Quand on est multiple, avec peut-être un système qui a des conflits internes ou des symptômes invalidants de dissociation et d’amnésies, des perceptions différentes entre les alters et ainsi de suite, on peut très vite être vulnérable à la manipulation (intentionnelle ou non). Cet article va essayer de proposer des outils et des questions à se poser pour s’en protéger, notamment du gaslighting. Même si on sait que c’est jamais clair (c’est le concept) et jamais facile… 

Quand on est multiple, avec peut-être un système qui a des conflits internes ou des symptômes invalidants de dissociation et d’amnésies, des perceptions différentes entre les alters et ainsi de suite, on peut très vite être vulnérable à la manipulation (intentionnelle ou non). Cet article va essayer de proposer des outils et des questions à se poser pour s’en protéger, notamment du gaslighting. Même si on sait que c’est jamais clair (c’est le concept) et jamais facile…

Si cet article vous semble difficile à lire, s’il vous plait prenez votre temps, faites des pauses, revenez-y plus tard. Bref, prenez soin de vous& autant que possible <3 

Rappel : pour plus d’infos sur le gaslighting en lui-même, consultez notre résumé ou cet article de Kinhost (en anglais). 

Reconnaître le gaslighting quand on est multiple

Le gaslighting, dans sa forme la plus classique, consiste à amener une personne à douter de sa propre perception de la réalité

Par exemple : 

  • Affirmer des choses fausses : “Tu as dit ça” / “Tu as fait ça” / “On en avait déjà parlé” 
  • Nier des événements : “Je n’ai jamais fait ça” / “Non, ça ne s’est pas passé comme ça” 
  • Minimiser vos réactions : “Tu exagères” / “Tu es trop sensible” 

À ça, on ajoute évidemment la culpabilisation, se victimiser, etc. mais restons dans la simplicité. Et bien sûr, quand on est multiple et que la personne qui manipule le sait, cela peut prendre des formes plus spécifiques : 

  • Exploiter les trous de mémoire ou l’amnésie : “Tu ne t’en souviens pas parce que c’est un autre alter qui l’a fait et pas toi” / “Avec tes problèmes de mémoire tu sais…”
  • Affirmer au nom d’un·e alter : “Bidule se sent comme ça en ce moment” (sans que ledit Bidule ait dit quoi que ce soit) / “Bidule m’a dit que tu …” 
  • Monter les alters les un·es contre les autres : “Machin m’a dit qu’il ne t’aimait pas” / “Truc te trouve cringe”  
  • Se déresponsabiliser par la multiplicité de la personne manipulée : “C’est tellement compliqué avec toi !” 
  • Culpabiliser le système : “Il a été méchant avec moi” / “Elle m’a fait du mal dans ton dos”

Bien entendu, tout peut être beaucoup plus subtil. 

Repère utile : il y a une différence entre se tromper et montrer un pattern. Les incompréhensions peuvent arriver, sans qu’il n’y ait de mauvaise volonté. Mais si le schéma se répète et laisse votre système dans le doute, la culpabilité ou la confusion (notamment sur sa propre perception de la réalité), il s’agit sans doute de manipulation et pas de maladresse.

Un petit outil simple et concret qui peut aider : observez comment la personne parle des alters, ou même du système en général, et posez-vous la question : si elle parlait comme ça d’une personne extérieure, d’un·e ami·e par exemple, comment ce serait perçu ? Est-ce qu’elle les instrumentalise ? Les décrit-elle d’une façon qui les discrédite ? Cherche-t-elle à les ridiculiser ? Ou au contraire, les reconnaît-elle comme légitimes, présentes, avec respect et sans hiérarchie ?

La façon dont quelqu’un parle de vos alters peut être un signe révélateur. C’est valable aussi pour sa façon de parler, selon ce qui l’arrange et ce qui ne l’arrange pas, d’autres personnes qui l’entourent.

Écouter les signaux internes

Votre système, votre corps, vos réactions et vos alters sont beaucoup de sources d’informations. En particulier quand il n’y a pas encore de mots pour décrire ce qui est perçu “intuitivement”. (J’ai même envie de dire “avant que la personne qui vous gaslighte ait mis des mots dans votre bouche à votre place / à la place de votre système”.)

On a parfois des alters qui se méfient d’une personne sans savoir pourquoi. Et bien sûr, on pense souvent qu’il s’agit d’alters qui sont plutôt… réactif·ves, voire irrationnel·les, trop méfiant·es. Pour autant, ça reste une information. Cette méfiance peut refléter une expérience passée, un pattern repéré de façon inconsciente, l’activation d’un besoin de protection (même si parfois trop vif ou trop intense dans son expression).

Une personne manipulatrice montrera d’abord son meilleur visage (et pourra d’ailleurs alterner entre son beau vernis et sa vraie nature). Vous aurez sans doute envie de lui faire confiance, et vous aurez probablement envie que l’ensemble du système en fasse de même (“mais cette personne est gentille, elle fait plein de trucs pour nous et cherche même à nous connaître !”). Souvent, ce n’est pas méchant, de vouloir créer une sorte de “consensus interne”, mais pour ces alters, ça peut être vécu comme du forcing. Essayez de vous dire que ces alters méritent d’être entendu·es et qu’il ne faut pas les “convaincre” de se taire, car ça ne ferait que renforcer leur réticence.

Au fur et à mesure, si la personne est réellement sincère et bienveillante, ces alters sauront apprendre à leur faire confiance. Mais si la méfiance persiste, même s’il n’y pas de possibilité de verbalisation concrète du pourquoi, prendre en compte ces signaux peut aider à conscientiser qu’il y a un problème.

Est-ce que vous vous sentez dissocié·es, confus·es, honteux·ses, coupables, tendu·es et surtout épuisé·es ou vides après certaines interactions avec la personne, sans vraiment savoir pourquoi ? Y a-t-il une agitation interne, une envie de switcher ou des switches inhabituels, ou même un sentiment diffus de “quelque chose cloche” ? Avez-vous envie d’avoir des comportements particuliers, parfois des comportements à risque (si c’est le cas, n’hésitez pas à chercher du soutien) ? Ressentez-vous comme une envie de fuir ou que ça s’arrête ?

Si oui, essayez de suivre ces états (notes, enregistrements vocaux, en parler à quelqu’un, …) pour vous aider à repérer des schémas. Vous pouvez juste noter votre état émotionnel / vos switches / ce que vous percevez du système et les circonstances sans besoin de grandes précisions si les mots ne peuvent pas expliquer ce qu’il s’est passé. S’il y a des interactions qui laissent systématiquement le système en état d’instabilité, ça finira par se remarquer dans vos notes.
(Info importante : gardez ces notes pour vous et en sécurité autant que possible.)

Construire une mémoire collective

Développer une mémoire partagée, c’est l’un des outils les plus efficaces pour ne pas dépendre d’une seule version des faits (que ce soit la vôtre ou celle d’un·e alter ou d’une partie du système… ou celle de la personne qui manipule). Alors évidemment, pour certains systèmes, ça parait impossible. Avec les amnésies ou les conflits internes, on peut être trop instables pour imaginer se faire confiance là-dessus. Mais peut-être que pour certains membres de votre système, ça peut être un objectif à essayer de mettre en place : servir de relai à la mémoire collective.

Vous pouvez utiliser toutes les techniques de communication que vous voulez. Vous pouvez avoir un journal de système, un document partagé, un serveur de conversation privé, des notes de téléphone, etc. Notez les événements importants, les conversations significatives, et les ressentis comme on en parlait plus haut. L’idée n’est pas de tout noter avec précision mais d’essayer d’avoir un fil auquel se raccrocher. Le système entier pourra y contribuer, ça aide à croiser les perceptions pour avoir une vision plus complète. 

D’ailleurs, après une interaction difficile, n’hésitez pas à prendre le temps de consulter le système. On peut clairement être dans un état de vieille serpillière, mais vraiment, ça peut aider. Certains membres du système ont peut-être perçu les choses différemment, parfois ça se contredit mais parfois ça se complète. Dans tous les cas, notez toutes vos vérités sans vous juger mutuellement. En plus, ça aide à sortir du flou de qui pense ou ressent quoi, qui peut être un gros mélange indistinguable quand on sort d’une discussion de 4h avec une personne manipulatrice : même sans pouvoir nommer, simplement noter “différents ressentis présents” peut aider à ramener de la clarté.

Et si possible, gardez des traces. Des notes après une conversation, des captures d’écran de messages, des résumés de situations, et ainsi de suite. Le but n’est pas de “prouver” quoi que ce soit, surtout pas à la personne qui gaslighte : elles sont là pour vous, pour votre mémoire et vos difficultés de perception. Quand le doute s’installe, quand vous ne savez pas si quelque chose s’est passé, vous pouvez y revenir.

  1. Essayez de vous protéger en gardant ça hors de portée de la personne qui manipule. Boite mail séparée, cloud avec un mot de passe unique, carnet physique dans une boite à clé, … Vous avez le droit d’avoir un espace privé de ce type, surtout si certain·es alters le veulent. Une personne respectueuse… respectera ce besoin, et vous pourrez la rassurer sur votre confiance à son égard d’une autre façon qu’en lui donnant accès à tout.
  2. Essayez de ne pas modifier vos notes, surtout pas pour “changer de perception” après une nouvelle discussion sur un sujet qui a été tendu. Vous pouvez préciser que vous en avez reparlé et que votre avis a changé, mais gardez vos notes précédentes au cas où. 

La cohésion de système

Un système qui se fait confiance est plus difficile à manipuler. La manipulation cible souvent les fractures, les aspérités : les conflits internes, les secrets, la mémoire qui flanche, le passé tumultueux qui a laissé des traces entre vous, les apparentes incompatibilités de caractères entre alters, les incertitudes, la dissociation. Elle se nourrit de ces divisions qui renforcent son pouvoir et son contrôle. 

La cohésion interne, se faire confiance en nous, s’écouter et se croire sont de vraies protections contre le gaslighting. Paradoxalement, c’est aussi la cible préférée de cette technique de manipulation. S’il vous plait, essayez de ne pas culpabiliser. Se sentir divisé·es, en froid, tout flou en interne après une interaction ou avoir des alters qui ne sont plus d’accord sur ce qui s’est passé peuvent être des signes de manipulation. 

Mais bien sûr, la cohabitation interne n’est pas toujours simple. Il y a des systèmes pour qui les relations internes sont vraiment difficiles. On peut avoir peur de certain·es alters, s’en agacer, ne pas les comprendre à un point très profond. Certain·es alters ont parfois fait de mauvaises actions, au moins par rapport aux valeurs du reste du système, ou ont parfois eu des conflits passés avec d’autres alters qui restent intenses et présents, voire traumatiques. Tout ça est complètement compréhensible. Pour autant, la cohésion interne n’est pas une utopie réservée aux systèmes qui s’entendent bien. Ce n’est pas simple, ça peut être long, c’est un chemin nébuleux et tumultueux, mais il est possible d’avoir au moins une sorte de vie commune tolérable ensemble. Souvenez-vous que c’est entre vous que vous traversez la vie… pour toujours. Votre système est ensemble, depuis le début et jusqu’à la fin. Et en plus, le meilleur moyen de faire face à la manipulation, c’est justement d’être soudé·es ^^ Il vaut mieux une forme de solidarité tremblante qu’un isolement qui s’accentue lentement mais sûrement, y compris en interne. 

Quelques pistes pour améliorer la cohésion, sans vouloir atteindre la perfection (c’est pas le but) : 

  • Aménagez-vous des petits moments de communication, checkez-vous en interne, même si c’est court et pas parfait 
  • Reconnaissez les désaccords comme des faits (“Bidule pense ceci, Machin pense cela”, sans déterminer si c’est Bidule ou Machin qui a raison), et idéalement ne les laissez pas être utilisés par l’extérieur
  • Ayez des petites attentions, essayez de prendre du temps ensemble sur des trucs sympa qui vous plaisent / qui plaisent à plusieurs d’entre vous 
  • Essayez de vous souvenir que votre état actuel peut changer, que le stress peut passer, que les conflits peuvent s’apaiser, et que vous avez un objectif (vous protéger) qui ne nécessite pas que vous soyez parfaitement coordonné·es, seulement que vous puissiez exister ensemble 

Petite note à certain·es alters qui se reconnaitront : on sait que vous voulez protéger, vos méthodes ne sont juste parfois pas entendables pour d’autres alters (que ce soit en se rebellant ou en pliant aux demandes de la personne qui manipule). Toutes vos réactions ont le droit d’exister et d’être entendues au sein de votre système, ne forcez pas les autres, quelle que soit la direction. Essayez de prendre des décisions ensemble avant que l’un·e de vous ne panique et choisisse seul·e. Soutenez-vous autant que possible même si vous ne vous comprenez pas, et courage ! 

Se faire confiance, croire en ses perceptions

La confusion ressentie lorsqu’on vit du gaslighting n’est pas la preuve que vous avez tort, que vous perdez la tête ou que vous ne pouvez pas vous faire confiance, elle peut au contraire être la conséquence de la manipulation. Un souvenir partiel, une impression, un malaise sans mot : ce sont des données et elles sont valides même si ce sont des perceptions fragmentées. L’amnésie ne fait pas de vous un témoin non fiable de votre propre vie. “Je ne me souviens pas” ne veut pas dire “Ça (n’)a (pas) eu lieu”. Mais c’est difficile de se faire confiance, c’est bien tout le problème de ce genre de manipulation, même quand on n’a pas de problème de mémoire ou de dissociation de base d’ailleurs.

Mais y a un truc important à garder : douter systématiquement de votre propre perception n’est pas un trait inhérent à la multiplicité. Ce n’est pas parce que vous êtes un système que vous doutez de vous. Même pas avec un trouble dissociatif, même avec la dissociation ou l’amnésie. En fait, le doute chronique est souvent le résultat direct d’une manipulation répétée : on vous a appris à ne pas / plus vous faire confiance, peut-être progressivement, et peut-être… il y a bien longtemps. Pour certaines personnes, c’est même avoir grandi dans la manipulation et le gaslighting qui ont amené à se développer en tant que système, pour répondre à différents besoins incohérents, etc. Et c’est ok de (re)tomber dans ces schémas même avec une autre personne : on survit, on suit les chemins qu’on connait, c’est normal, c’est fréquent, et encore une fois, c’est pas honteux ou culpabilisant. Ce sont des signes, c’est tout. Mais le doute en lui-même n’est pas une vérité sur votre fiabilité, seulement sur votre doute.

Quand le doute arrive, essayez de rester focus sur l’idée qu’il peut être un simple état et qu’il peut coexister avec l’action. “Je ne suis pas sûr·e de ce qui s’est passé, mais je me fais confiance même en ne sachant pas exactement”, “Tu as ta perception, j’ai la mienne, et tu as le droit d’avoir ta perception, tout comme moi”. Même sans certitudes.

S’aider de proches de confiance

S’entourer de personnes bienveillantes, c’est hyper important. Mais c’est souvent compliqué,  surtout quand on subit de la manipulation qui a plutôt tendance à isoler. Néanmoins, si vous avez la chance d’avoir cette ressource, ça peut vraiment aider à se sortir des méandres du gaslighting. À condition évidemment de tomber sur les bonnes personnes, avec une méfiance qui s’est peut-être accentuée de votre côté.

Quelques signes que votre proche peut être une personne de confiance :

  • Elle ne profite pas de vos amnésies pour réécrire les faits
  • Elle respecte votre système, même les alters qu’elle ne comprend pas ou ne connait pas
  • Elle facilite votre cohésion plutôt que de la compliquer
  • Elle ne cherche pas à “convaincre” les alters plus méfiant·es de lui faire confiance et ne les rejettent pas pour cette seule raison non plus, elle comprend que cette méfiance puisse exister et leur laisse du temps
  • Elle ne cherche pas à ce que vous n’ayez confiance qu’en elle et ses perceptions
  • Elle comprend et accepte que vous puissiez avoir des caractères, perceptions, souvenirs différents
  • Elle ne vous rend pas dépendante d’elle, elle ne se sent pas dépendante de vous
  • Vous vous sentez ok avec elle, autant que possible

Bref, allez-y en douceur si vous en ressentez le besoin. Maintenant, comment s’aider de proches de confiance quand on subit de la manipulation ? C’est souvent difficile pour les personnes extérieures de trancher ce qui s’est “vraiment” passé. Parfois, dans le gaslighting, même les proches sont aussi sous l’emprise de la manipulation. Du coup le but n’est pas vraiment d’inciter les proches à juger, parce que dans certains cas, ça pourrait vous retomber dessus ou vous déstabiliser encore plus. Le mieux, c’est simplement d’essayer d’accueillir leur bienveillance. Leur demander leur soutien, leur écoute, parfois une aide pour s’ancrer dans la réalité ou dans l’ici et maintenant ou pour garder vos notes et vos traces des événements ou vous aider à identifier des schémas éventuels, éventuellement vous soutenir dans votre cohésion interne si vous vous sentez en confiance.

Si vous êtes une personne proche de quelqu’un qui vit de la manipulation ou qui est sous emprise, s’il vous plait, soyez simplement présent·e. Sans jugement, sans chercher à convaincre. Même si vous savez qu’il y a du gaslighting, trop pousser la personne à partir peut la braquer (ou braquer une partie du système) et l’inciter à moins vous parler. Et oui, ça peut être très frustrant parfois et on peut avoir le sentiment qu’il faut insister pour que la personne “ouvre les yeux” et s’en aille, mais c’est tout le principe de l’emprise : il y a des mécanismes qui empêchent la personne de se protéger, même de choses qui paraissent évidentes pour un regard extérieur. 

Accueillez, laissez le temps au temps, soyez là dans les moments difficiles, et laissez la personne savoir que vous êtes là et que vous serez là. C’est parfois très compliqué et frustrant mais votre présence est déjà énorme face à l’isolement, les doutes et les sentiments d’être incompris·e que peut ressentir une personne “sous emprise” (ce terme est parfois déjà compliqué à encaisser).

Le soutien professionnel

Quand c’est accessible, une aide extérieure neutre et pro peut vous aider à démêler tout ce qui se passe. Mais là encore, il faut s’assurer de prendre quelqu’un de correctement formé aux manipulations, au gaslighting et à tout ce que ça implique, y compris les sentiments contradictoires. Une formation à la multiplicité est un plus mais c’est souvent difficile à trouver. Trouvez quelqu’un qui peut vous aider à différencier ce qui vient de vous et ce qui vient de dynamiques externes, mais surtout prenez quelqu’un de respectueux qui ne sera pas trop brusque avec vous (et avec votre système et ses membres peut-être plus sensibles, du coup).

Vous pouvez dire que vous avez plusieurs perceptions d’un événement avec la personne, que vos sentiments sont contradictoires, que vous êtes confus·es sur les raisons des conflits, etc. sans parler spécifiquement de multiplicité si ce n’est pas possible ou si ça ne vous met pas à l’aise. Prenez quelqu’un qui vous écoute et vous croit, et qui connait les schémas de manipulation. Ne forcez pas les alters qui ne souhaitent pas communiquer à le faire, laissez-leur du temps. Et pareil, si vous ne “sentez” pas la personne, écoutez votre intuition.

Conclusion

Bon, tout ça a l’air facile sur papier mais vraiment, ça peut être très compliqué. Pour faire un résumé :

  • La confusion que vous ressentez n’est pas une preuve que vous avez tort, elle peut être le signe d’une manipulation
  • Votre système est source d’informations, même s’il n’est pas parfait, même s’il est divisé, même si ça semble contradictoire
  • Prenez des notes, gardez des traces 
  • Laissez-vous le droit d’exister dans vos perceptions personnelles, laissez-les coexister si besoin
  • La cohésion interne et la mémoire commune sont deux clés, mais commencez petit si c’est vraiment difficile pour vous (et si c’est facile, ne vous en voulez pas de vous faire manipuler malgré tout ^^ je vous vois !)
  • Déculpabilisez, prenez les choses en l’état, acceptez vos doutes comme étant des doutes et non des faits

Tout ça est évidemment non exhaustif et dépend de vous, de votre vécu et de vos expériences. Mais c’est une petite base. En espérant que ça puisse vous aider au moins un peu ou vous aider à soutenir vos proches aussi si besoin. Vous n’êtes pas seul·es, vous pouvez exister et être cru·es ! Beaucoup de soutien à vous, sincèrement.

Ressources et liens utiles