Bonjour nous sommes Blue Sky un système de 31 ans qui compte une soixantaine d’alters. Ce que l’on va vous raconter ici, nous est arrivé au lycée. Il y a 16 ans donc. Aujourd’hui, nous avons le recul nécessaire pour vous en parler.
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Harcèlement scolaire, dépression, isolement, crise dissociative
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Comment les CNEP ont été une première porte ouverte vers la découverte de notre multiplicité ?
TW: harcèlement scolaire, dépression, isolement, crise dissociative
Bonjour nous sommes Blue Sky un système de 31 ans qui compte une soixantaine d’alters. Ce que l’on va vous raconter ici, nous est arrivé au lycée. Il y a 16 ans donc. Aujourd’hui, nous avons le recul nécessaire pour vous en parler.
Mais d’abord, c’est quoi les CNEP ?
Les crises non-épileptiques psychogènes (CNEP) sont des crises très similaires à celles des patients épileptiques mais pour lesquelles on ne retrouve pas d’anomalie électrique dans le cerveau. On les appelle parfois « crises dissociatives », « crises fonctionnelles », « crises psychogènes » ou « pseudocrises ». Bien qu’elles se ressemblent beaucoup, crises d’épilepsie et CNEP sont deux maladies différentes. Elles n’ont pas les mêmes causes, et ne se traitent pas de la même manière. Pour faire le diagnostic de CNEP, un bilan médical complet doit avoir été réalisé par un neurologue, avec notamment un ou plusieurs électro-encéphalogrammes (enregistrement électrique du cerveau), afin de s’assurer que les crises ne sont pas dues à l’épilepsie. Les CNEP sont une vraie maladie, reconnue par la médecine. Elles sont répertoriées dans la Classification Internationale des Maladies (CIM), dans la catégorie des « troubles dissociatifs ». Il ne s’agit pas du tout d’une simulation, puisque le patient ne fait pas « semblant » d’avoir une crise. C’est donc une véritable pathologie, qui est parfois très handicapante au quotidien.
Quel à été notre déclencheur ?
Comme on vous l’a dit, c’était intense à la période lycée, le stress des cours et le climat de notre classe (nous étions victimes de harcèlement). Au début, on a cru à des crises d’angoisses, c’est comme ça que ça à commencé. C’était très handicapant pour nous, cela pouvait survenir avant, pendant et après les cours. On pouvait sortir de cours en plein milieu ou ne pas y aller. Cela nous a fait perdre confiance en nous et nous a fait tomber en dépression. Ce qui a définitivement accéléré et intensifié le harcèlement. Ce qui a causé un isolement intense.
Comment on a géré ?
On a d’abord eu le diag de crise de spasmophilie, mais en fait, la spasmophilie n’existe pas en tant que telle, c’est un symptôme de quelque chose. Malgré les recommandations de notre médecin, ça continuait. On a donc décidé de creuser plus, on a passé des examens neuro et rien. Tout était normal. (on en a repassé un récemment et c’est toujours pareil). On a donc travaillé sur nous, un peu livré à nous même et on a décidé de trouver des solutions pour gérer le stress et ignorer le déclencheur de nos crises donc le harcèlement ça n’a pas été facile, mais on y est arrivé et ça c’est calmé avec le temps et on en a fait de moins en moins. Jusqu’à ce que ce soit inexistant dans notre vie. Il est arrivé que nous en fassions des fois, mais c’est extrêmement rare.
Et la multiplicité dans tout ça ?
Quand on a conscientisé la multiplicité, on a abordé les CNEP avec la psychiatre qui nous suivait. Elle nous a dit que c’était une forme de dissociation en fait et il est vrai que même si c’est moins intense et surprenant aujourd’hui, quand on a des crises dissociatives on a le même brain fog qu’on avait post CNEP. On pense que nos CNEP était une façon pour notre cerveau de nous montrer ce qu’était la dissociation, mais de manière qu’on “connaissait” car tout le monde c’est ce qu’est une crise d’épilepsie ou du moins, on sait vaguement à quoi cela ressemble. Depuis qu’on a appris ça on en a plus jamais refait, du moins pas de cette manière. On a une alter qui à les souvenirs de ces crises et ce n’est pas plaisant pour elle. Elle a toujours un peu peur d’en refaire, même si maintenant qu’on sait tout ça et que nous ne sommes plus dans le même environnement, il n’y a plus de raisons d’en refaire.
On peut clairement dire que dans le cas des CNEP, le diag de TDI nous à retiré une belle épine du pied. (Heureusement que ça arrive parfois on apprécie !).
Pour conclure, je dirais que si vous faites des CNEP, vous n’êtes pas seuls et il ne faut pas perdre espoir, des solutions existent. On sait que c’est lourd à porter et fatiguant, mais travailler sur soi, avoir des techniques d’ancrages ou autre peuvent aider. Je ne peux pas vous donner de conseils concrets car ce qui marche pour moi ne marchera pas forcément pour vous. Tournez vous vers des neurologues si vous le pouvez, ils ont aussi des solutions. (Même si on ne va pas se mentir, dans les CNEP il y a beaucoup d’errance médicale et c’est nul). On comprend votre souffrance et pour les proches, sachez que les CNEP sont réelles c’est une maladie réelle et une réelle souffrance ! Il ne faut pas minimiser. Accompagnez les, il y a des solutions ne laissez pas les gens seuls. Et pour celleux qui souffrent, vous allez y arriver c’est sûr nous avons confiance en vous.











