[TPA] Tout sur l’Autre Trouble Dissociatif Spécifié (ATDS) – une explication relative à l’ATDS-1A et à l’ATDS-1B

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Article traduit de Power to the Plurals, écrit par le Stronghold System

(Note : le TDNS évoqué dans l’article est celui du DSM-IV, en anglais DDNOS, et non pas celui du DSM-V, en anglais UDD, qui porte le même nom.)

Introduction 

Chère communauté, aujourd’hui nous sommes fièr-e-s de présenter ce travail sur lequel l’équipe de la Plural Association, en collaboration avec la communauté médicale et la communauté plurielle, a travaillé très dur. Sachez que les recherches pour cet article n’ont pas été faites en un jour, et qu’il n’a pas été écrit en un jour. Nous avons mis toute l’assiduité nécessaire dans ces recherches afin de présenter des informations correctes à la communauté. 

Cette lettre et cet article sont accompagnés d’une vidéo que nous avons créée, dans laquelle nous avons invité le Alexandrite System, un système ATDS, à partager leur expérience de vie avec l’ATDS. Nous avons aussi parlé ensemble de cette lettre et de cet article.

La vidéo est déjà incluse dans l’article. Nous ne lisons pas la lettre ni l’article dans la vidéo, alors nous vous conseillons fortement de lire cet article en premier et d’ensuite regarder la vidéo. 

[Vidéo The Tea about OSDD1A & 1B]

Équipe

Auteurice : Stronghold et al.

Chercheureuse : Thirteen et al.

Éditeurice : Laura Puddefoot (le Elephant Journals System), membre de l’ISSTD. Nathan.

Relecteurices de la communauté : Luna System, Alexandrite System, Radio Collective, les Crisses.

Relecteurices du milieu médical : Jamie Brazell, maîtrise en éducation (M. Ed), thérapeute conjugale et familiale agréée (LMFT), formatrice certifiée de Scrum (CST).

Heather Scarboro, maîtrise en éducation (M. Ed), psychologue clinicien-ne (LCMHC), addictologue (LCAS), thérapeute national-e certifié-e (NCC), membre de l’ISSTD.

Lettre

Chère communauté, 

Je veux vous faire part de mes inquiétudes concernant les fausses informations qui ont été propagées dans notre communauté. Comme j’ai participé à répandre ces informations, j’ai décidé de vous écrire aujourd’hui. Pas pour remettre en cause votre identité mais pour corriger les fausses informations qui se sont propagées à propos de l’ATDS.

Les recherches (pas encore évaluées par des pairs) menées dans le cadre d’une méta-analyse de 98 études (qui ont été, elles, pour la plupart, évaluées par des pairs) ont montré que chez 31.000 étudiant-e-s du supérieur, le TDI avait une prévalence de 3,7%, tandis que l’ATDS montrait une prévalence de 4.5% (Kate et al., 2019).

Origines de la terminologie des ATDS-1A et ATDS-1B

Avant aujourd’hui, dans la communauté (en ligne) consacrée au TDI/ATDS, l’ATDS-1A était décrit comme la présence d’amnésie sans parties et l’ATDS-1B comme la présence de parties sans amnésie. 

Je veux commencer cette lettre en vous expliquant que je ne fais pas remarquer cela parce que vous avez tort de quelque manière que ce soit ou parce que vous ne vivez pas vraiment ce que vous vivez. Votre expérience plurielle est valide quelle que soit l’étiquette que vous utilisez. Je n’écris pas ceci parce que vous ne pouvez pas ou ne devriez pas vous identifier aux étiquettes auxquelles vous vous identifiez – il s’agit de votre choix. Comme vous le savez sûrement, nous pensons sincèrement qu’il est bon d’utiliser, pour décrire votre expérience de la Pluralité, les mots qui vous semblent les plus appropriés pour votre système. Très souvent, la terminologie médicale ne correspond pas assez bien à notre expérience – même si nous nous identifions aussi à ces étiquettes.

Cependant, nous nous sommes exprimé-e-s lorsque des personnes ont dit, dans le passé, qu’elles avaient reçu un diagnostic de dissociation structurelle. Cela est impossible, car il ne s’agit pas d’un trouble – c’est une théorie. Donc, j’écris cette lettre pour vous expliquer que vous pouvez vous identifier à l’ATDS-1A et à l’ATDS-1B mais que vous pouvez uniquement être diagnostiqué-e ATDS – pas ATDS-1A ou -1B. Il s’agit de concepts inventés par un site (non-clinique) appelé did-research.org. Il y a plus d’un mois (à l’époque de la rédaction de l’article d’origine, NdT), The Plural Association a contacté ce site en demandant une réponse à notre lettre. Malheureusement, pour l’instant, iels ont choisi de ne pas répondre. 

Ces étiquettes ne sont pas dans le DSM ou publiées par d’autres sources fiables. Il n’y a pas d’articles scientifiques sur Google Scholar. La majorité des autres bases de données qui offrent des articles fiables et publiés ne donnent absolument aucun résultat lorsque l’on cherche « ATDS1A » ou « ATDS1B ». Le site internet did-research.org présente ces informations comme si elles étaient basées sur des faits. Ce n’est pas le cas. Cette lettre et cet article vont expliquer pourquoi. 

Si vous voulez toujours vous identifier à l’ATDS-1A ou à l’ATDS-1B, c’est tout à fait acceptable et vous en avez le droit. Ces étiquettes ne font peut-être pas partie de la terminologie clinique, mais dans la catégorie générale de la Pluralité, tout système peut adopter la ou les étiquettes auxquelles iel s’identifie. Nous savons et reconnaissons que des communautés entières ont été construites autour de ces concepts. Malgré tout, nous pensons que vous avez le droit de connaître la vérité derrière ces étiquettes et leurs origines.

Article

La seule source pour l’ATDS-1A et l’ATDS-1B est un site appelé did-research.org. Si vous regardez dans les notes de bas de page, elles montrent que les informations viennent de deux sources :

La première parle du Trouble de la Personnalité Multiple : Dell, P. F. et O’Neil, J. A. (2009). The long struggle to diagnose multiple personality disorder (MPD) : Partial MPD. (Le long combat pour diagnostiquer le trouble de la personnalité multiple (TPM) : le TPM partiel.) Dans Dissociation and the dissociative disorders: DSM-V and beyond. (La dissociation et les troubles dissociatifs : le DSM-V et au-delà.)

Le second parle de la théorie de la Dissociation Structurelle : Hart, O., Nijenhuis, E. R. S et Steele, K. (2006). Le soi hanté : Dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique. New York : W. W. Norton. (Du Boeck Supérieur pour la version française.)

La théorie de la dissociation structurelle sur l’ATDS / TDNS 

Comme vous le savez peut-être, l’auteur de la théorie de la dissociation structurelle a perdu son droit d’exercer après avoir maltraité une patiente avec sa théorie pendant 21 ans. (Stronghold, 2020)

Dans le second livre, nous voudrions attirer votre attention sur la partie où les auteurices disent que le TDNS est une forme moins sévère du TDI :

Figure 1 : Théorie de la Dissociation Structurelle 

En lisant Le soi hanté (2012), nous pouvons voir que l’ATDS (OSDD en anglais) n’est pas mentionné. 

Figure 2 : Le soi hanté 

Figure 3 : Le soi hanté 

En revanche, nous voyons que le TDNS est mentionné 38 fois même s’il était déjà su qu’un an plus tard, le DSM-V retirerait le TDNS et le remplacerait par l’ATDS. 

Figure 4 : Le soi hanté 

Il semblerait que le site did-research.org ait changé les instances des TDNS-1A et -1B en ATDS-1A et -1B. Depuis, les gens ont pris les descriptions de l’ATDS dans le DSM et les ont coupées en deux. Ce n’est pas ce qui est écrit dans le DSM.

Le DSM montre des exemples d’ATDS

Le DSM-V dit, « Syndromes chroniques et récurrents de symptômes dissociatifs mixtes » (Association américaine de psychiatrie, 2013), pas de présence d’amnésie, perturbations de l’identité associées à des failles non graves dans le sens du soi et de l’agentivité, ou à des altérations de l’identité ou à des épisodes de possession, pas l’un ou l’autre. 

Figure 5 : DSM-V (Association américaine de psychiatrie, 2013)

Comment le TDNS-1A et le TDNS-1B étaient décrits dans le DSM-IV

Ce n’est pas ainsi que le TDNS-1A et le TDNS-1B étaient décrits. Après davantage de recherches, nous avons découvert que les TDNS-1A et -1B n’étaient également que des exemples — pas un diagnostic :

Figure 6 : DSM-IV (Association américaine de psychiatrie, 2000)

Si vous voulez vous réapproprier le diagnostic (qui n’existe plus désormais) de TDNS et/ou si vous avez été diagnostiqué-e avant 1994, vous avez le droit de choisir de vous identifier ainsi et cela rentre bien sûr dans la catégorie de la pluralité. En revanche, si vous ne connaissiez pas cette information, nous voulions vous tenir informé-e de cela.

Nous, The Plural Association, voulions aussi déclarer que nous n’utiliserons plus la terminologie des ATDS-1A et -1B. Nous pensons que ce vocabulaire peut être néfaste en représentant et en gérant mal la communauté dans sa globalité. L’information donnée était incomplète, car elle ne devait être utilisée que comme exemple — pas comme un trouble qui puisse être diagnostiqué.

La Plural Association utilise toujours la classification et le langage avec lesquels le système auquel nous parlons se sent le plus à l’aise, et bien sûr nous le ferons aussi au sujet des ATDS-1A et -1B. En revanche, dans nos articles et nos autres écrits, nous utiliserons à la place (comme le fait le DSM) le mot ATDS, sans rajouter d’exemple ou de chiffre. Nous discuterons de l’importance de ces exemples — mais pas en tant que critère de diagnostic. Cela ne veut pas dire que vous devez faire la même chose, mais nous ne voulons plus prendre part à la diffusion de cette mauvaise information. 

Ce que le DSM-V explique vraiment sur l’ATDS

Comme vous pouvez le voir, le DSM-IV indique clairement que 1, 2, 3 et 4 sont des exemples de façons dont se présente l’ATDS. Il ne s’arrête pas à ces quatre exemples. Ce ne sont pas des critères diagnostics pour l’ATDS. Il n’y qu’un code dans le DSM-V pour diagnostiquer l’ATDS, et il s’agit du code 300.15. Il n’est pas possible d’ajouter un des exemples (1, 2, 3 ou 4) en tant que diagnostic. Le seul diagnostic possible selon le DSM-V est l’ATDS. 

Avec l’aide de travailleurs de soutien pluriel-le-s et de psychologues agréé-e-s, nous avons essayé de découvrir la vérité afin que vous ayez accès aux bonnes informations. 

En guise de preuve supplémentaire, le DSM-V donne sept exemples, pas seulement les quatre de l’édition précédente. 

Figure 7 : DSM-V (Association américaine de psychiatrie, 2013)

Figure 8 : DSM-V (Association américaine de psychiatrie, 2013)

Sources

Association américaine de psychiatrie (2000). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4ème édition, texte révisé)

Association américaine de psychiatrie (2013). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5ème édition)

Did-research. (2020) Other Specified Dissociative Disorder. (L’autre trouble dissociatif spécifié.) did-research. https://did-research.org/comorbid/dd/osdd_udd/

Dell, P., and O’Neil, J. (2009). The long struggle to diagnose multiple personality disorder (MPD): Partial MPD. (Le long combat pour diagnostiquer le trouble de la personnalité multiple (TPM): le TPM partiel.) Dans Dissociation and the dissociative disorders: DSM-V and beyond, 383 (La dissociation et les troubles dissociatifs : le DSM-V et au-delà.)

Kate, M., Hopwood, T., and Jamieson, G. (2019) The Prevalence of Dissociative Disorders and dissociative experiences in college populations: a meta-analysis of 98 studies. (La prévalence des troubles dissociatifs et des expériences dissociatives chez les étudiants du supérieur: une méta-analyse de 98 études.) Journal of Trauma and Dissociation. (Journal du trauma et de la dissociation.) 4(29)  

Stronghold et al,. (2020) Why the theory of structural dissociation is ableist. (Pourquoi la théorie de la dissociation structurelle est validiste.) The Plural Association. https://powertotheplurals.com/why-the-theory-of-structural-dissociation-is-ableist/

Van der Hart, O., Nijenhuis, E., and Steele, K. (2006). Le soi hanté : Dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique (2017 pour la traduction française). Du Boeck Supérieur.

Appendice A. Lettre de soutien

27 septembre 2020

À qui de droit,

Je suis thérapeute agréé-e et membre de l’ISSTD (International Society for the Study of Trauma and Dissociation, Société internationale pour l’étude des traumas et de la dissociation). Mes domaines de spécialité sont les troubles dissociatifs, les troubles d’origine traumatique, et les troubles anxieux. Je vous écris aujourd’hui pour encourager le soutien de la considération et de la révision des diagnostics non-cliniques d’ATDS-1A et d’ATDS-1B. 

En tant que psychologue clinicien-ne, un diagnostic d’ATDS-1A ou -1B serait contraire à l’éthique car il s’agirait d’un diagnostic erroné, comme le stipule le code d’éthique :

« Le code d’éthique de l’American Counseling Association (Association américaine des psychologues) (ACA), section E, exige que les psychologues fassent très attention à délivrer le diagnostic correct pour les troubles mentaux de la manière correcte. »

Il est tout à fait acceptable pour des individus et des systèmes de s’identifier à L’ATDS-1A ou -1B ; en revanche, ces termes ayant été créés d’un assemblage non-clinique de critères dans le DSM-IV, ils ne sont pas cliniquement appropriés actuellement dans le DSM-V.

J’écris aussi pour soutenir le travail que fait The Plural Association au nom de tou-te-s celleux qui vivent avec un trouble dissociatif. Cette association à but non-lucratif a créé une multitude de contenus d’éducation psychologique et psychiatrique et apporté un soutien à celleux qui en ont besoin. J’oriente souvent des patients et des collègues vers leurs ressources. 

Merci de m’avoir lu-e. N’hésitez pas à demander davantage d’informations si nécessaire. 

Cordialement, 

Heather Scarboro, maîtrise en éducation (M. Ed), psychologue clinicien-ne (LCMHC), addictologue (LCAS), thérapeute national-e certifié-e (NCC), membre de l’ISSTD.

Propriétaire/Psychothérapeute Healing Selves Therapeutics, PLLC 

Article original : https://powertotheplurals.com/osdd/

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