Un.e alter moyen sera conscient de ses headmates, alors qu’une alter mask de les percevra pas. Iels sont quasiment pas visible pour elle

Texte alternatif :

L’image est en deux partie. À gauche, un texte « Pour un·e alter moyen » 3 tête de chat (représentant des alters). L’une plus grande en haut au milieu, les deux autres plus petites en bas à gauche et à droite. Celle en bas à gauche dit « coucou ». Sur la partie droite de l’image, un texte « Pour une alter mask » 2 tête de chats. L’une est plus grande et haut au milieu, et l’autre, en bas à droite, plus petite et presque totalement transparent (on le voit quasiment pas)

Texte complet :

tw : Dénis, Masking, référence au masking forcé (dans la partie théorique)

Avertissement de Inihène : d’habitude chaque vidéo ou article qu’on produit va prendre une position plus ou moins cohérente, quitte à contredire un·e autre article ou vidéo. Mais pour cet article spécifiquement (et ce sera probablement pas le dernier), des alters pourront parfois exposer des avis contradictoires entre elleux. Comme vous vous en doutez peut-être, on n’a pas les mêmes avis sur le sujet, et on a trouvé plus simple cette fois-ci de l’assumer directement. D’ailleurs, il n’y a pas d’avis unifié ni même majoritaire, sur le sujet, comme pour beaucoup de sujet d’ailleurs au niveau du système. Aussi les opinions exposés n’engagent que l’alter qui les exprime.

Chagris et Rizi sont spécialisé.e.s sur la multiplicité Saphia est une alter spécialisée dans introspection et assez proche des alters mask Zala est une changeforme venue en renfort pour cet article Adarila est une alter sociale spécialisée dans les réseaux sociaux

(Adarila en cofront avec Inihène) Salut, dans cet article on va parler d’alter dont la fonction principal est de masker.

Quelques précisions…

(Adarila en cofront avec Inihène) Alors, pour comprendre de quoi on va parler. On va donner des précisions. J’imagine que grande majorité d’entre vous sait c’est quoi le masking. Pour les rares personnes ici qui sauraient pas, c’est quand on est neurodivergent et qu’on cherche à camoufler les traits neurodivergent. Et ce, soit pour arriver à donner l’impression qu’on les a pas du tout, soit pour les faire passer pour autre chose pour les rendre plus acceptable. Cependant, quand on est concerné.e par plusieurs formes neurodivergence, on peut essayer de tout masquer ou une partie. Par exemple, un·e alter d’un système autiste peut décider de masker l’autisme, la multiplicité, voir les deux. Et le masking peut être plus ou moins conscient selon les personnes/alters, les situation, les besoin, etc.

(Inihène) Quand on parle d’une identité singlet qui est utilisé comme paravent pour masquer la multiplicité on parle de singletsonna

(Adarila en cofront avec Inihène)Là, dans la partie théorique de cet article, on va parler du masking en général, et ensuite dans la suite où on parle de notre vécu, on parlera essentiellement du masking de la multiplicité, mais sachant qu’on est aussi concerné par d’autres neurodivergence et les autres vont être aussi plus ou moins bien masqué dans la foulée.

(Rizi) Très important : on va parler de rôle, mais bien sur, il n’y a aucune obligation d’avoir un rôle dédié sur le masking pour masker. N’importe quel alter peut masker si iel sait comment s’y prendre, et n’a même pas besoin d’être un·e alter social ou protecteurice. D’ailleurs, pas d’injonction au masking non plus. Ça reste une tache coûteuse dans de nombreux cas. Ne vous sentez pas obligé.e.s de masque la situation n’en vaut pas la peine.

Un peu de théorie (Inihène) Cet article sera du témoignage pour l’essentiel. Cependant, on veux poser des éléments théoriques auparavant sur le masking en tant que rôle, pour montrer d’autres exemples de comment le rôle peut fonctionner et que notre expérience est loin d’être la seule possible. De plus, on connaît pas de ressource en français et on se dit que ça doit manquer. (Néanmoins, Epsi et Kara parlent du masking dans une vidéo, mais sous une autre approche).

(Inihène) Bien sûr, ce sera très loin d’etre exhaustif et ne vous inquietez pas si votre fonctionnement ne s’y retrouve pas, il reste légitime (en l’occurence, le notre ne correspond à aucun des rôles cité par pluralkit, même s’il peut s’en rapprocher de certains).

(Inihène) Il y a des alter qui vont avoir un rôle de holder et qui vont contenir les traits neurodivergents pour qu’ils s’expriment moins chez d’autres alters. De manière analogue, il y a les manager qui vont dealer avec les traits sans forcément les contenir. Il y a des posier (il n’y a pas d’équivalent français) qui vont apparaître dans les situations professionnelles ou autre situations nécessitant d’avoir un comportement assez normé et notamment apparaître comme neurotypique et/ou singlet. Iel peuvent apparaître aussi pour protéger un·e autre alter. Il y a les garde de système qui vont protéger le système de situations qu’ils considère comme dangereux ou unsafe en cachant le système (le système ne sera pas visible). Les masqueu·rs·ses vont venir en cofront/coconscience d’autres alter pour les aider à masquer et adopter un singletsona. L’obfuscat·eur·ices va ressembler au masqueur, mais il va forcer le masque au détriment des autres alters et de ce qu’iels souhaitent. Les caesien·ne·s vont être détachés conséquences des trauma et vont masquer le système en présentant comme singlet. Les anonymes vont adopter le signetsonna et/ou passer pour un·e autre alter ou une identité flou et faire en sorte qu’iels ne sont pas identifiable en soit.

(Inihène) À noter qu’on utilise aucune des étiquettes pour nous. On désigne les alters qui maskent chez nous tout simplement comme alters mask.

Nos alters mask, une approche radicale

(Chagris) Maintenant, on va parler de nos headmate qui ont comme rôle de masquer. La difficulté avec elle, c’est que la nature de la fonction la rend invisible. Comme elles masquent, elle n’ont pas conscience de masquer. (Chagris) En l’ocurence chez nous, l’approche des alters mask est radicale. Pour elles, « masquer la multiplicité » veut dire « passer pour singlet », et le meilleur moyen qui s’est construit (évidemment c’est inconscient, elles n’ont pas conscience du tout de masquer) c’est : croire qu’on est singlet. Mais vraiment, littéralement. Les alters en question se considèrent comme singlet. Quand elles sont au front, la multiplicité du système n’existe pas, tout les souvenir en rapport à la multiplicité sont occulté (et c’est comme s’ils n’existait pas). Elles n’entendent pas les autres alters, et leur identité c’est le singlet sona, et leur prénom c’est le prénom du corps (fin pas en interne, mais en gros, on a dû leur choisir des prénoms qui attendent toujours une validation ou une invalidation qui viendra peut-être jamais).

(Chagris) Elle refuseront d’admettre qu’on a plusieurs singlet sonna, car ça admettrait déjà qu’on soit pas singlet. (Je sais même pas si c’est vraiment admis pour elles qu’elle soit pas exactement la même personne d’une situation à une autre).

Une absence de coopération (Chagris) Ça leur viendrait jamais à l’idée de venir sur le discord interne du système car ça ne fait pas sens pour elles. Dans les rares cas où elle parlent sur des serveurs discord où on utilise Plural Kit, elles y arrivent uniquement parce qu’on a mis des proxi13 exprès pour elle (et encore, il est probable que certaines boycotte les discords en question, pas par désaccord, mais juste que ça fait pas sens pour elles).

Mais c’est plus compliqué que de déni…. (Chagris) Ça peut ressembler à du gros big déni. Mais c’est dans les fait bien plus compliqué que ça. Il y a quelque chose d’existentiel. Un mélange de peur d’être exclus et le fait de ne pas vouloir vivre comme si elles était en collectif. En fait elles veulent être vues comme singlet par le gens. À la fois pour que les interaction soient plus simple, surtout qu’aucun·e alter social.e ne trouve évident de se présenter comme multiple auprès des gens, même quand lesdi.te.s gens le savent déjà. Comme nos switchs sont fréquents, c’est rare qu’on soit pas plusieurs à se succéder dans une conversation, ce qui rend le suivi des switch impossible pour nos ami.e.s.

Les implications (Zala) Et tout cela a des implication fortes : Déjà elles imposent un style vestimentaire unique. Les goûts vestimentaire des alters varient énormément d’un·e alter à une autre, et de fait, spontanément, notre style vestimentaire quand on est dehors varie énormément d’une fois sur l’autre (ça va dépendre de qui habille le corps). Selon les alters mask, ça nous rend inconsistant·e·s auprès des autres (avis très contesté en interne), et c’est pour ça qu’elles veulent qu’on suive un code donné (un peu large, car ce serait difficile sinon pour tout le monde de le suivre). Ça convient évidemment pas à tout le monde, mais ça reste le fruit d’un compromis. Néanmoins certain·e·s réclament le fait de pouvoir avoir des occasions de s’exprimer vestimentairement, mais les règles pour ça sont assez précis : assez loin des endroit qu’on fréquente habituellement, du coup dans d’autres villes, et auprès de personne qu’on recroisera très probablement pas. Autant dire que les occasion se présentent pas souvent. Elle posent un veto sur de nombreux coming out multiple. Ça a pu être l’objet de nombreux conflit, mais après l’échec d’un grand nombre de coming out (qui n’était pas de leur fait), beaucoup moins d’alters ont la volonté de sortir du placard auprès des gens.

Le mythe de l’identité unique (Zala) Elles rentre aussi dans un mythe : celui que « notre » personnalité, « nos » goûts, « nos » envies, « notre » perception, sont commun, selon un singlet sonna assez bancal (car il n’est pas le même selon les alter mask) et ne correspond pas à grand-chose, car même si elles refusent de l’admettre (en dehors de cas particulier), elle ne suivent pas le même singlet sonna. Mais elles vivent mal l’idée qu’on puisse avoir des avis contradictoire, un genre pas juste femme binaire (c’est pas la non-binarité qui les dérangerait néanmoins, mais plus le coté fluide) et des orientation sexuelle et romantique fluide. Le pire c’est qu’à cause de tout ça, on ne sait pas trop quels sont vraiment la part d’elles dans tout ça puisqu’elle se contentent de suivre un schéma pré-établis plutôt que de s’assumer. Quitte à parfois entrer dans des incohérences absurdes (heureusement les gens s’intéressent rarement assez à nous pour les remarquer, car si cela arrivait, elle le vivraient très mal).

Raison d’être de ces rôles (et pourquoi ce sont des rôles qui ne doivent pas être considérés comme indésirables)

(Saphia)Ces rôles peuvent être associé à du négatif à cause que du fait qu’une situation de masking peut être vu comme négatif, et que peut pas s’assumer quand on masque, etc. et/ou parce qu’on va voir ça comme une forme de gros déni. Mais c’est une erreur de penser comme ça (vis à vis des alters mask de notre système en tout cas, je veux pas généraliser ça pour tout les systèmes) Et pourtant, c’est une erreur qu’on fait certain.e.s headmates au début (et d’ailleurs certain.e.s headmates continuent de voir ça comme du déni . C’est bien plus compliqué que du déni, et j’espère qu’avec les élément qu’on a mis plus haut, vous commencez à voir pourquoi. C’est un mécanisme de survie qui est lié au fait que le milieu dans lequel on évolue reste assez hermétique à la multiplicité (même dans les milieux militants, on ne compte plus le nombre de coming out raté et où la personne continue à nous traiter comme si on était singlet) et où se présenter comme multiple peut mener à de l’incompréhension, du rejet voir nous mettre en danger. Évidemment, ce rôle n’existerait peut-être dans un mode idéal, mais serions-nous multiple dans ce monde idéal alors qu’on aurait probablement pas cette liste de trauma divers et variés d’apparence infinie ? Va savoir ! Au final on a pas la preuve formelle que notre multiplicité a pour origine nos traumas. Mais puisqu’on est pas dans ce monde idéal, ce rôle apparaît comme très utile et même nécessaire.

(Saphia)Très utile, car au final, le mask ne leur demande aucun effort puisque c’est leur comportement par défaut et que tout est calibré dans leur esprit pour que ça fonctionne « naturellement » : aucun signe de multiplicité leur apparaît et dès que le sujet de la multiplicité semble venir, elle partent du front laissant leur place à quelqu’un d’autre. Évidemment ça a des contrepartie : la communication et la coopération est extrêmement compliqué, elles peuvent tenir des positions qui sont loin de faire l’unanimité, et rester au front face à des singlet qui connaissent et accepte notre multiplicité et du coup pas comprendre pourquoi « on » va dire « je » et parler comme si on était singlet. Et le mapping est quasi-impossible, c’est probablement les alters dont on a le moins d’info (en admettant qu’on a pas d’alter caché ou secret). Rien que pour savoir si elles étaient d’accord pour qu’on fasse cet article, on a du utilisé des méthodes ultra compliqué, et s’y prendre à de nombreuses reprise, et on a aucune idée de la proportions d’alters qu’on dit effectivement « oui » (juste qu’on a jamais eu de non). Mais bon, on fait avec.

(Saphia) Faut vraiment comprendre que c’est pas juste un rôle « social » mais aussi un rôle « protecteur » parfois même plus « protecteur » que « social ».

Création proposée par :

Système Chapafra (ielles | Multiple): « Système polyfrag et multitrauma avec un TSA et un TDAH et des dys. Artistes et blogueuses (entre plein d’autres choses). »