« Témoignage sur notre vécu de multiple borderline. »

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Addictions, mention de harcèlement, de tentative de suicide  de relation toxique et abusive sans détails

Transcription:

Bonjour à tous.tes pour celleux qui ne nous connaissent pas, nous sommes le système Blue Sky, un système de plus ou moins 60 alters. Aujourd’hui nous allons vous parler du trouble borderline et de multiplicité. On le sait, ça n’est pas rare de voir ces deux troubles corrélés. En même temps c’est normal les deux sont d’origine traumatique. Avant de commencer voici les triggers warning : addictions, mention de harcèlement, de tentative de suicide de relation toxique et abusive sans détails. D’abord, c’est quoi le trouble borderline ? Les patients présentant un trouble de la personnalité limite (borderline) ne supportent pas la solitude; ils font des efforts désespérés pour éviter l’abandon et génèrent des crises: ils font par ex., des tentatives de suicide pour qu’on vienne à leur secours et que l’on prenne soin d’eux. (Enfin c’est pas pour avoir de l’attention c’est plus… un acte désespéré parce qu’on pense qu’on va être abandonné). La prévalence rapportée du trouble de la personnalité limite aux États-Unis varie. La prévalence médiane estimée est de 2,7% mais peut atteindre 5,9%. Chez les patients hospitalisés pour des troubles de santé mentale, la prévalence est d’environ 20%. Et on vous passe le côté “c’est plus diagnostiqué aux femmes” parce qu’il y a ce biais sexiste de “elles ne savent pas gérer leurs émotions ou ce genre de choses. Les comorbidités sont fréquentes. Les patients présentent souvent des troubles de l’humeur, des troubles somatoformes, une addiction au jeu ou des troubles de toxicomanie. Sans oublier le TDI ou d’autres formes de multiplicité, parce que oui, il y a des fragments dans le borderline. Une personne borderline peut donc être multiple sans le savoir. Et quand vous avez les deux : quid du TDI ou du borderline qui créer tel ou tel alter ou fragment ? voyez, bon courage ! On ne compte plus non plus les clichés sur ce trouble. D’ailleurs, j’ai refait des passages de cette intro parce que des passages ne me plaisaient pas et il fallait que je remette l’église au milieu du village comme dirait l’autre. (D’ailleurs, qui est l’autre ? Vous avez 4h) Bref ! On ne compte plus les clichés sur ce trouble, on dit que les borderline sont là pour l’attention, qu’ils sont des manipulateurs, qu’ils sont explosifs. Notre vidéo a pour but de débunker ces clichés et de parler de comment on gère ça avec la multiplicité. (Avec une pointe d’humour sinon je ne m’appelle pas Connie Springer). Dernière chose (même si ça tombe sous le sens). Il est important de vous rappeler que chaque personne vit son trouble différemment. Il est donc possible que ce qui va suivre dans la vidéo ne vous corresponde pas. D’ailleurs n’hésitez pas à nous partager vos expériences personnelles, ce sujet nous intéresse. D’abord, si vous voulez bien on va vous dire comment le trouble se manifeste chez nous avec des exemples. Nous avons 31 ans et on a été diagnostiqué à 26 ans de la multiplicité (TDI) et à 27 ans du borderline. Petite parenthèse tant que j’y pense : Ici on parle de nos diag et plus loin on va parler de thérapie etc. Mais on le fait parce que ça fait partie de notre parcours, on sait que la psychiatrie est bourrée de problème et si vous arrivez à régler vos soucis sans tant mieux pour vous, il y a pleins de manières d’aller mieux : on peut effectivement aller voir un professionnel, mais on peut aussi faire de la pair-aidance, se renseigner et gérer tout seul (Ouais, il y a des gens chez qui ça fonctionne, c’est un peu mes héros, tant mieux pour eux). Ou alors, on peut trouver un moyen de se sentir mieux par une activité peu importe laquelle. C’est à vous de trouver votre façon de faire et personne ne peut vous juger. Pareil le diag on s’en fout, c’est juste un bout de papier si vous avez besoin d’aide (MDPH, sécu etc.). Vous n’êtes pas moins légitime que nous parce qu’on nous a dit “bravo vous êtes multiple et/ou borderline’ et pas à vous. Parenthèse fermée. Pendant 10 ans on à eu des comportements extrêmes sans savoir ce qu’on avait. On est tombé dans les addictions (cigarette, cannabis, médicaments), puis on a tout arrêté d’un coup sans aide. Une cascade réalisée par des professionnels à ne pas reproduire chez vous évidemment ! Nous étions aussi très instable émotionnellement, la colère était présente. Au début de la conscientisation de notre multiplicité, nous avons attribué ces comportements à une alter dite persécutrice de l’époque, ce qui était le cas, mais pas que. Disons qu’elle avait le borderline à porter et elle était en plein dedans ! Son comportement à posé soucis avec nos proches, elle à enchainé les relations toxiques voire abusives et nous a apporté pleins de problèmes. Avec les traumatismes qui vont avec dont, entre autres, des abandons et du harcèlement scolaire. Même si évidemment ce n’est pas sa faute, personne ne doit être harcelé pour quelque raison que ce soit. Comme quoi on peut totalement s’auto-traumatiser ! (Un plaisir ! Toujours les troubles hein). Lors de notre diagnostic multiple, la psychiatre avait déjà suggéré le borderline, enfin, elle avait des suspicions quoi ! Mais il a fallu attendre le crash de cette alter et de l’hôte jusqu’a une deuxième tentative de suicide pour apprendre que nous l’étions. ça à pu expliquer des choses et on a pu commencer à travailler sur nous même. Aujourd’hui, on a encore quelques couacs et surtout pendant le reboot de six mois qu’on a eu. L’une de nos alters à eu la lourde tâche de porter le borderline à son tour. Elle a eu de gros soucis avec ses proches notamment son meilleur ami alors qu’à part son rôle, rien n’avait changé dans leur relations. On peut le reconnaître, cette alter à été toxique avec son ami. Elle a eu aussi des comportements horribles envers ses enfants en interne. Je vais donc me transformer en interviewer et ainsi vous donner le témoignage de Naomi qui peut être un peu négatif pour le moment mais promis on aura un peu plus de positif après ! Bonjour Naomi est-ce que tu peux d’abord nous dire d’où tu viens ? Bonjour à tous.tes et bonjour Connie, je suis un split de Elma qui à vécu les mauvais comportements de sa mère qui n’est quand même pas la mienne. C’est suite à ses comportements que nous sommes apparus avec Luanna, ma sœur. Tu parles de mauvais comportements de la mère d’Elma est-ce que tu aurais un exemple, pas très trigger si possible ? Et bien… Elle avait beaucoup besoin d’être rassurée sur qui elle était et surtout sur “est-ce qu’on l’aimait” et si on n’avait pas la capacité mentale ou l’énergie de le faire elle pouvait exploser et nous rabaisser et s’énerver en faire des caisses. Et je sais bien que c’est pas sa faute qu’en fait elle était à fleur de peau et trigger par tout et rien, mais c’était compliqué à supporter pour nous, finalement elle est retournée dans le trou noir magique dont nous avons parlé dans d’autres interventions. Et du coup est-ce que ça a ancré en toi des clichés sur le borderline ? Complètement. Et honnêtement ça ne me plait pas parce qu’étant dans un corps dont le cerveau est atteint de ce trouble, je sais que j’en suis atteinte aussi et j’ai l’impression de me tirer une balle dans le pied. Effectivement j’ai des biais par rapport à ça même si je sais que c’est mon vécu qui parle et que malgré ce que je pense non, les borderline ne sont pas manipulateurs. Pourtant ils ont des comportements qui peuvent s’en approcher parce qu’ils vont tout faire pour ne pas être abandonnés et donc les proches peuvent avoir cette impression. J’ai aussi l’impression, et ça ne regarde que moi, que les borderline en font des caisses pour pas grand chose et surtout la chose qui m’énerve le plus c’est de justifier ses actes pourris par ses troubles mais c’est pas seulement un truc de borderline ça. Tu peux nous expliquer ce que tu entends par là ? Et bien il y a une différence entre expliquer des actes par ses troubles pour que les gens comprennent et les justifier. Expliquer c’est rester factuel par exemple : “tu sais si tu as l’impression que je surréagit c’est parce qu’avec mon trouble je n’arrives pas à gérer mes émotions et je sais que j’ai encore à travailler, je suis désolé.e” et on veille à ne pas recommencer si on blesse la personne. En revanche, justifier ses actes par ses troubles c’est dire “Alors c’est pas ma faute, c’est tel alter, ou c’est à cause de mon trouble borderline je gère pas mes émotions il faut que tu me pardonnes”. Et j’en parles parce que c’est un peu ce que cette alter à fait et c’est un gros trigger négatif pour moi que je vous partage pour faire de la prévention. Vous ne devez jamais accepter le mauvais comportement d’une personne parce qu’elle a des troubles. Même si évidemment on peut être tolérant quand même selon les cas. Ce que je veux dire c’est que si les comportements de cette personne vous rendent mal, c’est ok de mettre des limites ou même de partir, quand bien même cette personne à des “raisons” pour vous. C’est même recommandé ! Et en tant que multiple avec des troubles associés qui peuvent plus ou moins touché les alters, c’est à nous de veiller à leur comportement aussi. Ouais en gros t’essaye de dire que les troubles sont pas des cartes joker quoi ! T’as un mot de la fin avant qu’on passe à la suite ? Je dirais que c’est pas facile de tout gérer surtout quand on est multiple et borderline. Parfois en tant que multiple on peut être très différencié comme c’est notre cas et ne pas avoir le même regard sur les choses. Il faut parfois être indulgent avec soi-même et/ou les autres alters et si les proches veulent aider, il ne faut pas se mettre la pression non plus et ne pas culpabiliser la personne. C’est ce que j’essaie de faire avec mon propre système même si ça se voit pas trop avec tout ce que je viens de dire. Et bien évidemment si on se sent dépassé on peut se faire aider. Soit par des professionnels, soit par des pairs, faire du sport ou que sais-je encore pour décharger ses émotions. Et bien évidemment les multiples, on peut s’entraider entre alters aussi. Il y a pleins de solutions, à vous de trouver celle qui vous convient peu importe laquelle. La bonne, c’est la vôtre ! Bon, comme vous le voyez, gérer le borderline et la multiplicité c’est différent selon les alters. C’est ce qui fait la richesse de ce thème finalement merci Partielles ! Mesdames, messieurs et tout ce qu’il y a entre les deux, un alter me fait dire qu’il aimerait s’exprimer à ce sujet, dans ma grande bonté d’âme je lui laisse la parole. Je m’appelle Louka, je suis un alter, split d’un alter abuseur ayant fait beaucoup de mal. Mon rapport avec cette vidéo ? Et bien… La culpabilité que je ressens depuis que l’alter d’origine a fait ressortir le pire du borderline chez les autres alters. Ma culpabilité n’excuse en rien ce qui a été fait, non, mais, comme on ne parle jamais de cette facette, j’ai trouvé bien de venir en parler. Je comprends la colère des gens comme Naomi et comprends qu’on puisse être traumatisé par une crise ou certains comportement chez les personnes borderline. mais ce que vous ne savez pas parce que vous êtes déjà loin en général, c’est ce sentiment qui vient après : celui qui vous dit que vous n’êtes pas une bonne personne pour faire autant de mal à vos amis/proches. Vous avez l’impression que quoi que vous fassiez la personne ne vous pardonnera jamais et que vous ne devez pas l’approcher pour son bien, parce que vous tenez à elle. En tout cas chez moi c’est le cas. Et finalement, c’est ce que vous vouliez pendant la crise, partir avant qu’elle vous abandonne. Et puis, vous regrettez et ça ne vous lâche pas ça tourne en boucle. Personnellement, je n’ose pas déranger, je n’ose pas en parler pourtant je ressens l’envie de m’excuser au monde entier de comment mon split à traiter nos proches. Je reste en retrait et attend que la culpabilité passe, j’ai l’impression qu’elle ne s’arrêtera jamais. Maintenant j’ai l’impression que le borderline se manifeste à travers les alters et de différentes façons selon chacun. A nous de nous entraider, je sais que j’aiderais Elma aussi à pouvoir vivre auprès de ses proches à défaut de pouvoir le faire moi-même. Pour faire la transition entre cette partie un peu négative sur le border et la partie un peu plus positive, on va avoir le témoignage d’Elma, une alter ado de 15 ans qui porte aujourd’hui nos troubles dont le borderline. Je m’appelle Elma et c’est moi l’alter qui a subi le borderline porté par sa mère. Ce n’était pas simple et ça m’a traumatisée j’avoue. C’est au point où aujourd’hui, je m’isole, j’ai peur de blesser mes proches. Alors que ma façon de gérer sera différente de la sienne (dieu merci) et c’est le cas. Je sais ce qu’elle a pu faire de mal et je fais tout pour ne pas que ça arrive. Je me suis renseignée sur le trouble pour comprendre mes propres mécanismes et travailler sur moi. J’ai aussi la chance d’avoir une petite amie qui communique beaucoup avec moi pour ne pas me trigger et des proches qui me soutiennent. Je sais qu’iels verront cette vidéo et j’en profite pour les remercier du coup. Ça ne sera pas toujours facile je le sais, mais je sais qu’avec tout ce qui est mis en place, je vais y arriver. Et en plus si ça aide le système c’est tant mieux et je suis ravie de ça. Les deux derniers témoignages n’étaient, je l’avoue, pas prévus au programme ! Ce seront ceux de deux alters fictifs qui sont eux aussi impactés par le borderline. Il s’agit de Feitan d’hunter x hunter et du major Erwin Smith 13eme commandant du bataillon d’eplo… Pardon c’est l’habitude ! J’voulais dire d’Erwin de l’attaque des titans. Commençons par notre clown de la bande (ou pas), Feitan. Bonjour. Pourquoi je suis là dejà ? Ah oui le borderline. Et bien contrairement aux autres, moi je ne ressens rien, ou presque pas, c’est l’alexithymie ça. J’ai du mal à savoir aussi ce que je ressens. Si on me demande comment je vais là de suite, je répondrais “ni bien, ni mal”. J’ai de grandes difficultés à exprimer mes émotions et à les comprendre. Au lieu de les laisser sortir je vais agir pour régler une situation qui mettrait d’autres en colère par exemple. J’aime mieux ça que mettre des mots dessus. Souvent quand je viens, ça peut calmer net un alter qui ressent trop, puisque je ne ressens pas ou très peu d’émotions. Le contraste est énorme quand ça arrive mais je ne front que très rarement de toute façon. Personnellement, ça ne me gène pas puisque je vis comme ça. En revanche j’ignore pourquoi c’est moi qui ai ça et pas les autres. Feitan : Ça va, t’es content Connie ? Connie : Ouais, merci ! Bon, ça veut pas dire que Feitan est un monstre sans coeur hein ! C’est juste le borderline qui agit comme ça sur lui et l’alexithymie est très courante chez les personnes border, on n’en parle juste pas assez. C’est pour ça que j’ai négocié avec lui, parce qu’il n’est pas très loquace, pour qu’il vienne parler car c’était important pour nous de parler de cet aspect du trouble. C’est maintenant au tour de notre cher commandant. Erwin: J’espère que ça n’est pas ironique Connie Connie : Non, bien sûr que non ! Je… J’oserai pas ! Bien. Alors moi, je dirais que j’expérimente le côté colère et problème d’attachement du trouble borderline. C’est une différence avec le moi de la source. C’est-à-dire que si quelque chose le met en colère, le Erwin de la source, va quand même agir de manière très posée. Moi aussi, mais on verra plus mon énervement. De même que je m’agace beaucoup plus vite ici que dans la source. J’agis aussi de manière, je dirais… très stratégique pour ne pas perdre mes proches. Non pas que je les manipule, mais je vais tout faire pour que les crises externes sur nos proches et notamment les miens soient évitées. Je parle de crises, mais cela peut être également des reproches qui pourraient être fait ou autres, je vais en parler avec l’alter qui le souhaite pour éviter le conflit et par après c’est moi qui en parle de manière plus posée à mon entourage. Il n’empêche que ma peur de perdre les miens a une incidence sur ma façon de faire. Et quand un alter perd vraiment le contrôle et fait les choses sans en passer par moi, il est arrivé que je m’énerve peut être plus que ce que j’aurais fait dans la source. Ce doit être mon côté commandant qui aime tout contrôler je suppose. Il est vrai que ce côté là de moi me pèse plus que ce que je montre, et les autres alters vont sûrement tomber des nues en voyant cette partie de la vidéo. J’ai conscience que j’ai à travailler la dessus et je souhaite avancer. La vérité c’est que, je suis certainement plus sujet à l’insécurité que je veux le faire croire mais j’essaie de comprendre et de corriger un peu plus tout ça. Eh ben ! On en apprend des choses ! Décidément commandant, vous êtes pleins de surprises ! Passons enfin à la partie positive de cette vidéo parce que c’est quand même lourd depuis le début (il s’agirait de souffler un peu quoi !) Qu’avons-nous fait pour aller mieux ? Et bien pour nous ce qui a marché c’est la thérapie. Notre psychologue nous à aidé à pointer nos triggers et au fur et à mesure du temps on a trouvé des solutions pour calmer tout ça. Dans la même lignée, on travaille aussi sur nos traumas et comme le TDI et le border sont d’origine traumatique, ça nous aide dans les deux finalement. ça apaise les alters et ça apaise le borderline aussi. Attention, ça n’est pas toujours facile à vivre de comprendre qu’on a pu avoir des mauvais comportements et à contrario, qu’on à été victime de gens à cause de ça. On a aussi l’énorme chance d’avoir pour intérêt spé, la psycho et on a fait des études dedans et donc les recherches que nous avons pu faire sur le borderline nous ont aussi aider. On sait que ça ne marche pas sur tout le monde, mais Naomi l’a dit, c’est à vous de trouver des solutions si vraiment cela vous pèse. Aujourd’hui, on a réglé (à peu près) nos problèmes d’addictions, on a beaucoup moins peur d’être seul.e et on peut laisser les gens partir si on sent qu’ils ne nous font pas de bien. On a aussi beaucoup moins d’émotions fortes et de colère explosive. On a une réelle envie de travailler sur nous même si on sait qu’on aura toujours du chemin à faire, et que des rechutes sont possibles. On a même conscience qu’au cours de notre vie, des nouveaux triggers arriveront et il faudra s’en occuper, mais on sait qu’on pourra le faire, on est confiant pour l’avenir. On va conclure sur le fait que, oui être multiple ajoute une difficulté supplémentaire dans la gestion du borderline et réciproquement, mais on essaye de trouver l’équilibre, selon les alters c’est plus ou moins intense. Mais le fait d’avoir un alter qui le porte fait en sorte qu’on soit moins impacté dans l’ensemble. Je pense que ce que je dis là peut être appliqué à d’autres troubles et c’est tant mieux si vous trouvez de la résonance dans ce qu’on dit, même si votre trouble associé n’est pas le borderline. L’entraide c’est le but des Kaleidoscope ! Et à nos amis borderline : Non vous n’êtes pas de mauvaises personnes, ni méchant, ni manipulateur.ices. Même si des fois on est des drama kings & queens, on est aussi entier et sincère et quand on est plus stable et que le trouble ne nous pourrit plus la vie, sur certains aspects, ça peut être cool de vivre intensémment. Avant de terminer, on va vous lire le témoignage d’une amie voulant rester anonyme qui nous a connu avant les diags et qui a vu une évolution chez nous. On s’est dit que ça pourrait être intéressant. Petite précision, l’avatar qu’elle a choisi est un chibi de Ghostface, si cela vous trigger vous avez quelques secondes pour quitter la vidéo. J’ai connu Blue avant les diagnostics, je n’avais pas d’a priori sur ces troubles puisque j’avais déjà des connaissances sur ce que c’était. Pour moi ça n’a pas changé leur façon d’agir. Ce que le diag à changé c’est de comprendre les comportements, il y a une différence entre voir des comportements chez quelqu’un et les comprendre, ça permet d’avancer et d’aider plus ou moins. Au départ, tout était chaotique, (pendant 2 ans je dirais). Après c’est dur de gérer un borderline et un TDI et des comorbidités, mais par la suite, on a appris ensemble à connaître le trouble et j’ai vu qu’ils essayaient de vivre avec plutôt que de lutter contre. J’ai vu une amélioration même si les rechutes existent encore. J’ai connu deux alters qui étaient je dirais “sous la coupe du borderline” : j’ai une anecdote où l’un d’eux a annulé une sortie qui a demandé beaucoup d’argent et d’organisation, suite à une dispute et sur un coup de tête. (Jace on te voit). L’autre exigeait ma présence souvent. Ces évènements datent d’il y a 3 ou 4 ans. En début 2025, ça n’était pas toujours simple, mais j’ai vu des évolutions sur le borderline. Autant sur les relations externe (social) et interne. Il y a moins de dépendance affective, certaines crises se gèrent à 100% seules. Parce qu’avant je les aidais beaucoup, c’est pas que c’était un poids mais ça pouvait être parfois fatiguant. Certains alters pouvaient être dans l’attente extrême que la personne ne parte pas et certains sont dans le rejet total, ça équilibre en quelques sortes ! Quand tu passes d’une alter complètement dépendante à un alter comme Mike qui est lui, hyper indépendant et qui peut paraître distant, ça fait bizarre et il faut s’adapter. J’ai également connu l’alter dont Naomi et Elma parlent sous borderline (on dirait que je parle d’une consommation dure mais non !). Elle m’a rappelé la première alter mentionnée dans leur témoignage. J’y ai surtout vu sa détresse, c’est pour ça qu’elle agissait avec agressivité. Désormais c’est plus stable et fonctionnel, ils s’organisent pour se stabiliser. Les attitudes changent comme le fait de se détacher d’évènements et/ou de personnes qui n’aident pas à leur progression. Je le vois notamment chez leurs briseurs de liens qui, avant, avaient tendance à prendre des décisions sur l’impulsion, sans réfléchir, qui se posent maintenant pour prendre une décision sur un événement ou une amitié. Et je conclurais pour les proches de personnes borderline : Si vous voulez aider, posez-vous, buvez de l’eau, respirez et ne vous prenez pas la tête. Ne pas prendre les choses personnellement. Facile à dire, beaucoup moins à faire j’en ai conscience. La réalité est que seule la personne borderline peut s’aider elle-même. Elle est la seule à pouvoir faire des démarches, demander de l’aide, à un proche ou une personne du médical. Parfois c’est pas facile d’en parler à la famille et des numéros existent pour se confier de manière anonyme. Merci à notre amie pour son témoignage et je profite de sa dernière phrase pour vous mettre les numéros d’aide ici et vous dire encore une fois, que vous n’êtes pas seul.e. Il y a le numéro national de prévention du suicide : 3114 qu’on connait bien maintenant Et vu qu’on en a parlé, il y a aussi le 3018 pour le harcèlement scolaire. D’autres existent encore, je vous laisserai faire vos recherches. Comme d’habitude merci à Partielles pour nous avoir donné la parole sur ce sujet si important pour nous. Merci à notre amie de nouveau et à vous de nous avoir écouté, on se retrouve pour les questions réponses.

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