[TPA] Les abus rituels et la programmation: infos et bonnes pratiques pour soutenir les survivant-es de (s)RA

Articles traduits de Power to the Plurals, écrits par le Stronghold System

Avertissements de contenu : explications programmation, abus rituels ; mention de drogue, viol, abus, possession, sectes et cultes, … (rien d’explicite).

Qu’est-ce que la programmation ?

La programmation :

La programmation varie en fonction du groupe d’agresseureuses avec lequel on grandit. La programmation est très souvent liée aux RA/SRA. Mais pas toujours. La programmation commence souvent dans la petite enfance. Bien que je puisse personnellement témoigner que cela fonctionne aussi bien sur un-e enfant de plus de 12 ans qui a déjà un trouble dissociatif de l’identité. Peut-être avons-nous été programmé-es avant cela, mais nous n’en avons aucun souvenir ou preuve (mais nous avons encore 9 sous-systèmes inconnus). 

Certaines organisations/abuseureuses engagent des programmeureuses professionnel-les, parce qu’iels ne peuvent pas le faire (aussi bien) elleux-mêmes. D’autres ont des personnes dans leur secte ou réseau spécialisées dans ce domaine. D’autres encore utilisent la technique consistant à apprendre aux membres du système à programmer en interne, souvent en leur faisant croire/en les transformant en robots. La programmation est toujours utilisée pour contrôler la victime. La programmation peut servir à beaucoup de choses, par exemple à réduire au silence, à créer de nouvelleaux alters ou mondes intérieurs dans une personne plural, à retourner vers l’agresseureuse, à être incapable de manger, de prendre des médicaments ou de se souvenir. La programmation est souvent, mais pas toujours, liée à des dates. Comme une date de naissance, de mariage ou de vacances. Mais elle peut aussi être totalement aléatoire et n’avoir aucun sens (jusqu’à ce que vous découvriez 20 ans plus tard que c’est en fait la date de …. ).

Comment font-iels ?

Je ne vais évidemment pas en dire plus que nécessaire. L’élément de base est le traumatisme. Une fois le traumatisme induit, le cerveau libère des substances chimiques qui contournent l’esprit critique, ce qui est parfois comparé à un état d’hypnose, mais l’état d’hypnose ne contient PAS les hormones libérées par le traumatisme ! Ce n’est pas la même chose. Très, très souvent, les drogues sont utilisées. Des drogues qui ouvrent l’esprit et sédatent. Elles sont souvent administrées directement en intraveineuse. Une fois que le cerveau est dans le bon état d’esprit, lae programmeureuse donne des tâches au subconscient et le connecte souvent à différent-es alters, différents mondes intérieurs ou même des objets à l’intérieur (parfois appelés horcruxes de nos jours). Souvent, un programme est lié à un-e alter et des répercussions sont mises en place si la programmation n’est pas suivie. La secte dans laquelle nous étions personnellement utilisait le waterboarding comme technique principale. D’où notre peur terrible de l’eau. Nous ne pouvons même pas la boire. Il y a des techniques de programmation très connues que n’importe qui peut rechercher, parce que le gouvernement américain les a publiées. Ou du moins une partie d’entre elles. Nous ne saurons jamais s’iels ont tout publié, mais probablement pas. Je fais surtout référence à des projets comme M***K Ult*ra et M*ckingb*rd. Des traumatismes sévères, des chirurgies cérébrales, des drogues et bien d’autres choses encore ont été utilisées dans ces projets qui ont été développés en Allemagne juste avant/pendant la seconde guerre mondiale. Puis les États-Unis ont accueilli ces scientifiques dans leur pays. Ce n’est pas une théorie du complot, vous pouvez trouver toute la documentation officielle sur ce sujet par le gouvernement américain en ligne. Iels l’ont publié elleux-mêmes. Non, je ne partagerai pas les liens vers ces documents. 

Qu’est-ce que ça fait quand la programmation s’arrête ?

Quand la programmation s’arrête, parfois le reste du système s’arrête, mais pas toujours. Cela dépend de la programmation et de la guérison que le système a été capable de faire. On a l’impression que rien d’autre ne compte ou n’existe à part la tâche à accomplir. On a l’impression d’avoir des pensées et des actions intrusives. Souvent, lorsque la programmation se déclenche, le corps se souvient et, par conséquent, certaines de ces substances chimiques ou hormones sont libérées par le cerveau. C’est un mécanisme de protection (qui ne fonctionne pas très bien). Le brouillard cérébral qui en résulte rend extrêmement difficile de voir ce qui se passe et de combattre et arrêter la programmation. La compulsion que l’on peut ressentir peut être insupportable. Aller à l’encontre de cette programmation est souvent physiquement douloureux. Pendant la guérison, nous pouvons nous rendre compte de ce qui se passe, mais nous sommes encore incapables de l’arrêter. C’est l’étape la plus difficile pour de nombreux systèmes programmés. La programmation peut être déclenchée par une date, un mot/son/punition/sujet, un goût, une odeur ou quelque chose de visuel comme un signal ou des lumières (colorées). Dans certains systèmes, la programmation peut également être déclenchée en touchant certains endroits du corps. Tout bon programmeur a programmé des déclencheurs combinés. Ainsi, par exemple, nous éprouvons toustes un sentiment de malaise intérieur lorsque nous entendons le mot « viol ». Cela ne signifie pas que vous êtes programmé-e. Mais si vous entendez le mot « viol », que vous continuez à voir X partout et que vous entendez des messages répétés à l’intérieur de vous pour faire XYZ, cela peut être une programmation. La programmation en un mot ou la programmation non combinée est également un danger pour la secte/abuseureuse/programmeureuse. (parfois appelé-e handler) et donc très peu probable.

Comment savoir si vous êtes programmé-e :

La meilleure façon de savoir si vous êtes programmé-e est de tenir un journal avec vos alters. Avez-vous remarqué que vos jours de panique sont à la même date chaque année ? Vous pouvez le demander carrément à l’intérieur ou sur papier. Vous pouvez aussi le remarquer à travers les rêves, les flashbacks et les abréactions. La vérité se trouve en vous, pas à l’extérieur de vous. Et la clé pour la guérir aussi.

Comment se guérir de la programmation :

Déprogrammation par Stronghold System

Bonnes pratiques pour soutenir les survivant-es de RA

Il est évident que cet article est accompagné d’un avertissement de contenu pour toustes les (potentiel-les) survivant-es d’abus rituels. Veuillez prendre soin de vous et demandez à vos protecteurices de rester près de vous pendant que vous lisez ceci.

L’abus rituel (RA, pour ritual abuse en anglais) est un abus délibéré, répétitif et ritualisé par nature, souvent lié à des dates spécifiques. Lorsque ce type d’abus se produit dans un contexte de groupe et/ou lorsque plusieurs groupes y participent, nous parlons d’une date de traumatisme collectif (collective trauma date). Souvent, mais pas toujours, ces dates correspondent à des fêtes. Beaucoup d’entre nous, survivant-es de RA, se retrouvent dans des safe places TDI et Plural. Voici un guide des meilleures pratiques rédigé par des survivant-es de RA dans l’espoir d’apporter plus de compréhension à la communauté TDI et Plural.

  • Traumatisme collectif : Tout peut être un trigger pour n’importe qui. Mais nous savons que les survivant-es de RA partagent souvent des déclencheurs collectifs. Il s’agit souvent d’émoticônes, de couleurs, de chiffres, de dates, de sujets spirituels et/ou religieux et/ou occultes, de films, d’histoires, de rimes et de comptines d’enfance. Les anges, les démons, la possession et les cultes sont également extrêmement trigger pour certain-es survivant-es de (s)RA. Évitez ces sujets lorsque vous savez que vous interagissez avec des survivant-es de RA.
  • (s)RA : Les survivant-es de (s)RA partagent des traumatismes collectifs et des dates avec des survivant-es de RA. Mais ils partagent aussi d’autres traumatismes collectifs et des dates ensemble. Le s dans (s)RA signifie satanique.
  • Fêtes (jours fériés, vacances, … ) : Évitez autant que possible de mentionner les fêtes par leur nom. Il est préférable d’utiliser un substitut, comme le jour où les enfants se déguisent et ramassent des bonbons. Tout le monde (en Occident) saura ce que vous voulez dire, mais cela évite peut-être de déclencher quelqu’un-e. Sachez que les dates de traumatisme collectif ou les jours fériés n’affectent pas toustes les survivant-es de RA. Laisser entendre le contraire est dangereusement suggestif !
  • Ne demandez pas de preuves ! Vous n’êtes pas la police. Nous ne sommes pas au tribunal. Nous n’avons pas à vous prouver quoi que ce soit. Vous ne posez pas non plus ces questions à d’autres survivant-es. C’est extrêmement invalidant, et votre scepticisme ou votre curiosité ne doit pas être notre problème.
  • N’outez pas les gens ! Que vous soyez un-e survivant-e de RA ou non, lorsque quelqu’un-e poste une question sans donner de détails, vous n’avez pas le droit de diffuser des détails sur le traumatisme d’autres personnes. Même si la même chose vous est arrivée ou si quelqu’un-e vous en a parlé, il appartient TOUJOURS et uniquement à l’auteureuse de la question et à son système de choisir de révéler les informations qu’iel peut et veut divulguer. Cela peut réellement mettre les survivant-es de RA en danger. Car cela peut trop facilement déclencher la programmation chez certain-es survivant-es.
  • La programmation : Vous lirez parfois le terme de programmation dans les messages des survivant-es de RA. Sans donner trop de détails, une réponse de programmation est une compulsion conditionnée, extrêmement involontaire. Qui parfois, pour certaines personnes, peut être vécue comme des symptômes psychotiques ou des comportements dissociatifs qui pourraient les mettre en danger. Cette programmation est déclenchée de la même façon qu’un PTSD ou un switch peut être déclenché. Évitez donc de demander ou de mentionner des détails, dans la mesure du possible.
    Certaines personnes utilisent le terme Système programmé pour indiquer qu’un Système a été délibérément créé ou étendu, contre leur volonté, par un-e auteureuse extérieur-e.
  • System pride day et son drapeau : Sachez que la « system pride day” et son drapeau sont extrêmement perturbants et déclencheurs pour certain-es survivant-es de RA. Non seulement à cause des couleurs qui ont été choisies, mais aussi à cause de la date originale de l’événement, de la silenciation extrême et de l’exclusion de cet événement et de ses associé-es.
  • Prière : Veuillez ne pas offrir de prière aux survivant-es de RA  sans que l’auteurice du sujet ne le demande explicitement, car cela pourrait provoquer un mauvais trigger, même si vos intentions sont bonnes.
  • Trigger Warnings & ét*iles : Veuillez noter que cette pratique rend souvent les messages inaccessibles aux lecteurs d’écran que certaines personnes malvoyantes utilisent.
    Les survivant-es de RA, comme la plupart des survivant-es du TDI, ont des alters et des jours où iels peuvent gérer les sujets déclencheurs. Mais iels ont aussi des alters et des jours où iels ne peuvent pas gérer les sujets qui les déclenchent. C’est pourquoi les avertissements de contenu avec une option permettant de cliquer pour ouvrir le message fonctionnent très bien pour les survivant-es de RA. Cela nous redonne le contrôle, en nous permettant de choisir de cliquer ou non.
    Bien que les ét*iles ou les po.nts ne soient certainement pas sans déclencheurs pour tout le monde, ils semblent aider certain-es survivant-es de RA à contourner la programmation. Certains systèmes survivants de RA ont appris à ne pas lire un texte marqué d’un astérisque s’ils ne se sentent pas en sécurité. N’oubliez pas que des groupes différents ont des règles différentes en ce qui concerne l’utilisation d’avertissements de contenu et d’ét*iles.

Veuillez prendre soin de vous et sachez que les liens suivants ne sont pas sans déclencheur.

Si vous voulez plus d’informations sur les RA, vous pouvez consulter le site RA info.
Nous disposons d’une liste de liens (en anglais sur Power to the Plurals) vers nos propres travaux et ceux d’autres personnes sur les RA.

N’hésitez pas à partager un lien vers cet article avec les personnes qui pourraient en bénéficier.

Articles originaux :
https://powertotheplurals.com/what-is-programming-101-in-dissociative-identity-disorder-part-1/
https://powertotheplurals.com/best-practice-resource-for-ra-survivors-in-did-plural-safe-spaces/

Merci d’avoir pris le temps de lire cette liste de ressources sur les meilleures pratiques. Nous espérons que vous avez appris quelque chose de nouveau. L’asso The Plural Association dépend du soutien de la communauté. Si vous le pouvez, nous vous invitons à faire un don pour aider à soutenir les Plurals, afin que nous puissions poursuivre notre travail. Les dons peuvent être effectués ici : thepluralassociation.org/donate 

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