« Présentation des TCA, de notre rapport à leur égard en tant que multiples, et des astuces qu’on peut apporter pour lutter. »

Avertissements de contenu:

Principaux : TCA, dépression, grossophobie, comportements auto-destructeurs ; Ponctuels : dysmorphophobie, violence et conflit inter alters, violence et conflit intra familial, suivi psychologique, grossièreté, mention d’alters suicidaires, école

Transcription:

[A] Angèle ; [N] Na ; [R] Rhouz ; [I] Ita [A] Bonjour à tous. Aujourd’hui, on va parler des TCA en lien avec la multiplicité. Donc je me présente, moi c’est Angè du système Ange et je suis avec le nuancier. [N] Hello ! Donc moi c’est Naria, je suis l’autre du système nuancier. Moi et Ita, on est les principaux altères qui avont des problèmes autour de la nourriture et de l’alimentation. Mais on a aussi Rhouz qui passera dans la discussion parce que c’est notre protecteur et notre caretaker. Donc l’alter qui prend un peu soin du corps, de la santé mentale etc.. Et il est donc forcément pas mal impacté par ces problématiques là. [A] Oui. En premier lieu, on voulait revenir sur une définition des TCA, donc des troubles du comportement alimentaire. Donc c’est une pratique alimentaire anormale qui est associée à une grande souffrance psychologique ou psychique durable qui peut avoir des conséquences graves sur la santé. Donc ça c’est une définition qu’on a tiré de INICEA. Et par rapport au DSM5, donc il y a aussi les troubles alimentaires sont reconnus par le DSM5 et les trois grandes classes sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie ou l’hyperphagie boulimique qui est appelée aussi comme ça. – Donc pour l’anorexie, c’est une restriction alimentaire avec des vomissements, laxatifs, diurétiques visant à une perte de poids significative par peur de prendre du poids ou se sentir un peu devenir en bon point (pour ne pas dire gros). – La boulimie, c’est une prise alimentaire excessive avec des comportements compensatoires. Donc toujours pareil, vomissement, laxatif ou diurétique. – Et pour l’hyperphagie, c’est une prise alimentaire excessive et incontrôlée pour combler un vide avec une absorption en temps limité. Et ici, il n’y a pas de vomissement ou d’utilisation de laxatif ou de diurétique. On a lu une BD psy, du docteur Alin Pérou, Jean-François Marmion et Nathalie Eyraud sur la victoire sur les troubles alimentaires. Et donc en fait, on a retiré quelques informations sur cette BD. Donc qui est concerné ? on va avoir les États-Unis, le Canada, les pays européens, l’Amérique du Sud et la Corée du Sud. En Occident, il y a trois à 5 % de la population qui est concernée et en 2019 l’OMS 14 millions de personnes seraient concernées. À partir de quel âge ? Donc là, on va dire que les troubles alimentaires démarrent après 10 ans. Donc au niveau de l’adolescence, il va y avoir des changements au niveau du corps. Parce qu’ avant les 10 ans, l’enfant s’il ne se nourrit pas, c’est pas pour une raison de poids, c’est plutôt parce qu’il a peur de s’étouffer ou qu’il ne veut pas manger un certain type d’aliment par exemple. C’est ce qu’on va appeler les troubles évitants restrictifs de la prise alimentaire. Et l’hyperphagie débute généralement après la vingtaine. Et pour à qui la faute sur les troubles alimentaires ? C’est souvent une conjonction d’une vulnérabilité génétique, donc dû à un terrain génétique, des facteurs précipitants (comme un régime alimentaire strict, la puberté, les hormones), d’une influence culturelle ou d’une histoire personnelle. Donc une fois qu’on a fini ce petit récapitulatif qu’on voulait faire sur les TCA et les définitions, maintenant on va pouvoir parler de notre parcours et nos TCA en fonction de la multiplicité. [N] On peut peut-être du coup commencer à se demander quels sont les aleter qui sont concernés chez toi et chez moi et puis quelle problématique on a rencontré. Donc dans notre système, moi je suis donc l’une des altères concernées et je vous dirais bien que j’ai aucun trouble parce que j’ai un problème avec la définition du trouble au départ. On dit que un trouble ça a un impact négatif significatif sur la santé et sur la vie en général. Et euh moi un impact négatif significatif, je ne sais pas le doser. Donc euh j’ai envie de vous dire que j’ai l’air de fonctionner. Donc tout va bien. Du coup, c’est avec un grand sentiment d’illégitimité que je fais cette vidéo aujourd’hui. Voilà. Mais sinon euh techniquement effectivement j’ai du mal à manger et pendant longtemps j’ai eu pas mal de difficultés effectivement à m’alimenter et j’aurais trop voulu vous dire euh mais euh c’est bon, c’est derrière moi et tout ça et d’ailleurs j’étais trop prête à le dire quand on avait commencé cette vidéo. Sauf que bien sûr depuis c’est revenu voilà ces dernières semaines, je suis dedans. Donc je ne m’alimente peu ou pas assez fréquemment parce que je veux notamment garder le contrôle sur le poids, sur l’aspect du corps, parce que je me sens plus légère, parce que j’ai moins mal au ventre. Il y a d’autres raisons aussi, c’est un caractère sacrificiel ou punitif. Et puis la nutrition, c’est chiant. Faut que ce soit régulier, faut que ce soit varié, faut que ce soit sain. Oui. Vous allez me dire c’est pas obligatoire sauf que c’est bien ressassé dans la société. Donc en fin de compte, j’ai une espèce de pression sociale autour. Donc non, c’est pas obligatoire mais concrètement, on y est quand même bien confronté. Et il y a autre chose aussi, c’est que j’ai cette horrible impression de ne jamais pouvoir y échapper, de devoir faire cette tâche qui ne me plaît pas de manière répétitive tout le temps et que je ne vais jamais pouvoir en réchapper. Enfin voilà. [I] Pour moi ce que j’aurais dit c’est que j’ai pas de problème spécifique avec la nourriture parce que tout simplement je n’en consomme pas et que je n’ai pas besoin d’en consommer que c’est pas moi de faire ça, que ça ne m’intéresse pas et accessoirement c’est un côté aussi presque toxique. Je ne vois pas ce que la nourriture à faire dans le corps. Je trouve ça extrêmement désagréable et donc il paraît que ça en soi c’est un problème. [R] Donc pour ma part, moi je suis Rhouz. Je suis effectivement le caretaker du système. Je n’ai pas de difficultés particulières à préparer, à manger, à consommer la nourriture etc. Par contre, ben j’ai plus des problèmes entre guillemets avec elle.le qui ne veulent pas s’alimenter. Après, j’ai pas comment dire, je fais attention à ne pas avoir de problème avec elle.le directement. Des fois, c’est possible que je m’énerve un petit peu contre iel, mais j’essaie de de faire attention parce que déjà ça pas grand-chose d’aller se fâcher. D’autant plus que personnellement, j’ai peu de troubles, peu de problèmes mentaux, enfin j’ai eu de la dépression etc, mais globalement je ne suis pas confrontée à ces problématiques là. Donc commencer à ouvrir ma bouche pour pouvoir dire que ça ne va pas etc, c’est un peu déplacé. Je ne sais pas ce que vivent les autres. Et du coup, je devrais faire attention à ne pas émettre de jugements trop hâtifs ou autres. Ita le mentionnait très brièvement, c’est presque plus l’aspect sacrificiel qui prend énormément de place. Disons qu’il y a des alter dans le système qui ont une croyance qui est que si tu veux quelque chose de positif, il va falloir que tu le payes. Parce que pour eux tout est égal. Si quelque chose de positif se produit, quelque chose de négatif l’accompagne. Et donc inversement, si tu fais quelque chose de négatif, tu devrais recevoir quelque chose de positif en échange par équilibre. De mon point de vue, ça ne marche pas comme ça, maintenant, néanmoins. Après, c’est un peu le problème du truc qui s’auto-entretient, tu vois ? Genre, tu vas manquer un repas, il va se passer quelque chose de positif, tu vas être là « Ah bah ça c’est le repas manqué. » [A]Oui oui, c’est ça. Tu vas te persuader que c’est parce que tu as pas mangé. [R] Voilà. Alors que ça peut être parce que ben juste tu as de la chance, parce que tu as travaillé, parce que machin etc. Mais ça ça encourage tout ce qui est comportement autodestructeur chez nous. Et ça ça marche beaucoup, beaucoup aussi. [A] Du coup, je pense que je vais être la seule à parler aujourd’hui. Donc, je vais parler pour moi. Les troubles alimentaires, c’est quelque chose que je connais depuis que je suis petite. J’ai un peu du mal à me trouver dans la définition qui dit que ça commence qu’à partir de 10 ans parce que j’ai l’impression que c’était bien avant mes 10 ans. Ça a toujours été un contrôle de poids mais aussi financier dans le sens où il fallait pouvoir acheter de la nourriture et que tout le monde en ait. Donc j’ai toujours eu un problème vis-à-vis de la nourriture, sachant que ça coûte cher et c’était pas forcément pour m’alimenter, c’était plutôt un comme si c’était un échec de devoir acheter de la nourriture parce que ça coûtait trop cher. Et après bon, au niveau de l’adolescence, bien sûr, c’est arrivé pour un contrôle de poids notamment par rapport à l’anorexie, donc pour éviter de grossir. Aujourd’hui, je suis toujours concernée par l’anorexie, même si ça se voit moins. Je mange pas parce que j’ai une flemme de cuisiner en fait, dans le sens où je déteste cuisiner, j’ai une flemme de cuisiner et je pense que je me cache derrière cette flemme en disant « Bah vas-y, j’ai la flemme » mais en fait c’est parce que j’ai pas envie de manger. C’est plus simple de dire « J’ai la flemme de faire à manger plutôt que j’ai pas envie de manger. » Donc mon cerveau a un peu traduit ça comme ça dans le sens où bah je fais pas à manger parce que j’ai la flemme mais en fait c’est surtout que c’est trop dur de manger. Et j’ai toujours réussi à maintenir mon poids jusqu’à la fin de l’adolescence et après j’ai commencé à avoir des problèmes de santé qui m’ont fait prendre beaucoup de médicaments. Enfin, j’avais déjà toujours eu des problèmes de santé, mais là où j’ai je suis restée en fauteuil roulant pendant 1 an et demi, ce qui fait que j’ai pris beaucoup de poids et en peu de temps, j’ai pris 25 kg. Donc en fait, on ne voit pas physiquement que je fais de l’anorexie, mais plus moi je vois mon corps, plus ça m’incite à ne pas manger. Selon l’IMC, aujourd’hui, je suis censée être en surpoids et donc c’est compliqué de se dire que un chiffre nous met en surpoids ou non. Donc, j’étais il y a quelques années en maigreur inquiétante au niveau de l’IMC. Aujourd’hui, je suis en surpoids. Donc, comme quoi, on peut faire les deux tout en étant anorexique. J’ai été suivi par une diététicienne parce que je me suis dit qu’il fallait quand même que je prenne ma vie en main pendant plus d’un an, sauf qu’en fait, elle m’a dit « Au revoir gentiment parce qu’elle ne sait pas gérer les troubles du comportement alimentaire. » Voilà. Donc aujourd’hui, on a réduit les inflammations avec des alimentations non inflammatoires. Donc j’ai moins mal au ventre mais j’ai toujours autant de ballonnement et toujours le poids qui continue de grandir sur la balance. Après, quel impact pour le corps et sur notre mental ? [N] Alors euh moi en toute mauvaise foi, je dirais qu’il y en a aucun et que ça va très bien. [R] Et moi, de manière un peu plus réaliste, je peux vous dire que si il y en a que quand on manque des repas trop fréquemment, bah bien sûr, il y a une fatigue qui s’installe. Bah dernièrement, du coup, comme Na vous l’a dit tout à l’heure, elle a remis le couvert avec des repas sautés ou très allégés. On s’est tapé une semaine de maladie après une fois que sa crise de stress s’était passée. Euh donc si il y a quand même des conséquences et il y a aussi une certaine instabilité mentale. Na, elle déprime beaucoup plus vite, elle stresse beaucoup plus vite et cetera. Et déjà qu’on a d’autres problématiques émotionnelles liées à la dépression etc etc, lors de ces phases là en plus où on commence à manquer des repas, c’est vraiment ouvrir la porte pour accentuer toutes les autres difficultés qu’on va rencontrer. Et toi ? [A] Bah moi, je dirais que j’ai pas de problème parce que j’ai pas de problème de poids dans le sens où je suis pas maigre, tu vois. Donc euh ça fait qu’aujourd’hui je me dis pas j’ai un problème euh alimentaire parce que mon corps n’est pas en maigreur donc il n’en manque pas. Tu vois c’est si mon corps est bon en point et ben il manque pas de nourriture. Donc c’est hyper dur de se dire que tu souffres de comportement alimentaire alors que tu perds pas de poids, tu en prends alors que je mange pas. Donc au final je me dis que j’ai pas de problème de ce côté-là. C’est un déni total. Donc psychologiquement en fait, j’ai l’impression que ça impacte rien à part que je dors [R] Et tu crois que c’est lié à ça ? [A] Bah le corps n’a peut-être pas assez d’énergie. Donc je me dis que ça peut peut-être empirer la fatigue chronique que j’ai déjà. Je dors donc je ne vais pas manger. [R]Donc tu ne manges pas. [A] Et puis des fois quand j’ai la flemme de faire à manger, je me dis tiens si j’allais dormir comme ça tu as pas faim. [R] Oui [A] voilà. Et des fois je me réveille en plein milieu de la nuit, je fais Oh là là j’ai trop mal au ventre. En même temps, j’ai sauté de repas peut-être dans la même journée parce que je dormais. Donc c’est très Donc je pense que il y a la fatigue chronique qui est déjà présente mais plus je mange pas, plus je suis fatiguée et le corps il a pas assez d’énergie. Et en même temps, bah la dysmorphie que j’ai par rapport à mon corps fait que je me vois grosse, plus grosse que je le suis. Et dans ma tête, je me sens enfin en tant qu’alter, je suis hyper maigre, tu vois et je ne me sens pas à l’aise dans le corps. Ce qui fait que c’est un cercle vicieux parce que je vais encore moins longer. Comme je suis fatiguée, je vais pas bouger, je vais pas faire de sport, donc je vais encore m’entasser dans ce cercle vicieux. [N] J’ai ça aussi dans l’inner. J’ai ressemble limite à un squelette et avec ITA par exemple, on apprécie beaucoup quand on commence à voir les autres. Ah, ça commence à ressembler à ce à quoi je ressemble. Dans l’inner. J’ai Rhouz derrière qui me dit euh [R] Nous autres, c’est bon, on n’est pas un squelette. C’est bien aussi quand le corps c’est pas un squelette. [A] oui, parce que les autres alter ont pas besoin de cette morphologie. [R] Non. [A] Voilà. [R] Ils n’en ont pas besoin. Et du coup, quel impact sur le système pour vous ? [R] Ben déjà, il y a tout ce qui est les tensions entre alter, les alors je l’ai dit qu’aujourd’hui, j’essayais quand même de faire un peu plus attention à ce que je disais, à ce que je pensais, à comment je traitais les alter qui ont ces difficultés là parce que c’est des difficultés que je ne peux pas connaître et pas éprouver moi-même. Mais c’est vrai qu’au début, et je fais encore certaines fois aujourd’hui, j’ai tendance à m’énerver assez vite avec eux en mode c’est pas compliqué de manger pourtant. Donc apparemment si ce que j’ai du mal à j’ai du mal à comprendre mais bref. Après je dirais que ces difficultés justement ont évolué et qu’aujourd’hui on a plutôt une force au sein du système, enfin de compte, puisqu’on arrive à céder les uns les autres comme Ita l’a dit lui il ne mange pas si justement ITA se retrouve au fond pour aller déjeuner on switch sur quelqu’un d’autre et à chaque Et cher toi, enfin, chez vous du coup ? [A] Ben moi j’ai pas la possibilité d’interagir avec mes alter. Du coup, je sais pas trop ce qu’il pensent mais derrière mon dos par contre, ils font manger dans le sens où derrière mon dos au bout d’un moment si j’arrête de manger et que je suis trop fatiguée ou sous-alimentée, je vais avoir un switch qui est fait avec Camille qui va elle aller acheter du pain pour que je mange du pain au Nutella parce que c’est la seule chose qui passe quand je suis en crise. [R] J’allais dire que c’est le pire trigger du monde. Tu sais la batterie du du corps est trop faible. Hop, appelons Camille. [A] Ouais. Bon, elle a d’autres triggers, ça va. Mais c’est vrai que je pense que c’est c’est pas une adulte, mais c’est peut-être la personne la plus responsable du système. [R] D’un côté, c’est elle qui va l’acheter, c’est toi qui le mange en fait. [A] Oui, c’est ça. [R] Elle a le seum. [A] Non, je pense pas. OK. Non, non, je pense pas. Je pense que c’est vraiment le bon là, c’est critique. Il faut absolument aller acheter du pain. [R]Est-ce qu’elle te fait ta tartine ? [A] Non, je fais mais tout tout. Elle va juste acheter le pain et moi une fois que je l’ai, c’est bon, je suis tranquille, tu vois. Je sais que je vais manger la baguette en entière alors que juste avant j’étais non, pas de repas. [R] Elle a déjà essayé autre chose que la baguette de Nutella ? [A] Mais il y a rien qui marche après. Je veux rien d’autre. [R] OK. [A] Au lycée par exemple quand je faisais des crises d’anorexie, c’est là où j’ai fait le plus long genre un an entier où j’ai pas manger et où je j’ai dépassé la j’étais en dessous des 48 kg et c’était le pain. Je ne pouvais manger que du pain. Pourtant tu dis le pain ça fait gonfler, ça fait grossir et tout mais il y a que le pain qui passait. [R] Est-ce qu’on passe à l’impact sur l’entourage extérieur ? [A] Ouais, vas-y. Ouais. [R] Euh chez nous, je sais qu’on a eu pas mal d’inquiétudes et d’incompréhension de la part de proches, notamment de la famille. Alors, ça dépend de qui dans la famille. Euh mais sinon, nos amis ne nous ont jamais trop pris la tête avec ça. Notre exe un peu. Enfin, vu que Na ne le communiquait pas exactement parce qu’il avait beaucoup de mal aussi à exprimer pourquoi elle le faisait. Un peu sa seule justification c’était mais regardez ça ne m’impacte pas tant que ça. Au taf on a des remarques comme quoi on est fatigué, tout ça, puis vu que on est moins efficace le taf a tendance à s’accumuler. Et chez vous ? [A] Chez nous depuis qu’on a pris du poids c’est plutôt la prise de poids qui inquiète, que le fait de la restriction alimentaire. [R] Est-ce que la prise de poids les inquiète autant, plus, ou moins que quand tu étais en sous-poid ? [A] Ah Mais quand j’étais en sous-poids, personne ne s’ inquiétait. C’était juste je faisais du 32 taille de pantalon genre moi, j’en étais fière, tu vois, de de dire « Ouais, je rentre dans du 32 ». Après, j’ai commencé le 34 et puis après bah il a commencé à avoir les antidépresseurs, les nouvelles molécules pour le dos et ce qui fait que bah j’ai commencé à a prendre beaucoup et puis après le fauteuil, les gens ne s’inquiétaient pas du tout quand j’étais maigre. Maintenant, c’est plutôt une question d’apparence, plus que qu’une question de bonne santé. C’est bah là fais attention, tu as pris beaucoup de poids. Oh là là, tu as beaucoup de joue. [R] Oh ! Les gens s’inquiètent pour ton apparence vis-à-vis tu as de l’augmentation de ton poids, mais pas pour ta santé vis-à-vis de l’augmentation de ton poids parce que OK. Parce que il y a beaucoup d’idées aussi préconçues sur l’impact de l’augmentation du poids sur la santé. Non, je dis préconçu parce que je dis pas qu’il y en a aucune mais je dis que c’est très dramatisé et que souvent on va te dire que dès que tu as pris du poids, c’est la raison de toutes les maladies que tu peux avoir alors que bon. [A] bah là c’est quand même une aggravation de la maladie que j’ai déjà, parce que le poids qu’il y a sur le dos, fait que ça aggrave les problèmes de dos, des problèmes de muscles, ce qui fait que bah c’est un cercle vicieux mais j’arrive pas à perdre. Du coup euh je vais à la salle, je mange, je mange sans gluten, sans lactose, sans rien et pourtant euh je perds pas de poids. Et donc c’est ça qui a plus inquiété ma famille mais je pense que c’est le côté physique enfin morphologique qui les inquiète plutôt que parce que maintenant que je suis plus ronde, enfin, je suis pas très ronde mais enfin moi je me vois ronde. Bah jamais ils vont se dire bah elle mange pas, puisque j’ai du poids. Jamais, tu ne vas jamais te dire que je souffre d’anorexie. Jamais, tu ne vas te dire qu’elle ne mange pas et pourtant quand je suis seule je ne mange pas. [R] Et est-ce qu’il t’incite en plus à manger moins ? [A] Bah ils me disent alors on en est où avec la diététicienne le régime ? C’est ça. Tu es là euh bah comment dire ça n’avance pas, je prends du poids. Et le pire c’est que j’ai des amis qui souffrent de crise d’anorexie et même quand j’y étais chez eux pour les aider à manger etc, eux n’arrivaient pas à manger. Moi non plus. Par contre, quand je suis avec ma famille, même si c’est très dur au niveau de la gorge, personne ne va se rendre compte que j’arrive pas à manger ou à déglutir parce que tu vois quand je vois des aliments, ma gorge se serre et je peux pas manger. [R] OK. [A] Mais quand je suis en repas de famille etc, en fait, ils vont juste voir que j’ai mangé en moins grande quantité qu’eux, mais je vais quand même avoir mangé les mêmes choses que donc ils se rendent pas compte que tu manges pas en fait. Juste bah tu manges en moins grande quantité mais en repas de famille généralement c’est Lucy qui va manger et moi je ne me rends pas compte. Ou alors j’arrive au moment où je fais purée, j’ai faim en fait on a déjà fini le repas. [R] Et tu arrives en ayant faim alors qu’elle a mangé ? [A] Ouais et j’arrive en ayant faim alors qu’elle a mangé ou alors des fois elle a plus faim et du coup elle me dit enfin pas elle me dit parce qu’on arrive pas à communiquer mais je me retrouve au front alors que je lui dis oh là là on a déjà, j’ai mal au ventre, on a déjà dû beaucoup manger avant et j’ai encore tout ça à manger mais juste parce que ça lui plaisait pas comme nourriture. [R] Juste parce que ça ne lui plaisait pas. C’est-à-dire ? [A] Bah elle me fait arriver Ouais parce que ça lui plaît pas ou elle a plus faim. Du coup elle dit tiens bah tant pis il y a quelqu’un d’autre qui mangera pour moi tu vois. Ah oui et moi je suis là “Ah non pourquoi moi ?” [R] Tu es pas obligé de manger ? [A] si il faut pour terminer l’assiette et tout ça. [R] sinon c’est la remarque de la famille. [A] Bah c’est quand tu es invité et la moindre des choses c’est de manger quoi. [R] Bah ça dépend ce que tu manges en quelle quantité et tout [A] Mais effectivement si elle quand c’est les repas de famille tu manges avec une entrée froide, une entrée chaude, l’apéro avant, le plat, le digestif, le dessert et les repas de famille. [R] Il faut déménager à l’autre bout de la France. Voilà, tu vois, ça c’est des conseils pertinents. [A] Déménager à l’autre bout de la France pour éviter de manger en famille. [R] Je vous en prie, c’est gratuit. – – – – – – NUANCIER [A] Et du coup, on va parler un peu de la prise en charge [R] Au niveau de la prise en charge. On n’a pas de suivi sur le sujet. Donc on a un peu gardé ça pour nous. Et on a quand même commencé une thérapie. Même si elle est pas centrée sur le sujet des difficultés autour de la nourriture. En fait la thérapie nous a permis — et les antidépresseurs aussi mais bon ceux là on les prend depuis un bon moment — Tout ça fait que on arrive à traiter les autres causes à côté qui nous amenaient à manger moins. Ça permet de réduire la dépression, les idées noires. Des fois, se priver de repas servait justement de traitement — superbe traitement — à ces problématiques que vivait Narriaa. La thérapie ça a permis d’améliorer ce point là. Autre chose, c’est qu’elle a testé, effectivement, ça marche plutôt bien pour elle : le fait de ritualiser les repas et de rendre ça comme une espèce de routine régulière. Et elle sait qu’elle doit faire attention par exemple à ne pas manquer de repas, parce que manquer un repas en fait c’est ouvrir la porte à l’opportunité d’en manquer d’autres derrière. Ça devient addictif en fait. “J’en ai manqué un, OK, bah je peux en manquer deux. Je me sens plus légère. Allez, j’en manque un troisième” etc. [N] Et je le fais aussi en motivant, en pensant aux autres alters parce que Rhouz et puis Waël qui est un autre de nos alters qui veille notamment au bien-être mental, et ben ils ont suffisamment de choses à gérer comme ça. Donc je me dis que, effectivement, si je peux éviter de remettre ça sur la pile que doivent traiter Waël et Rhouz, et bien je prends. Et pour Ita. [I] C’est ce que je disais effectivement qu’au départ c’était pas un problème pour moi. Maintenant, effectivement, le point sur lequel on a pas été très précis c’est que j’ai aussi tendance à encourager Narriaa à ne pas s’alimenter. C’est quelque chose que je fais notamment pour elle. C’est elle qui, au départ, par exemple, voulait éviter de manger. Donc moi, je l’encourage dans ce sens-là. Dernièrement, on avait déterminé qu’on voulait travailler d’une manière différente, changer notre manière de procéder. Donc du coup, vu qu’elle avait aussi moins de pensées à là “je veux réussir à manquer de repas, je veux réussir à me priver de nourriture”, j’avais aussi moins besoin de l’encourager dans ce sens-là. Tu peux prendre la suite si tu veux. [A] OK. Pour moi ça n’a pas été pris en charge. Un peu au lycée, parce que c’est le moment où j’ai fait ma plus grosse dépression je pense. Puis la crise d’anorexie qui a duré au moins un an à cause de problèmes au lycée. Et c’était l’infirmière scolaire et un surveillant qui vérifiaient, puisque j’étais interne, que je mangeais à chaque repas. Parce que moi j’allais à la cantine avec mon plateau et je repartais comme si j’avais déjà mangé. J’avais pas… je disssociais à chaque fois. [R] Il y a de la nourriture sur le plateau ? [A] Oui, il y avait de la nourriture sur le plateau. Mais moi j’ai pas mangé. En fait tu vois, genre : j’ai posé le plateau, je sais pas ce qui se passe, je suis déjà en train de partir de la cantine. Et je jetais tout. Parce que pour moi, j’avais mangé. J’étais persuadée d’avoir mangé. [R] C’est pas mal. [A] C’est là que je me dis que la multiplicité joue quand même un sacré rôle parce que, déjà, apparemment, je m’enfuyais de l’internat, j’étais même pas au courant. Donc tu vois ! Là je posais mon plateau, j’étais persuadée d’avoir mangé, je le remettais et je partais. Voilà. Donc après, quand un des surveillants a compris ça, c’était vraiment : il vérifiait que j’ai mangé, il me disait “Voilà tu manges ça, ça, ça, et après tu pourras sortir”. [R] Mais ils t’en ont parlé ? Enfin, ils sont rendu compte que tu n’étais pas au courant que… enfin la discussion — [A] Non, ils se sont pas rendu compte pour… Enfin mais moi je m’en suis pas rendu compte, c’est aujourd’hui en ayant connaissance de la multiplicité, je me dis mais en fait, je posais mon plateau, je sais pas ce qui se passait et après bah c’est fin de l’histoire quoi. [R] Très bonne communication encore une fois. [A] Voilà. Et du coup après maintenant c’est ma psychiatre qui est au courant. Je lui dis de temps en temps, mais en fait, elle est pas derrière moi pour me dire “va manger”. [R] Mais est-ce qu’elle t’aide là-dessus ? [A] On a jamais vraiment parlé de l’anorexie ou tout ça. Enfin, elle le sait que j’ai des problèmes pour manger, mais… [R] C’est pas un truc que vous traitez ? [A] Non. [R] Parce que tu veux pas, ou parce qu’elle te l’a pas proposé ? Ou parce que tu y as pas pensé ? [A] Non, je pense que déjà le gros problème de dépression, ça prend tellement de temps dans la séance. Tu vois on va parler de la dépression, on va parler un peu de ce qui s’est passé avec les alters, mais comme elle est pas spécialisée, du coup, c’est un peu un peu vaste. Et elle essaie de comprendre autant que moi. Du coup, on est toutes les deux à avancer progressivement. Et du coup, c’est vrai que bah déjà ça prend tellement de place que, l’anorexie, c’est passé un peu à côté. Sachant qu’en parallèle, je fais de l’hyperphagie. Donc tu dis « Ouais bah c’est pas grave, dans ma semaine j’ai mangé un énorme repas. Je me suis goinfrée, du coup ça compense.” C’est pas vrai. [R] Je pense que ça marche pas trop comme ça. [A] Non, ça marche pas comme ça. Mais psychologiquement, tu dis : “c’est bon, j’ai mangé un gros repas dans ma semaine. Je me suis goinfrée jusqu’à avoir mal au ventre, à pleurer de manger”. [R] C’est déclenché par des trucs en particulier ? [A] Non, même pas. Même pas. [R] Ou que tu as pas identifié, peut-être ? [A] Je sais pas. Ça m’arrivait beaucoup quand j’étais en étude. Là, depuis que j’ai arrêté les études, j’ai pas eu de crise, je crois, d’hyperphagie. Non, mais c’est vrai que c’est une sacré source de stress quand même l’école. [R] C’est clair. Donc, je pense on a de la chance de dire que même avec le stress du travail, ça revient pas tant que ça. [A] Ouais. Je voulais revenir tout à l’heure quand tu as parlé de restriction par punition, ce qui fait que à cause de l’école, j’avais très très peu de temps dans mes révisions avec le master etc, que je me disais : « OK, je mange pas le temps que j’ai pas fini cette tâche ». Ca pouvait me prendre 2 heures et je me privais parce qu’il fallait absolument que je réalise cette tâche pour le master. Et en fait je me suis rendu compte que je faisais ça depui s des années. [R] Est-ce que tu veux rajouter d’autres choses sur tout ce qui est les troubles alimentaires et le système, en fait, c’est la partie multiplicité. [A] Manger à ma place ça m’irait. [R] De quoi ? [A] Que mes alters mangent à ma place, ça m’irait. Mais ça marche pas comme ça. [R] Visiblement, même quand ils le font, en fin de compte, tu as quand même des problèmes. Quand Lucy le fait. [A] Ouais, j’ai faim. Et après je me retrouve avec de la nourriture que j’ai pas demandé. [R] Hm. Et tu disais par contre que Camille avait des triggers. Vous êtes jamais… Vous avez jamais essayé de la trigger pour qu’elle mange ou un truc comme ça ? [A] Non. Je crois qu’elle a jamais mangé. [R] …Ah. Oups. [A] Il y a pas un moment où… Après, je ne me souviens pas quand ils viennent, mais je crois pas qu’il y ait un moment où elle soit venue pour manger. [R] Et tu me dis pas que… Non, c’est Lucy qui vient pour les repas de famille, c’est ça ? [A] Ouais. Ouais, bah oui, attends ! Tu parles de cadeaux, Pâques, le chocolat… Forcément, elle vient toujours aux repas de famille. Il y a toujours un truc qui se passe, tu vois. Il y a toujours des cadeaux, il y a toujours un gâteau. Donc forcément, moi, j’arrive à ce moment-là et des fois, je me réveille, bah c’est le gâteau quoi. [R] Ouais. [A] Mais je crois que Camille n’est jamais venu manger. Et à chaque fois qu’elle est là, de toute manière, c’est pour travailler. Et le problème, c’est que elle est insomniaque donc c’est— elle est insomniaque. Donc quand elle est là, elle va : travailler, travailler, travailler, travailler, ne pas manger. Donc je sais pas si c’est un alter qui mange. Il y a des alters qui peuvent ne pas manger ? [R] Bah Itami, il ne mange pas. [A] Ouais, mais j’arrive pas à concevoir que ils ressentent pas la faim, ou… [R] Il va ressentir la faim mais comme une sensation désagréable. De la même manière que genre : si tu t’es cogné, tu as un bleu, donc c’est désagréable, mais tu peux rien y faire. Tu vois ce que je veux dire ? Et après, de toute façon, c’est l’intérêt pour lui aussi de ne pas être au front : c’est de ne pas avoir à ressentir… En fait, Ita est probablement, entre guillemets, “mort” dans l’iner, ou quelque chose comme ça. En tout cas, il n’a pas de fonctionnement biologique. De la même manière que respirer le fait énormément chier. Donc en général, il fait ses fronts assez vite parce que… [A] Il faut respirer. [R] Respirer est assez pénible. Et ça arrive fréquemment que, quand il soit au front, il le fasse, pas vraiment en apné, mais effectivement que des fois il arrête de respirer pendant un bon moment de temps en temps il prend le grand inspiration… Donc, c’est c’est la même chose tu vois : il le fait parce que c’est chiant mais… [A] Ils ont pas la fonction manger [R] Bah il peut le faire. De toute façon, il le fera par exemple s’il sent que c’est nécessaire pour protéger, d’une manière ou d’une autre. Mais pour lui manger n’est pas nécessaire, n’est pas une tâche, ouais, qu’il devrait avoir à effectuer. Ou même pour le corps, enfin il comprend que le corps va avoir besoin de nutriments pour pouvoir les cramer et le fonctionner mais il n’est pas d’accord avec ça. Et donc parce qu’il n’est pas d’accord avec ça, il estime qu’il n’a pas à le faire, donc il ne le fait pas. [A] Hm. C’est complexe, très complexe. [R] Et un autre truc, lié a l’alimentation aussi qu’on a pas dit : l’une des raisons aussi pour laquelle ils ont manqué pas mal de repas, ces deux là, c’est parce que, pour eux, s’alimenter… Alimenter le corps en énergie, c’est faire une action du coup qui… [A] Qui maintient le corps en vie. [R] Qui maintient encore en vie. Et tu fais quelque chose de “positif”, entre guillemets, pour te maintenir en vie. Et nos deux suicidaires, là, pour eux des fois c’est un peu compliqué vu qu’ils se trainent leur dépression. “Mais j’ai pas envie de faire ça parce que sinon ça veut dire que je suis d’accord avec le fait de rester en vie.” [A] Ouais, je comprends. Je comprends bien. [R] Donc voilà. On sait s’amuser. Je réfléchis juste rapidement si on a d’autres anecdotes ou aspects spécifiques en lien avec la multiplicité, mais globalement, je pense que ça peut se résumer comme ça. Les alters ont des rapports différents avec la nourriture, ont des goûts différents, ont des facilités pour certains à manger ou à préparer des plats. Ita par exemple peut cuisiner mais il ne mangera pas. [A] Mais tu vois, pour les goûts différents, moi j’ai pas de goût différents. [R] Ah ouais ? [A] Ouais. [R] Après, tu le sais pas vu que de toute façon euh… [A] Oui, je m’en souviens pas ! Mais, je veux dire, je me suis jamais retrouvée à acheter un aliment que je vais jamais manger. Ouais, voilà. Par contre, Lucy, si, je sais que quand elle fronte, elle va manger beaucoup de chocolat et elle va s’endormir avec le chocolat dans la bouche. Alors, quand je me réveille le lendemain matin, j’ai l’air pâteuse. J’ai la bouche pleine de chocolat, genre limite elle a bavé, le coussin marron tellement c’était… [R] Oh, mon dieu! [A] Voilà. À chaque fois que Lucy s’endort, je sais que je vais me réveiller avec du chocolat dans la bouche. [R] Et ben écoute. OK. Est-ce qu’on passerait pas aux conseils qu’on peut donner pour essayer de lutter contre ces abominables pratiques ? [A] Ben moi, j’ai pas beaucoup de conseils, puisque du coup j’ai toujours pas intégré dans mon système que c’était quelque chose de mauvais. Pour moi, c’est toujours dans le déni total. Ouais, moi je suis en déni total. [R] D’accord. [A] Voilà. Donc pour moi les conseils c’est un peu compliqué mais c’est le repas aide qui est le pain au Nutella. C’est la seule solution que j’ai trouvé. [R] Pour ça, c’est pas drôle mais “amusant” dans le sens ironique que tu aies ton diag… Tu as ton diag : d’anorexie, machin etc. [A] Ouais. [R] Mais pour toi ce n’est pas un problème. Pendant ce temps-là j’ai Narriaa, elle est là : “non mais j’ai pas de diag, mais c’est pas un vrai…” enfin tu vois de dire genre : “je suis pas légitime avoir ce truc là mais par contre je sais que j’ai un problème avec la nourriture” machin et tout. [A] Mais tu n’as pas eu de diagnostic sur les troubles du comportement alimentaire ? [R] Mais non parce qu’on va jamais… On est jamais allé consulter de psychiatre. [A] Mais là, maintenant ? C’est un psychologue ? [R] Nous on voit un psychologue. Et ensuite on lui a pas demandé d’émettre des diagnostics donc il le fait pas… [A] Il peut pas de toute façon [R] De toute façon, voilà. Mais ce que je veux dire c’est que, même, il pourrait mettre des préconisation, enfin des éléments comme ça et par exemple aussi — je suis désolée mais je sais pas pourquoi c’est moi qui pense toujours aux problèmes des autres, mais bon — Na, elle a un problème, elle a commencé à lui en parler par exemple : au travail, quand elle stress, elle mange. Il faut qu’elle mange un truc. Elle va ranger tout ce qu’elle ramène à grignoter dans le tiroir de sa collègue parce qu’à chaque fois, du coup, il faut qu’elle se lève, faut qu’elle aille jusqu’à la collègue, et elle a honte et elle est là genre : “du coup ça devrait me ralentir”. Et je suis… comment dire… J’aurais bien voulu qu’on rajoute pas une couche de honte supplémentaire dans l’équation, parce que je pense que c’est déjà assez compliqué comme ça mais admettons, et pendant un moment c’était du mars, sneakers, machin, etc. Donc forcément, tout ça est allé se déposer dans nos superbes miches. On a pris un petit peu de poids et subitement c’était la catastrophe, la fin du monde. La diéticienne qui vient en travail nous avait conseillé de pas bannir, en fait, cette habitude là, mais juste de remplacer par des trucs plus sains. On est passé sur des fruits sec du coup. Et de faire aussi de petites portions. On emmène en fait des tout petits bocaux de fruis sec et on a le droit, entre guillemets, qu’à “un par jour” [A] Un bocal ? [R] Ouais, un petit bocal. Et ben c’est mieux qu’un mars, forcément. …Pourquoi je te parlais de ça ? [A] Je sais pas. Mais on parlait de — [R] Ah oui, du psy et “est-ce qu’on lui en avait parlé ?”. Quand on lui a parlé de ça, nous notre psy c’est la TCC qu’on fait, il faut qu’on soit très clair sur ce qu’on veut traiter ou non. Et si on lui dit pas “c’est un problème qu’on veut traiter”, on en parlera pas. [A] OK. [R] Puis alors en plus, quand Na elle te dit qu’il y a un truc qui va pas, elle le fait à sa manière. Donc en gros, elle ose pas t’avouer qu’elle a un problème avec ça, et qu’elle aurait besoin d’aide, parce que ça la tuerait. Donc forcément, elle est là genre « Oui, alors il se pourrait qu’au travail quand je suis stressée, je grignote.” Là, elle regarde, elle attend de voir. S’il a pas de réaction, elle part du principe que ce n’est pas un vrai problème pour lequel elle n’a pas le droit de se plaindre et qu’elle n’a pas le droit de demander de l’aide ! Bienvenue dans mon système ! Donc bref. [A] On était sur les conseils. [R] On était sur les conseils, effectivement. Donc de la tartine de pain et de Nutella pour le… [A] Pour manger. [R] Pour manger. Pour se motiver à manger. Nous en tant que conseils… Mais c’est que des conseils par rapport aux problématiques qu’on a eu, donc tout cet aspect “manque d’alimentation”. Les trucs de base, que Na appelle le “bâton ou la carotte” genre : “Si tu veux pas manger…” Le bâton, j’aime vraiment pas cette idée ! “Si tu veux pas manger et tu n’auras pas le droit de faire cette activité.” [A] Ouais. Tu te prives. C’est la privation encore une fois. [R] Ouais, c’est encore la privation. C’est encore te punir sur un truc que tu fais pour te punir. Enfin, un moment voilà. Donc le bâton, on oublie. Allez, ça dégage. La carotte par contre… ça, pourquoi pas ? Éventuellement. “Si tu manges un repas, même si ça te fait chier, derrière tu pourras faire une activité cool”. Ou faire une activité cool pendant que tu manges aussi. Il y a beaucoup de personnes qui, par exemple, vont allumer YouTube pour ne pas enfin… Ouais, pour ne pas faire attention au fait de manger. [A] Ouais, mais tu vois l’hôpital, au final, c’est quelque chose que nous on a appris qu’il fallait pas faire. [R] Pourquoi ? [A] Parce qu’il faut apprendre à manger en pleine conscience. [R] Ouais. [A] Et c’est vrai que, en ayant fait l’expérience de manger en pleine conscience, c’est totalement différent. Tu vas pas ingurgiter l’aliment parce qu’il faut l’ingurgiter. Tu vas vraiment savourer, tu vois, l’aliment. [N] Je vois ce que tu veux dire. Mais je pense aussi que quand tu es en galère et que tu arrives pas à manger, tu vois, si le tuto YouTube c’est ce qui te fait manger ton repas, ben go tuto YouTube. Mais… Va manger un repas en pleine conscience quand tu as pas envie de manger. Enfin, comment ils ont… comment ils vous ont fait faire ça ? [A] Ils ont fait faire ça avec des fruits ou des chocolats, c’est pas pareil. [N] Je déteste manger des fruits. J’aime pas les fruits. C’est pénible. [A] J’adore les fruits. [N] Mais non, c’est… Écoute-moi. Mangez un fruit… [A] Tu as mangé une tarte aux pommes ! [N] Mais parce que tu l’avais préparée ! C’est pas que j’aime pas un fruit, c’est que j’aime pas préparer un fruit pour le manger. Tu perds tout l’énergie que tu manges à manger le fruit. [A] Mais quelle énergie ? Tu croques dedans et c’est fini ? [N] Bah pour une pomme peut-être. Et encore, il faut la nettoyer d’abord. Les pommes, ça va encore. Mais genre, c’est chiant les fruits, je suis désolée. Les cerises même les gens sont : “Ah bah vous pouvez les manger facilement”. Non, une cerise, faut que je l’ouvre pour vérifier qu’il y a pas de vers dedans. Il y a des verres dans les fruits ! C’est pas normal, ça devrait pas être là. [A] Ouais, dans les cerises, il y en a tout le temps. [N] C’est horrible. [A] Ouais. [N] Anyway, excusez-moi. On revient. Quoi d’autre ? Les défis, ça marche bien. “Alors, ah, tu crois que je peux pas manger ça ? Regarde-moi bien.” En tout cas, chez moi, ça marche. L’esprit de compétition. Yay. [N] Les règles, ça marche bien aussi. C’est l’avantage d’être un peu psychorigide, le coup de : “bah, je me suis dit que je devais manger deux à trois repas par jour, donc, c’est deux à trois repas par jour. Donc, je le fais parce que c’est une Règle.” Voilà. Avec un grand R. Et c’est vrai, que visiblement, je suis un peu tordue du bulbe, ça fonctionne bien avec moi. [N] Et considérer que même manger peu c’est un repas, c’est pas mal parce que du coup ça permet de baisser la culpabilité en me disant “bah j’ai pas j’ai pas mangé etc”. Si tu as mangé ton repas, même si ton repas c’était des tomates cerises et noix de cajou ou un machin comme ça. Et n’importe qui d’autre te regarderait et fait “Hm, c’est pas un repas ça”, je t’emmerde n’importe qui d’autre, c’est un repas. [A] Mais quand c’est la seule chose qui passe, tu es bien content de l’avoir mangé et te dire “j’ai mangé”. [N] Oui, mais tu vois pas forcément te dire “j’ai mangé” mais te dire “j’ai fait un repas” parce que le repas est considéré comme un truc bien, tu vois ? Et que, juste dire, « Ah bah, j’ai mangé, même si c’est pas grand-chose” pour moi en fait quand tu te dis ça, tu mets rajoute-le “même si c’est pas grand-chose” et c’est encore négatif. Donc on arrête de rajouter un négatif, “j’ai mangé”, point. Allez, ça c’est fait. Checklist validée. Et ça baisse la culpabilité. Ça te permet aussi de te dire « Ah ben ma routine elle est maintenue ». Et une routine qui est maintenue, ça t’encourage à continuer à la maintenir et tout ça. [N] C’est assez connu, mais ça vaut le coup de le répéter : manger l’aliment sans faire un plat. Genre combien de personnes galèrent à se faire un sandwich mais peuvent manger les tomates, le pain, la salade et le whatever et le jambon, ce que tu veux, séparément les uns des autres. [N] Manger liquide éventuellement, genre tout ce qui est soupe et tout ça. Moi je sais que des fois je ne supporte pas l’idée de mâcher. Par contre, j’ai aussi entendu dire qu’il ne fallait pas que ça devienne une solution trop long terme parce qu’on a quand même besoin de mastiquer. Sinon on peut avoir des problèmes aux dents. [A] Oui, la soupe pour moi c’est l’élément principal de mes repas. Je me dis : “j’ai mangé des carottes, des pommes de terre, de la crème fraîche, de l’eau, du kirry”. Je me dis: « J’ai mangé tellement de choses” alors que j’ai juste bu une tasse, tu vois ! [N] Ouais ouais. [A] Et je me dis « Mais jamais je n’aurais mangé la pomme de terre et les carottes en plat. » Je l’ai fait maison donc je sais ce que j’ai mis dedans. [N] Ah tu les faits maison ? [A] Oui, je l’ai fait maison. C’est la machine qui fait tout. Moi je découpe et puis c’est tout. Non, moi j’ai acheté une machine à soupe. [N] Tu as acheté une machine à soupe. [A] Oui, elle fait soupe, velouté et confiture. [N] Tchat, il faut acheter une machine à soupe. C’est le seul conseil qu’il faut retenir de cette vidéo. [N] Mais on en parlait aussi, ben ça permet de faire la transition. Je veux dire les repas à fort intérêt et faible coût. Genre ta fameuse tartine de Nutella fort intérêt parce que ça passe toujours. [A] Ah mais c’est cher. [N] Oui, non, mais alors par contre je parlais pas forcément de faible coût financier. Je parlais de faible coût “énergie”. Mais c’est vrai que ça peut être un truc aussi financier. Genre, des fois, je me prends aussi un peu la tête avec le prix ou un truc comme ça et me dire : “tu as payé cette brique de soupe 1,50 €, ça va te faire trois repas”. Voilà, des fois c’est juste que je suis contente de faire de superbes économies comme ça. Et je me concentre pas sur le fait que si je mange pas du tout, ça fait encore plus d’économie. Il faut pas penser à ça ! [N] Et sinon, conseils nul… Mais j’aime bien donner quand même des conseils nuls parce que, des fois, ça marche. Même si c’est temporaire… Comme le truc avec la vidéo YouTube, tu vois. C’est pas idéal, mais ça peut quand même t’aider. Et ben de la même manière, comme on l’a déjà dit avant, pour nous des fois manger c’est quelque chose de sain, c’est être d’accord avec le fait d’être en vie et tout ça, et ça peut me bloquer, et ben je fais un truc nul pour la santé avec, en parallèle. C’est pas un bon conseil, j’avais prévu d’office. Notamment, par exemple, ça va être prendre un verre de vin avec. Parce que le vin c’est considéré, dans notre tête, comme étant un truc néfaste pour la santé. Alors que, concrètement, il vaut mieux manger un repas entier avec un verre de vin… [A] que ne pas manger. [N] Voilà. Donc c’est pour ça que je dis c’est pas un bon conseil, mais voilà. Ou alors ça peut être, par exemple, abandonner une activité qui est considérée comme être “bonne pour moi”. Donc par exemple la lecture, je considère que c’est une activité qui est positive parce que ça me permet vraiment de me reposer l’esprit et tout ça et donc je me dis : “ben je devais lire ? bah je lis pas” et je sabote… [A] Ca c’est la punition au final. [N] Oui, tu reviens sur le bâton. Mais moi j’aime bien le bâton. Rhouz il aime pas. [A] Non non non, la carotte c’est très bien. [N] Oui mais les carottes… Qu’est-ce qui m’empêche de prendre ma carotte sans le repas ? Rien. Donc du coup je prends ma carotte. [N] Je rajoute juste : la méthode du podcast, c’est con, mais ça peut éventuellement marcher. J’avais lu ça, j’ai commencé à tester, c’est pas si bête. Et ça j’utilise notamment pour tout ce qui est préparation de plats. Je vais décrire tout ce que je fais comme si j’étais en train de donner un podcast et faire ça permet de déconnecter l’attention de la tâche qu’on est en train d’effectuer. Vous êtes moins en train de penser à : en quoi ça vous fait chier. Et vous êtes plutôt en train de penser à : comment rendre ce podcast intéressant pour pouvoir faire des vues ! Non, je déconne mais c’est un peu l’idée et, ouais, j’avais vu conseillée et je l’ai fait une fois ou deux pour me motiver. Ça marche plutôt bien. [N] Voilà. Et bon donc ça c’est comment se motiver pour manger mais en fin de compte on n’est pas en train de parler des problématiques de fond à savoir par exemple la peur de prendre du poids. Et donc ça, ça peut être un combat contre les stéréotypes, la pression sociale autour d’avoir un corps mince. Et donc j’avais vu des conseils sur internet de consommer pas mal de médias avec du body positivity. Une personne qui disait : mais habituez-vous à avoir des corps gros mis en avant. Un corps gros n’est pas moche. Il est uniquement “moche”, entre guillemets, parce que la société nous a invité à le voir de la sorte. Mais aller regarder des photos qui les mettent, ouais, en lumière, qui les mettent dans un cadre positif. Et habituons-nous à voir ça plus souvent et ça ira mieux. Aujourd’hui, c’est toujours associé à quelque chose de négatif. Vous m’étonnez qu’après le cerveau il fasse des amalgames ensembles. Donc voilà, donc c’est ça. [N] C’est se dire aussi et se répéter que ce qui s’applique aux autres s’applique à moi. Donc je suis désolée mais si je veux me battre contre la grossophobie et ben je peux commencer par moi. Qu’est-ce que je peux faire là-dessus ? C’est de commencer par lutter contre la grossophobie intériorisée aussi. [A] Ah oui dire.. et pas d’aller dire à quelqu’un d’autre “mais tu sais tu peux manger normalement, c’est pas bien de faire attention moi à ton poids” machin et tout. Enfin dur de le de l’entendre, tu vois. Parce que tu te dis : “c’est pas vrai, c’est pas possible, c’est pour pour soulager”, tu vois. [N] Qu’est-ce que ça peut être… ça peut de lister les trucs cool aussi qu’on peut faire quand on a un rythme d’alimentation plus sain. Donc par exemple les activités qu’on peut faire avec de l’énergie. Voilà. [N] Après, en parlant de multiplicité et de comment on peut s’aider les uns les autres, ben chez nous par exemple Rhouz va faire des courses, ou va faire des préparations de repas. Il adore ça, donc il se lance, il cuisine, ça n’en finit plus, tu… Comment dire, tu démarres ton weekend, ton frigo est vide et tu récupères le front, le frigo est plein, tu sais ce que tu vas manger pendant toute la semaine, ton porte-monai est vide. Mais c’est un autre problème. Voilà. Voilà. Est-ce que tu veux partager des choses pour l’hyperphagie ? [A] Ouais. Pour l’hyperphagie, quand j’ai des crises, je sais que ce que je fais c’est que j’envoie un SMS à quelqu’un et le fait d’avoir une conversation avec quelqu’un occupe mes mains. Donc je vais pas manger. Ce qui fait que ça va couper un peu cette alimentation excessive. Non, je pense qu’il faut trouver une distraction pour arrêter de manger. Parce que tu manges pour combler un vide, tu manges par rapport à tes émotions, tu manges tes émotions, quoi qu’il arrive. Donc à ce moment-là, il faut peut-être travailler avec le psychiatre ou la psychologue, pour travailler cette dysmorphie que tu peux avoir par rapport à ton corps. Et puis en même temps c’est l’image que tu as et travailler sur qu’est-ce qui pourrait arrêter une crise d’hyperphagie. Je pense que là c’est… faut en revenir aux professionnels parce que moi-même j’ai du mal à trouver des solutions personnelles. [N] Ouais, c’est un peu la remarque que se fait Waël en ce moment. Parce qu’il en a marre et qu’il est fatigué, le pauvre, et qu’il est là genre « Mais mettez ça chez les professionnels, c’est leur job de nous aider. » [A] Bah ouais, c’est ça. Finalement, c’est eux qui sont censés nous aider. [N] Ouais [A] Je sais pas. Ça marche [N] Et pour l’hyperphagie ? Pourquoi manger répond à ta crise ? [A] J’en sais rien. C’est l’hyperphagie, c’est horrible parce que c’est juste ton corps qui dit « Mange, mange, mange, mange, mange » et toi tu fais « Mais j’ai pas envie de manger, je peux plus, j’ai plus de faim, j’ai plus faim, j’ai plus de place. » Et tu pleures parce que tu manges, tu continues de manger alors que tu es en pleurs. Et tu continues de manger, tu manges, tu manges, tu mange,s jusqu’à tout, jusqu’à un moment où bim, c’est bon, c’est arrêté. Et là c’est fini. [N] Ah ouais…Ouais, non, les professionnels, c’est bien. [A] Les professionnel ! Parce que c’est pareil, on n’a pas de de conseil pour la boulémie parce que c’est pas quelque chose qui nous correspond. Donc : les professionnels de santé, c’est bien. [N] Ouais [A] On va laisser ça aux professionnels de santé. [N] Sinon, grande session de discussion si vous voulez à la fin, là, et de partage d’astuces, tout le monde, pour tous ceux qui galèrent avec ça. On prend aussi hein ! Bref, OK ! [A] Les ressources qu’on a utilisé… Bah la seule ressource qui est peut-être importante, c’est la ligne téléphonique Anorexie Boulimi Info Ecoute. Permanence téléphonique assurée 4 jours par semaine : le lundi, le mardi, le jeudi, le vendredi. [N] Ils n’ont pas fait ça 7 jours sur 7 ? [A] Non ! De 16h à 18h, seulement. Voilà. Donc la ligne d’écoute… [N] En termes de ressources… Pour le suivi psychologique, une possibilité c’est le “soutien psy” qui permet d’avoir jusqu’à 12 séances facturées à 50 € mais surtout qui sont remboursées par l’assurance maladie. Bon après, il faut que le professionnel, le psychologue ou le psychiatre, soit référencé dans la fameuse liste. Et ils sont pas forcément nombreux parce que c’est vrai que ce programme a fait beaucoup débats parce qu’il est estimé non suffisant et peu représentatif des difficultés. En tout cas, ça reste potentiellement une voie aussi qui peut être explorée. [N] Juste pour information, la TCC, les thérapies comportementales et cognitives, visent à résoudre des comportements qui nous posent problème via des exercices qui sont assez normalement, assez simples et applicables. Et le truc, c’est que normalement c’est supposé aussi donner des résultats en une dizaine de séances ou quelque chose comme ça. Donc ça peut être aussi une solution intéressante pour traiter ce genre de problématique. [A] On conclut ? [N] Tu conclus ? [A] Merci de nous avoir écouté ! [N] Et si jamais vous avez des questions ou si jamais vous voulez participer, n’hésitez pas. Et on espère que ça vous a plu et idéalement que ça puisse vous aider un petit peu. Voilà. Bonne journée ! [A] Bonne journée !

Intervention proposée par:

  • Le Nuancier (il/elle/iels/osef | Multiple)
  • Ange (il/elle/iel | Multiple/TDI) https://www.instagram.com/ange.system
    « Ange et Le Nuanciers sont deux systèmes incapables de se décrire. Iels se sont rencontrés lors d’un Kaléidoscope et sont devenus amis depuis qu’iels ont compris que leurs hôtes sont terriblement similaires en matière de galères – galères incluant notamment l’alimentation. Iels espèrent que cette présentation pourra vous être utile ! »