« J’explique comment la dissociation me protège de mes autres troubles et comment parfois cela m’handicape au quotidien. »
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Soin, apprentissage, certaines crises sont décrites attention
Transcription:
Bonjour, bienvenue à tous. Moi je me présente, je m’appelle Whimsy et aujourd’hui je vais vous parler la dissociation qui peut être problématique ou protectrice. Les triggers warning sont donc le médical ainsi que la famille et pense que c’est tout. Je vais décrire certaines de mes crises. Du coup, je tiens à vous préciser que ça peut vous mettre mal à l’aise voir vous rappeler certaines choses que vous avez pu vivre. Préservez-vous. Je suis désolée d’avance si ça vous met mal à l’aise. Pour moi, la dissociation, ça a longtemps été vu comme quelque chose de négatif. En fait, j’entendais beaucoup de systèmes parler comme quoi la dissociation, c’est quelque chose qui leur pose problème dans la vie de tous les jours. Soit pour les amnésiques, ça soit pour le détachement de soi ou pour d’autres choses encore. Le fait de ne plus être connecté aux autres alors que la situation ne s’y prête pas forcément. Je peux comprendre pour ces autres personnes là que ça soit assez complexe pour eux. C’est quelque chose que je ne pas mais moi je vois autrement la dissociation. Au moins dans notre cas. Dans notre cas, la dissociation on le voit plus comme moyen de protection que on le vit au quotidien, ce qui est pas dans notre cas normal puisque nous sommes un système d’origine traumatique avec de la dissociation. Dans le cadre de notre multiplicité, la dissociation n’est pas forcément nécessaire entre chacun de nos switch. Quoi que disent notre psy, on n’a pas forcément de grand moment de dissociation entre nos switch. Ça peut arriver de manière tout à fait fluide et parfois ça peut être un peu plus long et un peu plus compliqué, voire même douloureux dans certains cas, mais je m’égare. Quand je pense que la dissociation n’est pas problématique, du moins chez nous, ça vient du fait que comme je le disais, parfois la dissociation, elle est tellement habituelle, tellement ancrée en nous que on la ressent plus, on ne la voit plus comme un problème. On n’oublie pas le fait également que nous avons plusieurs troubles associés qui eux peuvent justement faire que notre vision, la dissociation a été modifiée légèrement. Dans le cadre dans notre cas, nous avons au moins quatre troubles principaux enfin plus troubles et maladies principales qui font que nous avons besoin de la dissociation pour survivre. C’est vraiment le terme un besoin. C’est pas une addiction comme contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est vraiment ça reste fait partie de notre mécanisme de survie. Dans notre cas, nous avons donc trois troubles. Dans notre cas, nous sommes multi dys avec donc de la dyslexie majoritairement qui a été repéré assez tôt mais qui n’a jamais été pris en compte puisque considéré comme pas suffisamment grave pour que quelqu’un s’en occupe. Donc on a dû sans arrêt s’adapter par rapport à ça. Mais encore celle-là, on a eu on nous a pas trop aidé mais on a eu une dysphasie également. On l’a toujours même si ça s’entend pas trop puisque on a eu des séances d’ortopronist pendant plusieurs années pour justement apprendre faire des phrases dans l’ordre. C’est toujours pas ça au quotidien, mais généralement on nous comprend et même si on a eu le droit à des remarques et des moqueries de la part de notre entourage proche en disant que l’on savait pas parler et que à part nous personne pouvait nous comprendre alors que techniquement il y a que eux qui arrivent pas à nous comprendre ce qui est assez ironique puisque bah techniquement c’est eux qui vivent avec nous au quotidien. Il devrait nous mieux nous comprendre que des inconnus ou des gens qui nous connaissent peu. Mais bon là, je m’égare encore. Dans le cadre de notre multiplicité, la les troubles dys ne se montrent pas de la même manière en fonction que les membres. Mais ça ça peut sembler assez logique puisque même pour d’autres troubles comme le TSA ou le TDAH que je laisse le soin de mes camarades de la conférence en parler puisque j’ai vu que eux c’est leur sujet. Donc moi, je vais pas m’étendre sur le sujet, mais dans le cadre de la dissociation chez nous, la dissociation nous protège les surstimulis queon peut avoir à cause de notre TSA puisque on peut être très sensible à certaines lumières, certains sons et ça peut vite de ça peut vite devenir débordant. Dans le cadre de notre TSA, nous avons donc la surstimulation qui peuvent nous conduire à avoir donc des crises de Shutdown. On a beaucoup de crises de Shutdown plus que de Meltdown, même si celles de meltdown sont celles les plus euh voyantes puisque nos shdon on les voit quasiment pas et les gens ne font pas attention et de base ils se disent qu’on est bizarre donc ça passe un peu plus dans notre bizarie. Je sais pas comment développer par rapport au TDH parce que le TDH je n’ai jamais vu de avant ou après et j’ai énormément de mal à savoir les symptômes. Pour moi, c’est juste moi et on est tous plus ou moins comme ça. Disons que la seule qui arrive à organiser un peu les choses, enfin les quelques seuls he parce qu’on va pas se mentir, il y en a qui essayent d’y mettre du leur, c’est pas qu’on veut pas, c’est juste que si on n pas de motivation, on n’y arrive pas. La motivation, elle c’est souvent à base de bonbons pour une little que j’ai pas nommé mais que ceux qui nous connaissent sauront qui c’est. Cette petite, c’est notre motivation pour faire le ménage parce que on peut l’acheter assez facilement et que même si elle est hyper est hyper active et du coup elle déteste rester à rien faire. Et si on peut l’acheter avec des bonbons ou des cartes Pokémon, alors là elle saute à pied joint. Ah et un paquet de bonbons pour toutes les tâches. C’est pas non plus un truc incroyable. Donc généralement, elle fait la vaisselle, l’activité qu’on aime le moins puisque on a un trauma avec l’eau, ce qui fait que c’est un peu compliqué mais que elle ça passe. On a également une maladie physique qui appelle du coup le syndrome d’Ehlers-Danlos. Donc nous, on a la forme hypermobilité. On a énormément de douleurs chroniques que pendant des années, on a évalué à notre poids en disant « Mais vous étiez si vous étiez plus maigre, vous pourrez avoir vous n’auriez plus mal. » Spoiler, même quand on était dans un point normal, on avait mal. Donc non, c’est pas ça. Et on nous répondait « Oui, mais vous avez été en surpoids pendant des années, c’est pour ça que vous avez des douleurs. Faut attendre, faut attendre. » Et ça ça a été pendant des années. Sauf que toute notre enfance on avait des douleurs, toute notre adolescence on avait des douleurs. Et en fait la seule chose qui faisait qu’on était en surpoids, c’était qu’on était extrêmement grand pour notre âge. Même là quand on avait des douleurs cardiaques, oui, des vraies douleurs cardiaques. On a vu un cardiologue, le jeune cardiologue qu’on a vu qui était un interne a été très bienveillant avec nous tandis que ça mentor. Elle par contre a été beaucoup plus en disant « Mais elle est juste grosse. C’est pas pour c’est pour ça qu’elle a mal. » Sachant que on a su décrire une crise cardiaque qu’on a eu à la perfection et que à part lui personne nous a pris au sérieux. Donc on a eu des médicaments pendant plusieurs mois pour aider à à calmer notre cœur et maintenant ça va beaucoup mieux puisque on a arrêté de faire beaucoup d’activités sportives ou et on a beaucoup réduit mais ça ne réduit pas que de temps en temps on a des pointes de douleur qui se répandent à l’entièreté de notre corps. Et vu que aucune rien n’a été décelé et de ce qu’on pense puisque on a des faits avérés envers envers certains membres de notre système qui ont des tensions différentes qui nous provoquent parfois quand on switch avec ces altères là des chutes de tension qui nous font des malaises et c’est pas arrivé qu’une fois c’est arrivé plusieurs fois et systématiquement avec le même altère. Donc on sait que cet altère là peut nous provoquer des chutes de tension. Donc généralement quand on sent qu’elle va venir parce qu’il y a un de ces triggers qui vient et bien on fait attention, on s’assoit, on fait attention. Après elle est très gentille, elle a jamais rien demandé et c’est pas de sa faute et honnêtement on lui en veut absolument pas et de toute façon en vouloir un de ses altères d’exister c’est pas vraiment cool je trouve. On va pas dire que pour nous la dissociation elle est tout le temps problématique c’està-dire que on peut quand même avoir un travail et avoir une relation à côté. c’est-à-dire une relation sentimentale. On est en couple avec un singlet, il est en couple avec le corps et pas vraiment avec un altère en particulier. Mais cette personne, elle comprend du moins, elle essaie de comprendre que on est plusieurs et du coup, elle ne peut pas agir pareil avec tout le monde. Il essaie de s’adapter au little quand il voit que c’est une petite offrte ou un petit, il essaie de s’adapter. Il lui met des dessins animés, il lui fait des gâteaux. Généralement, ils sont contents et il arrive à négocier pour qu’il mange des légumes, ce qui est assez un exploit d’ailleurs. Donc quand tu les mets dans de la paille feuilletée, ça aide beaucoup. Mais donc il essaie de faire des efforts, il nous laisse donc faire la moitié du chemin, même plus la moitié du chemin et lui il complète parce que justement il veut pas nous forcer à quoi que ce soit. C’est déjà arrivé qu’il force une de nos membres. Du moins forcer, c’est un grand mot. C’est-à-dire que il a juste voulu faire un câlin et il savait pas que c’était Marinette au front et Marinette est une alter pas du tout tactile. Elle aime pas ça. C’est elle qui fait des câlins et pas l’inverse. Donc comme je disais, on a aussi le SED qu’on a de l’hypermobilité qui a été repéré par une infirmière même bien avant où on était hyperlaxe et ça a été remarqué et ça nous cause des douleurs de type entorse au quotidien hein. Toujours les entorses de mes chevilles au moindre pas et parfois faux mouvement et également que ça soit au niveau des poignets, des chevilles, des genoux, c’est là où on a le plus des entorses mais c’est pas des entors grasses, c’est souvent des entors légères on arrive à vivre quand même si ça nous fait mal. Et donc on a des entors un peu partout en fait ça nous pos et parfois même au niveau de certains organes, notamment le type digestif. Enfin, ça va de l’estomac jusqu’à à peu près le colon. On a des douleurs dans l’ensemble de la digestion, ce qui fait que nous manger n’est pas forcément un plaisir. Surtout que il y a l’après et en fait c’est plus l’après qui nous fait mal. On nous a déjà dit que c’était sûrement parce qu’on appréhendait la douleur qu’on avait encore plus mal. Que l’heure même quand je mange un gâteau aux dernières nouvelles, je mange juste un gâteau sans angoisse mais le lendemain matin ou quelques heures plus tard je le sens passer. me provoque juste des douleurs. Ça me fait pas ça m’empêche pas de vivre. Après, je considère que mais là c’est personnel bien entendu, on a une grande tolérance à la douleur. En fait, on est borderline également. Et là, dans le borderline par contre, c’est elle les douleurs qui nous font du mal. Autant on peut marcher avec des entors et à ne rien laisser paraître. Autant quand on a une douleur émotionnelle, elle est tellement vive, tellement importante qu’elle remplit tout notre univers. Elle devient insummontable à nos yeux comme si rien ne pouvait la remplacer. Et ça, c’est les émotions extrêmes. Dans le cadre de notre borderline, on a souvent des problèmes de non compréhension. En fait, on fait de la psycho, c’est presque de la psychose. C’est presque de la psychose qu’on a avec notre borderline. C’est-à-dire quand on dit qu’on a une instabilité émotionnelle et relationnelle, c’est juste un fait. La plupart des gens qui nous connaissent, si on a ici dans bah du coup qui regardent la vidéo, vous devez le savoir. Notre instabilité émotionnelle vient surtout de notre façon de voir comment vous les gens nous parlent. En fait, si quelqu’un par exemple dans un groupe organise et veut organiser une journée et qui ne dit pas explicitement qu’on est invité, on va partir du principe que nous ne sommes pas invités. Ne partant du principe que nous ne sommes pas invités, ça veut dire que la personne ne nous apprécie pas. Et si elle ne nous apprécie pas, ça veut dire qu’elle nous déteste. Et si elle nous déteste, ça veut dire que le monde entier nous déteste. C’est comme ça qu’on décrit notre cerveau souvent en cerveau boule de neige. Un petit élément souvent à nos va déclencher une crise qui va devenir de plus en plus grande. Par exemple, une personne qui va nous dire « Et toi là, tu là je suis pas d’humeur. » Et s’il ne dit pas le je ne suis pas d’humeur, on va juste toi. Ça veut dire que la personne nous déteste. Ça veut pas dire ça parfois. Ça peut dire souvent après coup on en discutait avec la personne et la personne nous explique. Non, c’est juste que là j’étais hyper focus, tu m’as dérangé et j’ai pas voulu te je voulais j’avais pas le temps de te dire ça polument. C’était pas né méchant dans sa tête. Il pensait pas que j’allais prendre mal. Et et on sait pas que je l’ai pris mal. C’est juste que sur l’instant T et c’est quelques secondes plus tard. C’est un peu compliqué d’expliquer à des personnes qui ne sont pas borderline que un rien peut déclencher une crise. Souvent le rejet ou le sentiment de rejet peut déclencher une crise. Et encore plus le sentiment d’abondance. Le sentiment d’abondance c’est un sujet à lui tout seul. Si une personne ne nous répond pas ou ben juste part, on se sent abandonné. C’est pas forcément de sa faute, hein. On a tous une vie en dehors de notre en dehors de notre cercle social. On a tous une vie. Même les relations parasociales, il y a aussi la personne en face, elle a une vie, une vie qu’on ignore. Mais je veux comprendre que les personnes quand elles ne sont pas disponibles, bah elles décident de partir parce que elles ont besoin de faire autre chose. Enfin, c’est la base quoi. Mais sur l’instant, quand on a des problèmes avec notre borderline, souvent c’est parce qu’on a eu trop de fatigue cumulé dû aux insomnies ou une journée fatigante avec les surstimulés à longueur de journée, ça peut vite faire péter. En fait, on aime, je sais que le monde peut pas s’adapter à nous et c’est pour ça que je reviens à notre sujet principal qui est la dissociation. dans la dissociation, on a justement cette chance entre guillemets que parfois on peut avoir donc la dissociation qui va calmer le jeu. Souvent, c’est ce qui nous passe quand on rentre du boulot, on a énormément de dissociation, ce qui va nous permettre de nous reposer, de calmer les stimulus à longueur de journée, même si ça peut être assez fatiguant parfois puisque on est très très très souvent blinde. et ça nous permet de nous aider sur le coup. Et souvent c’est quand on n pas cette dissociation que on est beaucoup plus sensible le soir. Quand on a eu une dissociation, ça va mieux parce que justement on a pu décompresser notre journée, décompresser des stimulis. En fait, notre TSA nous fatigue tout simplement. il nous fatigue et donc la fatigue entraîne le les crises de borderline où on peut pas se canaliser. C’est pas comme une crise de nerf parce qu’une crise de ner ça dira un bon coup et après ça va mieux. On en fait les crises de ner dans le bord d’enl ça peut durer plusieurs heures voire plusieurs jours. C’est déjà arrivé plusieurs semaines. C’est extrêmement rare. Ça a dû nous arriver une seule fois. Généralement ça se résout quand la personne qui a causé le déclencheur vient nous parler. On s’explique ça va mieux. Si c’est pas le cas, ça peut durer plusieurs semaines et nous faire tomber en dépression et une dépression assez profonde. Mais quand on est en dépression, on a des problèmes de d’alimentation et des problèmes juste d’entretien de soi. Et c’est là où à nos yeux la dissociation est encore moins problématique pour nous puisque dans le cadre de notre dissociation, on oublie la raison pour laquelle on va pas bien et ça nous aide à aller mieux. Il y a également le fait que quand on dit ceci, on oublie notre manette, nos émotions s’atténuent et on oublie pourquoi on va mal. Et sur l’instant, ça nous aide. Je dis pas que sur le long terme, c’est bien. Bien au contraire, si on pouvait calmer nos émotions, ça nous arderait au quotidien. Même si depuis quelques années qu’on travaille dessus, ça te va de mieux en mieux. Surtout depuis qu’on a quitté un environnement qui était assez toxique pour nous, mais ça va mieux. Les choses en fait il s’améliorent pour nous. puisque il y a personne en fait pour nous donner de règles, nous surstimuler. En fait, être seul nous aide énormément même si c’est compliqué parfois puisqu’il faut qu’on s’organise entre nous, mais on essaie de faire au mieux. Le message de cette vidéo, c’est que même si la dissociation peut être problématique, elle peut être aussi protectrice. Et il faut pas oublier que si on en fait, nous du moins, c’est surtout pour nous protéger. Alors même si je suis pas 100 % toujours OK à dissocier, souvent elle m’aide et je lui suis reconnaissante. Je suis reconnaissant à mon cerveau d’avoir des choisi la dissociation plutôt que de nous faire péter des câbles à longueur de journée. En tout cas, merci de m’avoir écouté. Je vous souhaite une très bonne journée à tous.
Intervention proposée par:
- Whimsys (iels | TDI): « Nous sommes un système traumagénique avec plusieurs comorbidité. Nous avons un travail et une vie relativement stable. »











