[TPA] FAQ sur la pluralité

Article traduit de Power to the Plurals, écrit par le Stronghold System

Nous sommes le Stronghold Système et nous vivons avec un trouble dissociatif de l’identité. Nous nous identifions également comme Plurals parce que nous sommes des personnes, pas des parties. Avec une équipe formidable, nous dirigeons l’association sans but lucratif The Plural Association, qui comprend The Plural Warmline, ce site web, une chaîne YouTube sur la pluralité et notre communauté en ligne pour les multiples.

Ici, nous invitons toutes sortes de plurals à trouver une communauté et du soutien. Nous  discutons souvent avec des personnes qui expliquent qu’elles ne comprennent pas les différences entre la Pluralité et le TDI. Ou en quoi c’est similaire. Certaines personnes ne comprennent pas pourquoi nous essayons de rassembler les gens dans une même communauté et sous un même terme-parapluie. Nous espérons que cette FAQ permettra de dissiper une partie de la confusion et des questions (principalement sur le TDI) que les gens ont exprimées.  

Que signifie plural/multiple ?

« Toute personne qui s’identifie comme étant ou ayant plus d’un individu au sein d’un seul corps »

Plural (ou multiple) signifie simplement « être plusieurs ». Il s’agit d’un terme générique que les gens peuvent utiliser librement pour s’identifier. Il inclut toutes sortes de personnes et d’expériences. Y compris, mais sans s’y limiter, la façon dont la psychologie explique la multiplicité. Il n’indique pas non plus comment une personne est devenue multiple, ni si elle a un trouble ou est handicapée de quelque manière que ce soit. Être plural est une identité, une communauté, un terme-parapluie, une étiquette. Pas un niveau ou une destination à atteindre.

L’association sans but lucratif The Plural Association (TPA) définit la pluralité dans ses documents juridiques comme « toute personne qui s’identifie comme étant ou ayant plus d’un individu dans un seul corps ». Cependant, il est important de noter que ce site Web et l’association TPA accueillent également les personnes qui ne s’identifient pas au terme plural et que nous serons toujours respectueuxses et attentifves au langage que vous et votre système utilisez.

Quels sont les types de pluralités/multiplicités ?

Chaque système est différent et il existe de nombreuses étiquettes. Si vous êtes curieuxses de connaître les différents types de pluralités et les nombreuses et belles étiquettes créées, vous pouvez consulter ici les définitions des systèmes endogèniques, parogèniques, quoigèniques et bien d’autres encore : https://pluralpedia.org

Comment puis-je savoir si je suis plural/multiple ?

Si vous voulez découvrir par vous-même si vous êtes peut-être multiple, nous avons rédigé cet article.

Pourquoi une communauté et un terme-parapluie ?

Nous pensons sincèrement que les personnes qui ont un TDI et celles qui sont multiples de différentes manières peuvent apprendre beaucoup les unes des autres. Nous choisissons de regarder nos similitudes plutôt que nos différences. Et nous fournissons un espace le plus sûr et inclusif possible pour toustes où nous pouvons grandir et apprendre ensemble car  » ensemble, nous sommes plus fort-es « .

Les personnes concernées par le TDI ne méritent-elles pas leurs propres espaces ?

Oui, c’est certain. Je crois qu’un bon endroit pour cela est le cadre d’une thérapie. Ou les groupes de thérapie. Je pense qu’en dehors de cela, nous pouvons créer nos propres groupes de soutien entre pair-es, en ligne ou dans la vie réelle. Il existe de nombreux groupes sur Facebook pour le soutien des personnes souffrant uniquement de TDI. (Même si ce n’est pas pour le TDI diagnostiqué, qui appartient plus à un cadre thérapeutique).

AlterNation est un groupe Facebook où nous pouvons nous réunir et où nous sommes activement encouragé-es à apprendre les un-es des autres. Tant que nous pouvons le faire de manière respectueuse, je pense que c’est une opportunité incroyable.

Dans notre propre communauté en ligne, nous avons beaucoup plus de liberté et c’est pourquoi nous avons créé des groupes de soutien spécifiques. Il existe un groupe de soutien pour le TDI, un autre pour l’ATDS et un autre encore pour la pluralité.

La pluralité, est-ce nouveau ?

Nous savons que la pluralité (ou multiplicité), c’est-à-dire le fait d’être plusieurs, d’être multiple, existe depuis longtemps. Bien avant que la psychologie ne soit quelque chose. Le plus souvent décrit comme des expériences spirituelles par des mystiques non-occidentalaux. Nier que la pluralité existe en dehors de la psychologie est un effacement et un white washing. Le terme générique Plural existe depuis aussi longtemps que l’internet en général et existait probablement avant cela.

Y a-t-il une cause commune au fait d’être multiple ?

Avant, nous pensions qu’il y avait une cause commune au fait d’être gay, trans ou autiste par exemple. Il s’est avéré que ce n’était pas du tout le cas. Et cette désinformation et cette stigmatisation sont encore combattues aujourd’hui. Nous avons choisi de ne pas faire la même erreur en ce qui concerne la pluralité et de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’inclusion de toustes.

Qu’en est-il de l’identité individuelle et de la pluralité ?

Si nous suivons strictement le modèle médical du TDI/ATDS, alors nous sommes des parties de la personnalité et non de multiples personnes dans un seul corps. Vous pouvez vivre cela très différemment, tout comme nous. Nous avons écrit en détail sur l’identité de la personne dans la pluralité et le TDI/l’ATDS ici.

Que dit la science ?

Un sujet très débattu est de savoir si la psychologie est vraiment une science. Parce que la psychologie est constituée de théories. Nous savons que nous ne pouvons pas non plus prouver les expériences spirituelles. La conscience ne peut pas être mesurée et tant de choses ne peuvent pas encore être expliquées ou prouvées. La psychologie ne peut pas répéter une expérience et obtenir toujours les mêmes résultats. Elle ne peut pas le faire parce que toutes les personnes sont différentes. Même les médicaments qu’iels inventent ne donnent pas les mêmes résultats pour tout le monde.

Et l’étude par IRM qui montre le switch ?

Les alters/switch entre alters (headmates) sont visibles sur les scanners IRM chez les personnes ayant un TDI et non chez les acteurices le simulant. Mais cela n’équivaut en aucun cas aux systèmes plurals non-TDI. Comme les mêmes expériences ne sont pas faites avec les systèmes multiples endogènes, spirituels ou autres.

Le DSM mentionne-t-il la multiplicité ?

Oui, mais pas avec ce mot. Le DSM-5 mentionne souvent les cas de multiplicité culturelle et religieuse. Il les exclut du diagnostic du TDI. Mais cela n’invalide en rien l’existence ou l’expérience de ces personnes. Alors pourquoi le ferions-nous ?

Le DSM-4 était encore plus clair sur ce sujet et parle même d’expériences communes et acceptées d’activités culturelles ou d’expériences religieuses [spirituelles] dans de nombreuses sociétés qui, le plus souvent, ne sont pas pathologiques et ne conduisent pas à une détresse significative.

Le DSM indique-t-il que le TDI est causé par un traumatisme ?

Le DSM-5 décrit que les expériences éprouvantes, les événements traumatisants et/ou les abus pendant l’enfance sont associés au TDI. Il ne dit pas qu’il est causé par un traumatisme. Le traumatisme ne fait pas non plus partie des critères de diagnostic du TDI. Oui, la recherche montre que la plupart du temps (sinon la totalité), le TDI est associé à des traumatismes. Mais les personnes présentant des formes de pluralité non causée par un trouble n’ont pas de TDI et ne suivent pas de thérapie (pour le TDI) et ne font donc pas l’objet de recherches/études. Elles ne veulent pas non plus (pour la plupart d’entre elles) être étudiées.

Et les critères du DSM ?

Le critère A stipule que nous pouvons signaler nous-mêmes des signes et des symptômes (“états de personnalité”, ou parts). Comme expliqué ci-dessus, le traumatisme n’est pas un critère de diagnostic. J’en conclus que tout le monde peut signaler soi-même “avoir des parts”, qu’il s’agisse d’un TDI ou non. Il est également inutile de nier l’expérience (interne) de quelqu’un-e. Il est également expliqué dans le critère D que les expériences spirituelles ou culturelles de multiplicité excluent un diagnostic de TDI. Cependant, il ne dit pas que ces personnes ne sont pas plusieurs ou, pour reprendre leurs termes, qu’elles n’ont pas des “parts” auto-rapportées.

On pourrait même argumenter (pour s’amuser) que le critère E implique qu’une personne ne peut faire l’expérience de parts qu’en étant sous influence de substances. Mais bien sûr, cela exclut également un diagnostic de TDI. Mais encore une fois, cela ne signifie pas que ces personnes n’ont pas de parts auto-rapportées. Cela ne signifie pas non plus qu’elles ont un trouble ou sont handicapées. Donnez du pouvoir aux gens, croyez-les et ne leur collez pas d’étiquettes auxquelles ils ne s’identifient pas, car vous n’êtes pas leur thérapeute. (Si vous êtes leur thérapeute, bravo à vous d’avoir lu ceci).

Devons-nous parler de nos traumatismes aux nouvelles personnes ?

Suggérer ou, pire encore, exiger que le traumatisme fasse partie de l’expérience multiple est contraire à l’éthique et n’est vraiment pas apprécié dans nos communautés car c’est suggestif et contrôlant. C’est une chose que les thérapeutes sont invité-es et formé-es à ne pas faire. Alors qui sommes-nous pour le faire ? Dans le cas du TDI, pendant toutes ces années, les protecteurices ont travaillé dur pour garder tout ça secret. Ce n’est jamais à nous de divulguer cette information. Cela pourrait submerger les personnes concernées et nous ne pouvons pas aider les gens en crise. C’est pour ça qu’il y a eu des procès dans les années 90. Ne répétons pas ces erreurs. Il se pourrait aussi très bien que quelqu’un-e rejoigne un groupe TDI mais soit plural. Il est donc plus sûr et plus éthique de ne pas faire de supposition.

Certains systèmes sont donc exempts de traumatismes ?

Peu de gens dans ce monde n’ont pas de traumatisme. Et encore moins sans « expérience éprouvante ». Le fait que certain-es plurals affirment que le traumatisme n’est pas à l’origine de leur multiplicité ne signifie pas que ces plurals ou toustes les (sous-groupes de) plurals n’ont jamais connu de traumatisme (dans leur enfance). Prétendre le contraire est tout aussi faux que d’exiger ou de suggérer un traumatisme.

Les plurals créent-iels volontairement des alters ?

Bien qu’il y ait des personnes qui ont créé ou invité leurs alters (headmates) et/ou leur pluralité intentionnellement, la plupart des plurals découvrent qu’iels sont plusieurs de la même manière que nous avons découvert que nous avions un TDI. Iels ne peuvent pas arrêter leur multiplicité ou leurs switch, mais ne le vivent pas non plus comme une intrusion, comme certain-es d’entre nous atteint-es de TDI. Comme leur expérience multiple n’est pas issue d’un trouble, le plus souvent iels ne souffrent pas d’amnésie et/ou n’éprouvent pas de détresse ou d’incapacités dans des domaines importants du fonctionnement. Mais tout comme les personnes atteintes de TDI, la plupart d’entre elles ne peuvent pas faire disparaître leurs alters (headmates).

Nous avons beaucoup écrit sur le fait que la multiplicité non causée par un trouble n’est pas un trouble factice ici.

Existe-t-il une Plural Pride Day ?

Oui ! Elle a lieu chaque année pendant la troisième semaine de juillet et est célébrée pendant la Plural Acceptance Week. Toutes les personnes multiples et les allié-es sont les bienvenu-es ! Vous trouverez plus d’informations sur le site Plural Events.

Comment les allié-es peuvent aider les personnes multiples ? 

Les allié-es peuvent aider au mieux les personnes multiples en écoutant et en posant des questions appropriées aux alters (headmates) des systèmes si et quand iels se présentent. Tout le monde est différent, ce qui entraîne des désirs et des besoins différents dont il faut tenir compte. Assurez-vous de traiter les membres du système de manière appropriée (en fonction de leur âge). Soyez respectueuxses et s’iels partagent cette information, assurez-vous d’utiliser le(s) nom(s) et les pronoms corrects. Sachez que le switch coûte de l’énergie, acceptez un non comme réponse et n’insistez pas sur les détails.

Soyez bienveillant-e, compréhensifve, patient-e et aidant-e lorsque vous savez qu’une personne souffre d’amnésie, de perte de compétences ou de mots ou qu’elle passe rapidement d’un-e membre à l’autre. Ne touchez pas les gens sans leur consentement et aidez-les à se rappeler où (lieu) et quand (année) iels sont, au cas où vous trouveriez quelqu’un-e en crise. Rappelez-leur qu’iels sont plus fort-es ensemble et qu’iels peuvent mieux se protéger les un-es les autres. Encouragez-les et renforcez leur confiance en elleux dès que vous en avez l’occasion. La principale chose à éviter est d’obliger quelqu’un-e à vous prouver qu’iel est en crise, que la situation est suffisamment grave ou qu’iel a d’abord essayé toutes les autres options.

Comment pouvons-nous aider ?

S’il vous plait, dites aux Plurals (quelle que soit l’étiquette qu’iels utilisent) que nous existons ! Notre association à but non lucratif vient d’être créée et nous avons besoin que les multiples parlent de nous à d’autres multiples.

Êtes-vous Plural ? (Quelle que soit l’étiquette que vous utilisez), inscrivez-vous comme bénévole.

Si vous en avez les moyens financiers, pensez à faire un don pour nous permettre de créer davantage de ressources et de continuer à fournir nos nombreux autres services, notamment la ligne d’écoute (The Plural Warmline), où les systèmes et leurs alters (headmates) peuvent appeler, discuter ou envoyer des mails à des bénévoles pair-es aidant-es Plurals formé-es, et ce gratuitement !

The Plural Association ne reçoit aucune subvention gouvernementale ou autre et dépend entièrement du soutien de la communauté et des allié-es. Chaque don, petit ou grand, est utile. Nos options de don commencent à seulement 3 dollars et notre équipe est entièrement composé-es de bénévoles. Ensemble, nous empouvoirons plus de plurals, merci !

Comment pouvons-nous aider à défendre les droits des personnes ayant un TDI et des plurals ?

Il y a beaucoup de choses à faire. Vous pouvez contribuer à diffuser des informations correctes en partageant des articles, des infographies et des ressources provenant de divers militant-es et activistes. Vous pouvez aborder la question de la stigmatisation et des idées idées lorsqu’elles se présentent, même si vous ne savez pas s’il y a des personnes multiples ou d’autres personnes multiples dans la pièce.

Vous pouvez commenter et donner votre avis sur des articles, des vidéos et d’autres travaux réalisés par des plurals afin d’obtenir un engagement maximal et de stimuler leur travail sur les plateformes de médias sociaux. Si vous avez peur d’être reconnu-es, vous pouvez envisager de créer un profil uniquement pour les activités plurals.

Vous pouvez participer à la Plural Acceptance Week et à la Plural Pride Day.

Ou participer à la Journée de sensibilisation au TDI du 5 mars. 

Une bonne chose à suivre est la Plural Positivity World Conference, organisée par plural events et gérée par The Plural Association. Chaque année, l’inscription est ouverte aux nouvelleaux orateurices (multiples) !

Vous pouvez collaborer avec des ami-es (multiples), encourager d’autres plurals, faire quelque chose au niveau local ou diffuser la Plural positivity par d’autres moyens. Partagez d’autres choses que les gens peuvent faire dans la section des commentaires et inspirez-vous mutuellement ! Si possible, vous pouvez faire une contribution financière pour soutenir ce mouvement et cette communauté.

Trois points principaux à aborder lorsqu’on parle du TDI ou de la pluralité avec quelqu’un-e :

1. C’est réel.

2. Les personnes atteintes de TDI ne sont pas dangereuses, au contraire les statistiques montrent que les personnes atteintes de maladies mentales graves ont 10 fois plus de risques d’être victimes de crimes violents par rapport à la population générale. Les plurals ne sont pas non plus comme dans les films.

3. Partagez que la multiplicité n’est pas rare, 3,7% de 31 000 étudiant-es universitaires sont concerné-es par le TDI selon une étude d’avril 2019.

Existe-t-il d’autres ressources comme celle-ci ?

Oui, nous disposons de nombreux articles pédagogiques et nous en publions fréquemment de nouveaux.

Nous avons également une section ressources sur notre site Web qui est mise à jour avec de nouvelles ressources comme celle-ci.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette FAQ sur la pluralité. N’hésitez pas à laisser des commentaires ou des réactions dans la section réservée aux commentaires. Nous espérons que vous avez appris quelque chose de nouveau. Si vous souhaitez soutenir notre travail, nous acceptons les dons. – Ensemble, nous sommes plus fort-es. Power to the Plurals !

Article original : https://powertotheplurals.com/faq-resource-about-plurality/