcément de forme. Bref, l’important c’est que même si on est trop concentré-e sur le fait de fronter pour s’en rendre compte, l’espace de front est avant tout la partie de l’inner la plus connectée au conscient, mais ça reste un endroit de l’inner. S’il vous arrive de partir dans vos pensées, simplement en imaginant un truc ou en dissociant par exemple, ou s’il vous arrive de rêvasser, ce qui peut revenir un peu au même, vous vous éloignez un tout petit peu de votre espace le plus conscient. Bah aller dans l’inner, c’est globalement la même chose, sauf qu’il est possible d’aller plus loin. Et ça ne veut pas dire qu’on est complètement déconnecté-e du conscient ou qu’on ne peut pas y revenir en une fraction de seconde, ça ça dépend des systèmes. Et d’ailleurs, il est possible d’être à la fois au front et à la fois dans l’inner. On parle juste de cette impression que ça donne entre guillemets « reculer » ou « s’éloigner » du plus proche du conscient.

E: La deuxième chose à dire, c’est qu’il faut essayer de déterminer l’ordre de priorité avec lequel vous utilisez vos sens. On imagine souvent qu’on doit voir l’inner avec des paysages en couleurs et en 3D, et ça peut être le cas, mais pas forcément. La vue n’est pas nécessairement votre sens de perception le plus développé, peut-être que vous êtes plutôt une personne auditive ou intuitive que vraiment visuelle. Un bon exemple de ça, c’est qu’il y a des gens qui rêvent en couleurs, d’autres en noir et blanc, et d’autres en concepts en pseudo-images simplifiées à leurs éléments de base pour qu’on comprenne ce que c’est mais c’est tout. Dans l’inner, ça peut être exactement pareil. Et d’ailleurs en passant, si vos rêves ne sont pas visuels, il y a des chances que votre inner ne le soit pas non plus. Sans compter évidemment que ça dépend des alters. Il peut y avoir des alters avec une très bonne capacité de visualisation et d’autres pas, même au sein d’un même système, et ces alters pourraient percevoir l’inner différemment. Bref, l’important à retenir c’est que vous devez essayer de déterminer quelle perception est plus développée chez vous si ce n’est pas la vue. Est-ce que c’est l’ouïe? Le toucher? Est-ce que c’est la situation dans l’espace? L’intuition, les sentiments? En n’essayant pas à tout prix de voir votre inner parce qu’en fait c’est pas ça votre truc, vous réussirez peut-être à l’entendre ou à le percevoir autrement, par des sensations par exemple.

K: La troisième chose à faire si besoin, c’est améliorer la communication intra-système. Alors certes, l’inner peut servir justement à communiquer mais s’il n’y a pas de communication du tout, bah c’est peut-être que quelque chose est bloqué. Et ce blocage peut être matérialisée dans l’inner aussi. Du coup si vous parvenez à communiquer avec vos alters, notamment directement dans la tête, essayez de voir si vous pouvez déterminer d’où viennent leurs voix ou leurs pensées. Est-ce que tel-le alter est derrière vous? Au dessus? À gauche, à droite? Plutôt vers le bas, plutôt partout? Et cet-te autre alter, sa voix vient d’où? Et ainsi de suite. Et surtout, est-ce que vous pouvez les ressentir quand iels sont plus ou moins proches du front? En communiquant avec vos alters, vous pouvez déjà déterminer qui est dans l’espace du front ou de coconscience avec vous, et vous pouvez déterminer où sont les alters qui sont plus loin. Ensuite, essayez de vous rapprocher d’un ou une alter avec qui vous communiquez bien et êtes à l’aise. Essayez d’aller avec ellui plus loin dans sa direction, pour voir ce que ça donne, et prenez votre temps évidemment. Cet-te alter a aussi peut-être accès à l’inner et peut donner plus d’informations pour y accéder, comme la présence possible d’une porte à franchir, qui peut permettre de visualiser l’action et faciliter le passage. Et iel peut évidemment vous accompagner. À l’inverse, si vous percevez votre inner mais que vous ne parvenez pas à communiquer, allez dans votre inner pour voir s’il y a des frontières, du brouillard, du noir, une forêt ou autre, et rapprochez-vous de cette frontière. Essayez d’appeler pour voir si vous avez une réponse et essayez de voir en vous approchant de la frontière quels sentiments vous ressentez. De la peur? De la colère? De la solitude? Vous pourrez ensuite essayer de travailler sur ce ressenti pour l’apaiser et potentiellement faire tomber cette frontière ou la traverser et développer la communication avec ce qu’il y a derrière. Vous pouvez aussi aménager un espace de rencontre pour les alters, une table de discussion par exemple, pour inviter celleux qui peuvent à vous rejoindre.

E: Par contre, si vous n’avez aucun accès à l’inner et aucune communication, commencez par développer la communication. Toujours avec un ou une alter avec qui vous vous sentez le plus à l’aise. D’abord à l’écrit si c’est plus facile ou via une personne intermédiaire de confiance, puis en essayant par la pensée petit à petit. Si ça ne vient pas du tout, vous pouvez tenter d’imaginer un espace sécuritaire d’échanges dans votre inner pour essayer de voir si ça invite les alters à se rapprocher de la coconscience. Et n’oubliez pas qu’il est tout à fait possible que vous ayez un inner matérialisé sans le savoir, tout comme il est possible qu’il soit tout noir ou tout blanc ou qu’il ne demande qu’à être aménagé, tout comme il est possible que vous ayez un ou une alter qui soit gatekeeper ou entre guillemets « architecte » et qu’il vous faille communiquer avec cet-te alter pour débloquer tout ça, ce qui peut prendre du temps. Dans tous les cas, détendez-vous, faites ça au calme et régulièrement pour que ça devienne fluide. Et surtout, déculpabilisez, essayez de ne pas trop vous comparer aux autres systèmes, allez-y à votre rythme. Et pensez au fait que oui, ça se passe dans la tête, c’est là que se trouve l’inner après tout. Et on peut avoir l’impression d’imaginer ou de rêvasser, c’est normal. Dites-vous qu’améliorer l’accès à l’inner peut vraiment aider à comprendre plein de choses sur son système et même son vécu. Ce qu’il se passe à l’intérieur a un impact sur ce qu’il se passe à l’extérieur et inversement. Ce n’est pas pour rien que s’aménager un espace mental safe est devenu une technique thérapeutique. L’autohypnose peut d’ailleurs aider dans l’objectif de créer des espaces sécuritaires et des lieux d’échanges entre les alters mais on en fera une vidéo dédiée. Par contre juste pour info: si ça résiste vraiment, ne forcez pas, c’est que ce n’est sans doute pas le moment et qu’il y a des étapes à passer avant de pouvoir y aller ou accéder à un endroit en particulier.

K: Et pour info, ce n’est pas parce que vous ne le voyez pas que vous n’y être pas allé-e, ce n’est pas parce que vous ne vous en souvenez pas que vous n’y êtes pas allé-e non plus. La barrière du conscient est parfois compliquée à appréhender et suivre son intuition est aussi important pour comprendre ce qu’il se passe dedans. La dernière petite chose: pensez à noter ce qui vous vient à l’esprit quand vous essayez d’aller dans votre inner et voyez ce qui est récurrent dans vos notes, ça peut aider à le schématiser et à y retourner plus facilement. On espère que tout ça vous aidera à mieux appréhender tout ce que peut être l’inner. On se retrouve sur les réseaux sociaux et ici dans quinze jours pour une vidéo à propos des PNJ, habitants non-alters des inners. Merci d’être resté-e jusqu’ici et à bientôt!